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Actualités - Reportages

"Shirtologie", ce soir à 22h, maison Samaha Le langage du tee-shirt (photos)

Shirtologie, une des performances artistiques les plus connues du chorégraphe français Jérôme Bel, sera présentée ce soir à 22h, à la maison Samaha, 28 rue d’Amérique, Clemenceau. Il s’agit d’un spectacle construit autour de la «présence physique sur scène» d’un seul acteur Frédéric Seguette, dont le rôle se borne à ôter quelque cinquante-deux tee-shirts ornés de dessins, et qui délivrent des messages, des idées, une histoire. Cet effeuillage se fera en une gestuelle étudiée et pourtant apparemment très simple en trois phases, et sur une période d’une demi-heure. Pas de décor, pas de musique, pas de jeu de lumière. Une performance minimaliste. Avec – un spécial Liban – entre chaque apparition du soliste, une discussion entre Jérôme Bel et Tim Etchells, (un metteur en scène anglais présent à Beyrouth dans le cadre du festival) sur un thème improvisé. On l’aura compris Jérôme Bel est un artiste iconoclaste, qui aime bousculer les classifications bien établies des domaines culturels et artistiques. Ce danseur, qui voulait être acteur, mais qui s’est «avéré très mauvais acteur» ne danse pas ! «Tout comme», renchérit-il, «je suis un chorégraphe qui n’écrit pas de spectacle». Fausse désinvolture. Sous ces apparences dégagées et légères se cache un questionnement philosophique permanent. «J’aime poser des questions, provoquer des doutes, faire réagir le public, à travers mon travail artistique», dit-il. Sa ligne directrice : «Essayer de recapturer le réel. Créer une poésie tout en émettant une critique». Ce passionné de Roland Barthes, de Foucault et de Deleuze fait donc en quelque sorte du spectacle philosophique. Ce qui n’est absolument pas synonyme de prise de tête. «En fait les gens réagissent selon leur tempérament. Ils peuvent considérer mes performances autant sous l’angle du sérieux papal que du gag grotesque». Autour du corps Perpétuellement en quête d’identité, Jérôme Bel s’est cherché avant de trouver sa propre expression artistique. «J’ai commencé la danse assez tard, à l’âge de 17 ans. Malgré ma paresse, j’avais des facilités. J’ai donc fait l’école du centre national de danse contemporaine à Angers. Dans les années quatre-vingt, je faisais partie des troupes françaises. C’était l’âge d’or de ce que l’on appelait la jeune danse française. J’ai travaillé pendant dix ans avec des chorégraphes du calibre de Bouvier-Obadia ou encore Philippe Decouflé». Après avoir collaboré avec ce dernier pour les Jeux olympiques d’Albertville, Jérôme Bel décide de se lancer tout seul. Depuis, il a à son actif quatre spectacles. Des chorégraphies «sans danse, ou presque», sur le thème du corps et sa place dans un monde moderne de signes, de sens et de jeu de rôles. Après Nom donné par l’auteur, créé en 1994, où il joue avec son acteur fétiche (Frédéric Seguette) à ranger un appartement, pour montrer «l’absurdité parfois poétique de la vie», il passe, un an plus tard, dans Jérôme Bel, à la nudité complète sur scène, pour étudier le corps comme objet d’investigation. Le corps qu’il rhabille donc dans Shirtologie, pour mesurer l’impact du vêtement, «qui est empreint d’une histoire culturelle», soutient-il. «Chaque habit représente un choix. Chaque habit est porteur d’un sens, raconte une histoire… Et cependant beaucoup de gens n’ont pas conscience de ce qu’ils portent». Le chorégraphe – en tee-shirt – a, pour sa part, affûté son sens du vêtement. Il acquit de cette expérience une perception accrue de la psychologie des gens, rien que par le décodage de ce qu’ils revêtent. Langage muet mais ô combien révélateur d’identité. À première vue? !
Shirtologie, une des performances artistiques les plus connues du chorégraphe français Jérôme Bel, sera présentée ce soir à 22h, à la maison Samaha, 28 rue d’Amérique, Clemenceau. Il s’agit d’un spectacle construit autour de la «présence physique sur scène» d’un seul acteur Frédéric Seguette, dont le rôle se borne à ôter quelque cinquante-deux tee-shirts ornés de dessins, et qui délivrent des messages, des idées, une histoire. Cet effeuillage se fera en une gestuelle étudiée et pourtant apparemment très simple en trois phases, et sur une période d’une demi-heure. Pas de décor, pas de musique, pas de jeu de lumière. Une performance minimaliste. Avec – un spécial Liban – entre chaque apparition du soliste, une discussion entre Jérôme Bel et Tim Etchells, (un metteur en scène anglais présent à...