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Actualités - Chronologie

Pythagore de Sidon et la musique

Le Pythagore né à Sidon a pour mère une vierge (Parthenis). Il est annoncé par l’oracle de Delphes, comme fils d’Apollon ; il est Apollon, lui-même (Jamblique, 5 ; 7 ; 65 ; 77 ; 133). Or, Apollon est le «dieu-soleil» qui préside à l’harmonie céleste. On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, que Pythagore-Apollon ait été seul à entendre «dans son ensemble l’harmonie et le concert des sphères et des astres qui roulent avec elles (Jamblique, 65)». Un double problème surgit. Le mouvement du son est-il analogue au mouvement astronomique de la musique des sphères ? Le mouvement du son est-il analogue à celui de l’atome ? En musique, il y a deux sortes de mouvement : celui de la mélodie, ou évolution mélodique d’un son à autre ; et celui du son lui-même, qui résulte des vibrations. Si l’on se place du point de vue de la musique des sphères, imagée par Apollon «hegemon», auquel on attribue la corde centrale (mèse), nous nous trouvons en présence d’un système musical, d’une «harmonie» globale, où l’ordre des sons, de même que leurs intervalles, en rapport avec la division du temps et la tension de la course, est contraignant, absolument. Dans ce système, qui donc se permettrait de perturber l’ordre du ciel ? N’est-ce pas cette interdiction que nous lisons chez Platon : «On ne saurait toucher aux tropes de la musique sans toucher aux principales lois politiques, comme le dit Damon et comme j’en suis persuadé (République, 424c.)» ; et chez Plutarque : «Les Argiens avaient même institué un châtiment pour toute dérogation aux lois de la musique… (De musica, c. 37)». On peut donc poser que, dans cette musique, le son ne résulte pas d’un choc. Or, le choc est l’un des principes de la philosophie atomistique. Dans un vieil «akousma» pythagoricien nous lisons : «Qu’est-ce que l’oracle de Delphes ? C’est la “tetraktys”, c’est-à-dire l’harmonie, dans laquelle il y a les sirènes. (Jamblique, 82)». Dans cette musique des sphères, le son n’a donc pas de mouvement propre. Il est «mû» ; il n’y a pas de choc ; donc le son est la voix d’une sirène. Inversement, le mouvement mélodique est «obligé» ; c’est celui du cosmos, d’Orient en Occident ; du soleil-Pythagore qui naît à Sidon et meurt à Métaponte. Pour cette «harmonie», il n’est pas besoin de notation. Mais cette musique cosmique, est-elle conforme aux voix de la nature, aux chants d’oiseaux qui, d’après les anciens, nous ont appris la musique ? Le poète Alkman disait : «Je connais les “nomoi” de tous les oiseaux (cité par Athénée IX, 374 D)». Athénée écrit encore : «… Chaméléon le Pontique a dit que la découverte de la musique chez les anciens est due aux oiseaux chantant dans les déserts, par l’imitation desquels la musique a commencé (IX, 390 A)». Dans une scholie au vers 228 des Oiseaux d’Aristophane, on lit : «Il faut que ce texte soit émis, la voix étant sur une tension aiguë, au point de reproduire le son de l’oiseau selon la “mimesis” (l’imitation)». Citons encore Lucrèce, ce disciple de Démocrite et d’Épicure : «On imita avec la bouche le ramage limpide des oiseaux bien avant de savoir pratiquer l’art des chants harmonieux… (De rerum natura V, 1379 – 1380)». Denise Jourdan-Hemmerdinger, Le Livre et le Liban, Paris, 1982.
Le Pythagore né à Sidon a pour mère une vierge (Parthenis). Il est annoncé par l’oracle de Delphes, comme fils d’Apollon ; il est Apollon, lui-même (Jamblique, 5 ; 7 ; 65 ; 77 ; 133). Or, Apollon est le «dieu-soleil» qui préside à l’harmonie céleste. On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, que Pythagore-Apollon ait été seul à entendre «dans son ensemble l’harmonie et le concert des sphères et des astres qui roulent avec elles (Jamblique, 65)». Un double problème surgit. Le mouvement du son est-il analogue au mouvement astronomique de la musique des sphères ? Le mouvement du son est-il analogue à celui de l’atome ? En musique, il y a deux sortes de mouvement : celui de la mélodie, ou évolution mélodique d’un son à autre ; et celui du son lui-même, qui résulte des vibrations. Si l’on se place du...