Une échauffourée a opposé hier des policiers israéliens à des gardiens de la mosquée al-Aqsa, au moment où les Palestiniens marquaient le 31e anniversaire de l’incendie de ce lieu saint de l’islam par une marche dans la vieille ville de Jérusalem. Deux des gardiens de la mosquée al-Aqsa, employés par le waqf, l’office des biens musulmans, ont été matraqués par des gardes-frontières israéliens et frappés à la tête, au moment où une cinquantaine de manifestants palestiniens se rendaient à l’esplanade des mosquées, selon des témoins. Les manifestants étaient conduits par le responsable chargé du dossier de Jérusalem Fayçal Husseini. «Ils frappent sans motif. Ils nous provoquent délibérément», a déclaré l’un des gardiens, Mohammed Abu Kahtesh, la tête entourée d’un bandage ensanglanté et la chemise déchirée. Le second gardien a été hospitalisé, ont indiqué des responsables palestiniens, sans préciser son état. Selon le porte-parole de la police de Jérusalem, Shmuel Ben Ruby, la rixe a commencé lorsque des policiers ont voulu inspecter une voiture venue avec les manifestants, à l’entrée de l’esplanade. «Des gardiens du waqf ont tenté de les empêcher. Une bagarre a alors éclaté, au cours de laquelle deux des gardiens se sont évanouis et un policier a été légèrement blessé à la main», a-t-il affirmé. M. Husseini a accusé pour sa part la police «d’agir de façon brutale et d’attaquer sans le moindre motif des gens qui se rendent pour prier à la mosquée». Le calme est revenu après cet incident et les manifestants palestiniens ont quitté sans problème l’esplanade, a-t-on constaté sur place. La mosquée avait été sévèrement endommagée le 21 août 1961 lorsqu’un chrétien australien y avait mis le feu. Le forcené avait affirmé agir sous inspiration divine. L’esplanade, site du temple juif détruit par les Romains en l’an 70, abrite la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam après ceux de La Mecque et Médine. Le waqf exerce jalousement son autorité sur l’esplanade, qui lui a été reconnue par Israël depuis le début de l’occupation et l’annexion de Jérusalem-Est en 1967, bien qu’Israël se considère comme souverain sur l’esplanade. À ce propos, les deux grands rabbins d’Israël ont réaffirmé lundi leur opposition à la souveraineté palestinienne sur le site, lors d’une rencontre avec le Premier ministre israélien Ehud Barak. «Rien n’a encore été décidé sur cette question, mais il y a de bonnes chances de parvenir à un accord avec les Palestiniens si Yasser Arafat (le président palestinien) manifeste du courage et s’il obtient l’appui des dirigeants arabes», a déclaré M. Barak lors de la rencontre, selon l’un des participants. La question de la souveraineté sur la partie orientale de Jérusalem, qui abrite de nombreux lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est au centre du conflit israélo-palestinien et a été un facteur essentiel de l’échec du sommet de Camp David (11-25 juillet). En septembre 1996, la décision israélienne d’ouvrir un tunnel près de l’esplanade des mosquées a provoqué les affrontements les plus sanglants (80 morts, pour la plupart palestiniens) dans les territoires depuis leur occupation par Israël en 1967.
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