Le républicain George W. Bush et le démocrate Al Gore opposent deux styles et deux visions de l’avenir, mais chacun prétend apporter à l’Amérique en novembre le «renouveau». Le premier appelle à un «nouveau départ», voulant mettre fin à huit années de présidence démocrate, tandis que le second souhaite «tourner la page et ouvrir un nouveau chapitre» à la Maison-Blanche. À défaut de mobiliser les Américains, les conventions républicaine et démocrate, respectivement à Philadelphie et Los Angeles, ont permis à chacun de se dévoiler, dessinant les contours d’un duel très serré où les deux candidats avancent désormais à visage découvert et dont le ton va se durcir. Profitant du rebond de la convention démocrate, qui s’est achevée jeudi, le vice-président américain a pour la première fois depuis le mois de juin pris la tête dans la course à la Maison-Blanche, selon les sondages. Il obtiendrait 48 % des intentions de vote contre 42 % à Bush, au vu des résultats d’un sondage de l’hebdomadaire Newsweek à paraître aujourd’hui lundi. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions trop hâtives, cela va dans le sens de ce que prédisaient tous les experts, à savoir que l’avance dont disposait jusqu’à alors M. Bush allait se rétrécir d’ici l’automne. Les candidats à la Maison-Blanche s’engagent désormais dans une folle course de vitesse jusqu’en novembre, affûtant toutes leurs armes. Tel est «le choix fondamental de cette élection : voulons-nous quatre ans de plus de Clinton-Gore ou voulons-nous donner un nouveau départ à l’Amérique ?» a affirmé le gouverneur du Texas dans le Tennessee (sud). George W. Bush, 54 ans, défend à cors et à cris son bilan de gouverneur, vantant ses qualités de «dirigeant». Il prêche un «conservatisme du cœur», enveloppant la rhétorique conservatrice des républicains dans un concert de modération, visant à attirer l’électorat centriste. De meeting en meeting, il parle de leadership, d’une dignité à restaurer à la Maison-Blanche, et dénonce le «gaspillage» des années Clinton-Gore. Al Gore, 52 ans, s’affiche lui comme «son propre maître», se dit «non satisfait» malgré la prospérité économique des États-Unis, et se pose en champion des classes moyennes. Il se veut concret, parle dossiers, dresse l’inventaire de ce qu’il entend faire, accusant son rival d’être flou. Cela présage du rôle crucial que devraient jouer les débats présidentiels télévisés en octobre. «Ces débats pourraient être cruciaux», a estimé cette semaine un spécialiste, Steven Hess, de l’institut Brookings à Washington. Trois dates ont été proposées par la commission des débats présidentiels, mais les candidats doivent encore accepter et négocier les conditions de leurs tenues, pas une mince affaire vu l’enjeu. Plus que jamais, ils vont aussi avoir à l’esprit la carte électorale, privilégiant tel État plutôt qu’un autre, surtout dans le Midwest. Bush dispose à cet égard d’un léger avantage, avec un «collège de grands électeurs» qu’il est quasiment certain de gagner en novembre plus conséquent que celui d’Al Gore, a relevé le Washington Post.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le républicain George W. Bush et le démocrate Al Gore opposent deux styles et deux visions de l’avenir, mais chacun prétend apporter à l’Amérique en novembre le «renouveau». Le premier appelle à un «nouveau départ», voulant mettre fin à huit années de présidence démocrate, tandis que le second souhaite «tourner la page et ouvrir un nouveau chapitre» à la Maison-Blanche. À défaut de mobiliser les Américains, les conventions républicaine et démocrate, respectivement à Philadelphie et Los Angeles, ont permis à chacun de se dévoiler, dessinant les contours d’un duel très serré où les deux candidats avancent désormais à visage découvert et dont le ton va se durcir. Profitant du rebond de la convention démocrate, qui s’est achevée jeudi, le vice-président américain a pour la première fois depuis le...