Les États-Unis veulent que le Nigeria joue un rôle de gendarme régional en Afrique de l’Ouest mais leurs représentants admettent qu’après des années de pouvoir politique l’armée en est à peine capable. Lors de sa visite au Nigeria en avril, le secrétaire américain à la Défense William Cohen avait annoncé une aide de 10 millions de dollars au secteur de la défense. Cette enveloppe comprend quatre millions de dollars pour remettre à neuf la flotte nigériane d’avions C-130, 3,5 millions de dollars pour un programme destiné à accroître le contrôle civil sur l’armée, le financement d’une formation au maintien de la paix et de cours sur la législation de la guerre et la justice militaire. «Cela va aider à rétablir la stature professionnelle que l’armée nigériane a connue dans le passé et qu’elle doit regagner», avait déclaré M. Cohen. Mais, avait-il souligné, «ce processus ne va être ni rapide ni facile». Le président américain Bill Clinton devrait profiter de l’occasion pour annoncer officiellement un projet d’envoi de soldats américains au Nigeria et au Ghana pour former des soldats africains destinés à rejoindre la mission de l’Onu en Sierra Leone. «C’est presque acquis», a indiqué un diplomate américain impliqué dans le dossier. L’armée a dirigé le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, de 1966 à 1979 et de 1983 jusqu’au mois de mai 1999. Elle s’est adjugée pendant des années la part la plus importante du budget national. En 1990, le Nigeria a envoyé des milliers de soldats au Liberia pour tenter, en vain, d’empêcher Charles Taylor, à l’époque chef de guerre, de prendre le pouvoir. En outre, des milliers de soldats sont entrés en Sierra Leone en 1997 pour chasser les rebelles qui avaient pris le pouvoir. Actuellement, le Nigeria a le contingent le plus important au sein de la mission des Nations unies en Sierra Leone, forte de 13 000 hommes. Mais quand les dirigeants de la région ont décidé en mai d’envoyer 3 000 soldats supplémentaires à Freetown, le nouveau gouvernement du Nigeria, sous la présidence d’Olusegun Obasanjo, a fait savoir que cet envoi nécessiterait une aide logistique et financière. Une équipe d’évaluation militaire a été dépêchée au Nigeria et a découvert, selon des diplomates américains, que cette armée si souvent vantée avait des faiblesses en matière d’équipement et de transport, était mal organisée et démoralisée. Selon un ouvrage récent, Cette maison s’est effondrée, du journaliste américain Karl Maier, jusqu’à 75 % de l’équipement lourd de l’armée ne fonctionnent pas ou manquent de pièces de rechange essentielles. Le ministre de la Défense Theiphilus Danjuma avait annoncé l’an dernier une diminution des forces armées nigérianes estimées par l’Institution internationale d’études stratégiques (IISS, basée à Londres) à 78 000 hommes. Quarante formateurs militaires américains se trouvent actuellement au Nigeria pour évaluer les besoins en matière de formation et de matériel pour l’envoi de cinq bataillons dans les missions de maintien de la paix en Afrique de l’Ouest et ailleurs dans la région. Les représentants américains à Lagos ont déclaré que, dans le cadre de son programme actuel, Washington fournirait notamment des véhicules légers et des armes légères, mais ni blindés ni artillerie. Les représentants américains ont confirmé que Washington a aussi accepté de faire don de huit navires garde-côtes pour assister la marine nigériane dans ses patrouilles des eaux de cette région pétrolière à risques. Des programmes plus ambitieux dépendraient d’une volonté plus forte du gouvernement nigérian, ont indiqué les représentants américains.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les États-Unis veulent que le Nigeria joue un rôle de gendarme régional en Afrique de l’Ouest mais leurs représentants admettent qu’après des années de pouvoir politique l’armée en est à peine capable. Lors de sa visite au Nigeria en avril, le secrétaire américain à la Défense William Cohen avait annoncé une aide de 10 millions de dollars au secteur de la défense. Cette enveloppe comprend quatre millions de dollars pour remettre à neuf la flotte nigériane d’avions C-130, 3,5 millions de dollars pour un programme destiné à accroître le contrôle civil sur l’armée, le financement d’une formation au maintien de la paix et de cours sur la législation de la guerre et la justice militaire. «Cela va aider à rétablir la stature professionnelle que l’armée nigériane a connue dans le passé et qu’elle doit...