Susan Sarandon est une actrice engagée politiquement et elle en a fait la brillante démonstration à Deauville, réaffirmant une fois de plus son opposition à la peine de mort. «Il y a des risques que l’on élise aux États-Unis un président qui soit celui qui aura peut-être tué le plus grand nombre de gens, dans l’histoire du pays, avant de devenir président», a-t-elle déclaré à la presse, allusion transparente à George Bush Jr, l’adversaire républicain du démocrate Al Gore, lors de la présidentielle de novembre aux États-Unis. Jugeant que les États-Unis sont devenus «très réactionnaires», elle s’est dite toutefois encouragée par le fait qu’«il y a de plus de débats et de démarches autour de la peine de mort qu’il n’y en a jamais eu» aux États-Unis. Susan Sarandon se trouvait à Deauville pour un hommage qui lui est rendu par le festival du cinéma américain. La filmographie de cette fille de chanteur est très éclectique. Elle débute en 1970 aux USA, mais, dès 1971, on la retrouve dans La Mortadella, de Mario Monicelli. Quatre ans plus tard, elle apparaît dans le Rocky Horror Pictures Show. En France, sa reconnaissance se fait par l’intermédiaire de Louis Malle (La petite en 1978, puis Atlantic City en 1981). Mais elle tourne aussi avec Tim Robbins (Bob Roberts, 1992) ou encore Ridley Scott (Thelma et Louise, 1990). C’est toutefois Dead Man Walking, 1995), réalisé une fois de plus par Tim Robbins, à qui Sarandon voue une amitié et une admiration particulières, qui est revenu le plus souvent durant la conférence de presse, de par son sujet : la peine de mort. Capricieux et arbitraire Sujet éminemment sensible, surtout aux États-Unis, mais, de l’avis de Susan Sarandon, «tout film est politique, à mon sens». «Mais les films que l’on remarque et qui sont jugés politiques sont ceux qui défient le statu quo, comme“Dead Man Walking”, par exemple», a-t-elle poursuivi. «Depuis ce film, on parle davantage de la peine de mort, non pas d’une manière générale, mais poussée. On comprend davantage de quoi il en retourne. Donc, j’ai l’espoir que des hommes et des femmes courageux puissent avoir une influence sur notre politique». Quant aux motivations gouvernant le fait d’être contre la peine de mort, que ce soit les siennes ou celles d’autrui, Sarandon dit : «À l’origine, d’un point de vue intellectuel, je savais que j’étais contre la peine de mort, parce que ça coûte très cher, c’est capricieux et arbitraire, raciste et, en outre, ça n’a aucune efficacité, tout cela ce sont des faits». «Après avoir fait Dead Man Walking et, quand on me demandait si quelqu’un tuait mes enfants, est-ce que je n’aurais pas envie de le tuer lui-même, j’ai réalisé que c’était précisément à cause de mes enfants que j’étais contre la peine de mort parce qu’on ne peut faire une démarcation entre sespropres enfants et son pays, on ne peut dire à ses enfants qu’ils ne peuvent user de violence pour régler un différend et en même temps employer la violence pour châtier quelqu’un, ce n’est pas comme cela que fonctionne un pays civilisé», a-t-elle ajouté. «La société dans laquelle je veux que mes enfants soient partie intégrante ne tue pas les gens. Je suis contre la violence, aussi bien philosophiquement que d’un point de vue pratique (...) Et maintenant, il y a aux USA des gens qui tentent de la faire abolir (la peine de mort) pour ces deux raisons». Quant au fait qu’il y ait peu d’artistes engagés à sa manière aux États-Unis, Sarandon s’est abstenu de critiquer quiconque. «Aux États-Unis, les temps ne sont pas favorables pour quelqu’un qui voudrait s’engager contre ce qui est populaire, a-t-elle dit. La peine de mort est populaire parce que c’est un argument électoral, et si on est contre, on passe pour un anarchiste». Michael Jordan, les jeunes «J’aimerais que quelqu’un comme Michael Jordan s’engage contre la peine de mort, mais il ne faut pas rêver parce que malheureusement on s’intéresse plus aux célébrités qu’aux informations (...) De plus (les médias), au lieu de s’intéresser à la peine de mort, couvrent plutôt le mariage de Brad Pitt», a-t-elle poursuivi. Fataliste, elle a constaté qu’on ne pouvait forcer personne à s’engager, même si «au cœur de l’activisme politique, on trouve empathie et imagination, deux choses nécessaires à l’acteur». Elle compte aussi sur ces «jeunes qui comprennent maintenant le lien qui existe entre l’environnement, le travail des enfants par exemple et la peine de mort, autant de problèmes reliés entre eux par la cupidité et le racisme, ou par le fait que les entreprises ne sont pas tenues responsables». «C’est une époque très intéressante en fait, parce qu’ils (ces jeunes) s’organisent, font des projets médias, enregistrent les faits et les écoulent via Internet et les chaînes du câble. L’information ne vient plus par les médias parce que les médias sont tenus par une dizaine de personnes, mais beaucoup d’informations qui ne sortaient jamais auparavant sont maintenant accessibles», a-t-elle conclu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Susan Sarandon est une actrice engagée politiquement et elle en a fait la brillante démonstration à Deauville, réaffirmant une fois de plus son opposition à la peine de mort. «Il y a des risques que l’on élise aux États-Unis un président qui soit celui qui aura peut-être tué le plus grand nombre de gens, dans l’histoire du pays, avant de devenir président», a-t-elle déclaré à la presse, allusion transparente à George Bush Jr, l’adversaire républicain du démocrate Al Gore, lors de la présidentielle de novembre aux États-Unis. Jugeant que les États-Unis sont devenus «très réactionnaires», elle s’est dite toutefois encouragée par le fait qu’«il y a de plus de débats et de démarches autour de la peine de mort qu’il n’y en a jamais eu» aux États-Unis. Susan Sarandon se trouvait à Deauville pour...