L’ancien président de la Chambre Kamel el-Assaad, qui s’apprêterait à présenter plusieurs candidats dans la circonscription unique du Liban-Sud, est revenu hier sur l’incident survenu à son domicile à Kfartebnite, dans le caza de Nabatiyeh, vendredi dernier, estimant qu’il s’agit d’«un scandale» et d’«un complot». M. Assaad a également affirmé que la voiture qui avait ouvert le feu sur sa résidence quelques heures avant l’intervention de l’armée cherchait à déclencher une réaction similaire de la part des gardes chargés de la sécurité. Au cours d’une conférence de presse tenue à son domicile de Kfartebnite, M. Assaad est revenu sur les circonstances de l’accident, affirmant que «personne ne sait qui en est à l’origine ni quels en sont les motifs». Selon lui, des inconnus circulant à bord d’une voiture ont tiré plusieurs rafales de mitrailleuse en direction de sa résidence dans le but de «provoquer les gardes» chargés de sa sécurité. Ceux-ci auraient alors répliqué. «Doit-on jeter des fleurs à son agresseur ?», a demandé l’ancien chef du Parlement. «Le siège de la maison par sept blindés de l’armée et près de 70 soldats après minuit reste cependant le plus étrange», a-t-il affirmé. M. Assaad a par ailleurs indiqué qu’il possédait un enregistrement vidéo, filmé par un ami qui se trouvait chez lui à ce moment précis et qui prouve la véracité de ses propos. «Certains de ces militaires ont pénétré dans la maison puis terrorisé et brutalisé les personnes qui s’y trouvaient. Dans la matinée, ils ont arrêté tous ceux qui se trouvaient sur les lieux, gardes et employés, soit huit personnes au total», a-t-il poursuivi. «Cette intervention d’une unité de l’armée est un scandale. Nous avons été les premiers à demander à l’armée d’assurer la paix civile et la sécurité légale de l’État parce que cela rassure le citoyen», a indiqué l’ancien chef du Législatif. Il a cependant précisé qu’il «n’accusait pas l’armée, institution intègre et disciplinée dont les membres sont supposés obéir à des ordres». «Nous voulons savoir qui est à l’origine de cet accident. Il existe sûrement un responsable de ce complot, de ce coup de poignard porté à la Constitution et à la sécurité de l’État», a-t-il insisté. «Nous possédons plusieurs preuves à l’appui du fait que ceux qui ont ouvert le feu l’ont fait dans le but de provoquer l’encerclement de la maison», a souligné M. Assaad. «Nous n’avons jamais demandé à l’armée de se lancer dans des missions à la Gengis Khan», a-t-il poursuivi. «Cela ne porte pas atteinte à notre personne mais à la dignité de l’homme, de l’État et du Liban dans le monde», a-t-il ajouté. L’ancien chef du Parlement s’est également demandé «comment on pouvait attaquer la victime et laisser l’assaillant en paix». Il a également estimé que «ce complot était un scandale au niveau constitutionnel», puisque le respect de la propriété est garanti par l’article 14 de la Constitution libanaise. M. Assaad a en outre indiqué qu’il avait présenté un recours devant le parquet, «non pour obtenir des résultats, mais pour le principe». «La loi prévoit une peine allant de trois mois à trois ans de prison dans un cas pareil, conformément à l’article 219 de la loi sur la réorganisation des Forces de sécurité intérieure (FSI) et des articles 570 et 571 du code pénal», a-t-il remarqué. Il a toutefois fait part de son inquiétude de voir «le gouvernement demander au parquet d’ignorer cette requête». «Il incombe à l’Etat d’identifier les criminels. Dans le cas contraire, il aura commis un crime passif», a-t-il indiqué. M. Assaad a enfin affirmé que cette opération aurait «des répercussions positives sur sa campagne électorale». Rappelons qu’une source policière avait démenti dimanche qu’un détachement de l’armée ait saccagé le mobilier du domicile de M. Assaad. La même source avait précisé que plusieurs coups de feu avaient été entendus à l’intérieur du domicile de M. Assaad, ce qui avait entraîné l’intervention d’une patrouille qui a saisi les armes employées et procédé à l’arrestation des tireurs pour les déférer devant le parquet.
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