Le ministre des P et T Issam Naaman, candidat malheureux à Beyrouth III sur la liste formée par le Premier ministre Sélim Hoss, a accusé hier la Sûreté générale (SG), ainsi que «d’autres services de sécurité», d’avoir «contribué activement à l’échec de la liste de l’Action nationale aux élections». M. Naaman s’est également prononcé en faveur d’un «gouvernement pluriel et représentatif» dans le but d’aboutir à «une nouvelle entente nationale et de lutter contre la crise économique». Il a par ailleurs souligné la nécessité de «s’inspirer du discours d’investiture du président Lahoud pour consacrer l’édification de l’État de droit». De son côté, une source responsable de la SG, tout en refusant de commenter les propos de M. Naaman, a noté que l’écart des voix entre lui et son rival (16 000 voix entre lui et M. Ghazi Aridi) «était suffisant pour le faire échouer». «M. Naaman confond entre opinion publique et Sûreté générale», a ironisé cette source. Au cours d’une conférence de presse tenue hier au ministère des P et T, M. Naaman a dressé un bilan des principaux défis posés sur la scène sociopolitique et économique libanaise à la suite des élections législatives. Le ministre des P et T a tout d’abord insisté sur la nécessité de trouver une solution à la crise sociale et économique, qui demande «une action prolongée dans le temps et dans l’action». Il a ensuite souligné l’importance du discours d’investiture du président de la République, le général Émile Lahoud, qui constitue, selon le ministre des P et T, «la clé de la réforme». Et M. Naaman de préciser : «Ce discours a suscité l’hostilité des princes politiques de l’ancien système, pour ne pas évoquer les aventuriers ambitieux et leurs projets réalisés en dehors des normes de l’État de droit». Pour lui, l’un des principaux défis est d’enrayer la montée du sectarisme, «utilisé dans le but de susciter un engouement massif pour certaines listes électorales, pour sortir des règles du jeu (électoral) et éliminer certains leaderships politiques actifs au niveau national». Le ministre des P et T a dénoncé «les réserves émises par certains services de sécurité au niveau du discours d’investiture et leurs alliances avec des princes politiques pour empêcher le gouvernement et les gens du pouvoir de mettre en application les principes énoncés dans ce discours». «Le rôle actif de certains services dans la défaite de la liste du président Hoss à Beyrouth III n’est plus un secret pour personne», a-t-il affirmé. «La situation est grave à tous les niveaux de la vie publique», a-t-il poursuivi. «Il nous importe beaucoup que les manipulateurs, les spéculateurs et certains services sachent que nous sommes au courant des interventions, des provocations, des complots et des objectifs recherchés», a insisté M. Naaman. «Compte tenu de ce fait, et compte tenu de notre action visant à corriger la pratique politique, nous espérons éviter au pays une crise difficile», a-t-il indiqué. Interrogé sur l’identité des services «et des responsables de son échec» à Beyrouth III, le ministre des P et T a répondu que «la Sûreté générale en faisait partie». «J’en ai discuté avec le directeur de la SG et le gouvernement», a-t-il indiqué. M. Naaman a toutefois refusé de définir le rôle exact qu’a tenu la SG dans l’échec de la liste de M. Hoss. «Ils savent», s’est-il contenté de dire. Sur le motif de cette intervention présumée de la SG, M. Naaman s’est gardé de toute réponse, laissant à M. Jamil Sayyed le soin de commenter cette affaire. Concernant la contradiction entre ses propos et ceux du ministre de l’Intérieur Michel Murr qui avait parlé «de non-intervention des services durant le processus électoral», M. Naaman a affirmé que «tel était l’avis de M. Murr et que nous avions discuté ensemble». «Demandez à M. Murr et au directeur de la SG quelle a été leur réponse», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre des P et T Issam Naaman, candidat malheureux à Beyrouth III sur la liste formée par le Premier ministre Sélim Hoss, a accusé hier la Sûreté générale (SG), ainsi que «d’autres services de sécurité», d’avoir «contribué activement à l’échec de la liste de l’Action nationale aux élections». M. Naaman s’est également prononcé en faveur d’un «gouvernement pluriel et représentatif» dans le but d’aboutir à «une nouvelle entente nationale et de lutter contre la crise économique». Il a par ailleurs souligné la nécessité de «s’inspirer du discours d’investiture du président Lahoud pour consacrer l’édification de l’État de droit». De son côté, une source responsable de la SG, tout en refusant de commenter les propos de M. Naaman, a noté que l’écart des voix entre lui et son...