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Actualités - Chronologie

La famille Concorde veut croire en l'avenir de l'appareil

Les 311 membres de la division Concorde d’Air France restent sous le choc de la catastrophe de Gonesse mais refusent de tirer un trait sur le supersonique, qu’ils jugent toujours fiable. Pour preuve de leur confiance, des salariés de la division, vue à Air France comme une prestigieuse «petite famille», ont suggéré hier l’organisation d’un vol spécial pour des membres de la compagnie sur l’un de ses cinq Concorde. Le Syndicat national des mécaniciens au sol de l’aviation civile (SNMSAC) a adressé dès hier un télégramme à Jean-Cyril Spinetta (PDG d’Air France). «Afin d’accréditer la confiance que les agents chargés de son entretien (du Concorde) ont en lui, la SNMSAC vous propose d’organiser comme premier vol de reprise un vol dont les passagers seraient composés d’agents volontaires d’Air France issus des diverses fonctions et bien entendu de mécaniciens et de délégués de notre organisation. Nous comptons sur vous pour étudier cette proposition», écrit le syndicat. Cette initiative est une manière pour la «famille» Concorde de démontrer la fiabilité d’un appareil hors du commun mis à l’index, mais aussi de protester à mots couverts contre le «principe de précaution» défendu par le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, alors que les sept supersoniques de la compagnie British Airways continuent de voler. «Il n’y a pas de raison que les Concorde restent au sol. C’est un appareil fiable. (...) Des gens de Concorde sont prêts à faire un vol», souligne Gilles Belliard. Les Concorde d’Air France sont cloués au sol depuis la catastrophe de Gonesse, qui a fait 113 morts le 25 juillet. Le ministère des Transports a décidé jeudi de maintenir la suspension des vols en raison des incertitudes qui subsistent sur l’interprétation et l’enchaînement des faits à l’origine de l’accident. Les experts chargés de l’enquête technique, tout comme les enquêteurs judiciaires, affirment pour l’heure ne tenir aucun «scénario crédible» de la catastrophe et évoquent des «semaines» d’investigations. Une attente pénible pour les personnels du Concorde, qui refusent pour l’heure de s’exprimer sur le drame. Un travail de deuil «La division Concorde, c’est une petite famille. Tout le monde se connaît. Il y a un deuil à faire», a expliqué Patrick Auguin, porte-parole du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). «Ils ne tiennent pas à parler pour l’instant car ils sont encore largement sous le choc», a-t-il précisé. La division Concorde d’Air France emploie 160 techniciens au sol, 115 personnels navigants commerciaux (PNC), 25 pilotes et onze officiers pilotes de ligne et officiers mécaniciens navigants. Les mécaniciens poursuivent actuellement les travaux de maintenance sur la flotte des supersoniques et les hôtesses et stewards peuvent être appelés à travailler sur des vols long-courriers à bord de Boeing 747, a-t-on précisé à la direction d’Air France. Les pilotes, qualifiés uniquement pour ce type d’appareil, sont, eux, au «chômage technique». Les personnels font l’objet d’un suivi psychologique depuis l’accident et sont tenus informés régulièrement de l’évolution de l’enquête. Un «point d’étape» les a réunis cette semaine et d’autres rencontres de ce type suivront, a précisé Patrick Auguin. «Il faut que la psychologie du groupe se rétablisse», a-t-il expliqué. Les salariés de la division Concorde ne manifestent pas «d’inquiétudes majeures» sur la reprise des vols, mais ils s’opposent pour certains sur les délais. «Certains sont prêts à revoler tout de suite, d’autres attendent de savoir ce qui s’est passé pour reprendre. Cela dépend des personnalités», note Patrick Auguin. Les personnels s’accordent toutefois sur la nécessité d’empêcher l’apparition d’un «syndrome Concorde», dommageable pour l’appareil et Air France. «C’est une espèce de course contre le temps. Il faut faire repartir l’avion assez rapidement pour qu’il n’y ait pas un sentiment de peur qui s’installe», résume Bernard Pedamon, membre du SNPL et commandant de bord à Air France.
Les 311 membres de la division Concorde d’Air France restent sous le choc de la catastrophe de Gonesse mais refusent de tirer un trait sur le supersonique, qu’ils jugent toujours fiable. Pour preuve de leur confiance, des salariés de la division, vue à Air France comme une prestigieuse «petite famille», ont suggéré hier l’organisation d’un vol spécial pour des membres de la compagnie sur l’un de ses cinq Concorde. Le Syndicat national des mécaniciens au sol de l’aviation civile (SNMSAC) a adressé dès hier un télégramme à Jean-Cyril Spinetta (PDG d’Air France). «Afin d’accréditer la confiance que les agents chargés de son entretien (du Concorde) ont en lui, la SNMSAC vous propose d’organiser comme premier vol de reprise un vol dont les passagers seraient composés d’agents volontaires d’Air France...