La Fédération internationale des associations de pilotes de ligne (Ifalpa) a dénoncé hier des dérives «inquiétantes» dans les enquêtes sur des accidents d’avions récents, dont celui du Concorde d’Air France en juillet et du Boeing d’EgyptAir l’an dernier. Ces «tendances inquiétantes menacent sérieusement l’efficacité des enquêtes sur les accidents», estime l’Ifalpa dans un communiqué publié à Londres où elle a son siège. «Les enquêtes bien menées sur les accidents aériens contribuent à réduire le taux» de ces derniers, souligne l’Ifalpa. Au rythme actuel, les analystes prévoient la perte d’un gros appareil chaque semaine d’ici à 2010. «Toutes les enquêtes sur les accidents d’avions devraient rester confidentielles jusqu’à ce que l’intégralité des faits soit connue», estime le capitaine Ted Murphy, président de l’Ifalpa, cité dans le communiqué. «L’expérience nous montre que le genre de spéculation intense, qui a par exemple caractérisé la couverture médiatique de l’accident du Concorde, identifie rarement, voire jamais, les véritables questions de sécurité», ajoute-t-il. L’accident d’un Concorde d’Air France près de Paris a coûté la vie à 113 personnes le 25 juillet. Les spéculations nuisent, selon M. Murphy, au calme et à la méthode nécessaires et peuvent aussi mettre en exergue, «souvent à tort», les erreurs possibles de certains compromettant ainsi leur collaboration à l’enquête. L’Ifalpa s’en prend aussi aux fuites «qui semblent organisées pour manipuler les médias et la perception du grand public sur les causes d’un accident» comme dans l’enquête sur l’accident du Boeing 767 d’EgyptAir qui avait fait 217 morts le 31 octobre au large de New York. Ces fuites, provenant de participants à l’enquête, ont culminé avec «des allégations sans précédent évoquant des “actes obscènes” commis par le copilote», regrette l’Ifalpa. «Il s’agit d’un fait sans précédent dans l’histoire des enquêtes sur les accidents aériens et il est très surprenant que cela se produise aux États-Unis», a commenté M. Murphy. «Il n’existe aucune preuve que ces actes supposés aient un lien avec l’accident et l’objectif de ceux qui font circuler ces données est difficile à comprendre». «Il est particulièrement affligeant de lire de telles allégations à propos d’un pilote qui ne peut plus se défendre et de voir ce nouveau fardeau s’ajouter à la peine de sa famille et ses amis», poursuit M. Murphy. Enfin, l’Ifalpa dénonce la tendance croissante à «criminaliser» les enquêtes. «En agitant la menace de conséquences judiciaires avant même que les faits soient connus, des individus ou des groupes qui voudraient coopérer, comme cela est normal dans une enquête sur un accident aérien, sont mis dans la situation impossible de ne pas savoir s’ils doivent faire des déclarations qui pourraient être retenues contre eux», selon M. Murphy. «Si les gens ne peuvent s’exprimer librement, sans avoir peur d’être poursuivis, ils risquent de retenir des informations vitales», ajoute-t-il. L’Ifalpa demande aux autorités responsables des enquêtes de ne faire aucune annonce publique inutile, «officiellement ou autrement», avant la fin du processus et aux journalistes d’agir «de manière responsable». Elle demande également l’assurance de la confidentialité pour ceux qui communiquent des informations.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Fédération internationale des associations de pilotes de ligne (Ifalpa) a dénoncé hier des dérives «inquiétantes» dans les enquêtes sur des accidents d’avions récents, dont celui du Concorde d’Air France en juillet et du Boeing d’EgyptAir l’an dernier. Ces «tendances inquiétantes menacent sérieusement l’efficacité des enquêtes sur les accidents», estime l’Ifalpa dans un communiqué publié à Londres où elle a son siège. «Les enquêtes bien menées sur les accidents aériens contribuent à réduire le taux» de ces derniers, souligne l’Ifalpa. Au rythme actuel, les analystes prévoient la perte d’un gros appareil chaque semaine d’ici à 2010. «Toutes les enquêtes sur les accidents d’avions devraient rester confidentielles jusqu’à ce que l’intégralité des faits soit connue», estime le...