Les enchères pour l’attribution en Allemagne des licences de téléphonie mobile de troisième génération (UMTS) ont dépassé hier ainsi le niveau déjà très élevé atteint au printemps lors de la vente similaire organisée au Royaume-Uni. Le montant total des propositions des six candidats encore en lice s’élevait à 39,881 milliards d’euros à la clôture de la journée, selon les chiffres fournis par l’Autorité de régulation des télécoms allemands, qui «pilote» la vente à Mayence (ouest). L’autorité avait indiqué auparavant qu’au-delà du seuil de 75 milliards de deutsche marks, il serait possible de dire que la vente avait dépassé le niveau britannique compte tenu des variations de change. Le consortium 3G (Sonera/Telefonica) était en tête de peu avec une offre de 6,847 milliards d’euros, devant T-Mobil (Deutsche Telekom) à 6,816 milliards d’euros et l’Allemand Mannesmann (Vodafone) à 6,627 milliards d’euros. Le total des enchères britanniques en avril avait atteint 22,5 milliards de livres, soit 38,5 milliards d’euros, selon les taux de change de l’époque. Reste à savoir si un tel prix permettrait jamais aux groupes de rentrer dans leurs frais : certains, comme le chef économiste de la Dresdner Bank, Klaus Friedrich, tirent d’ores et déjà la sonnette d’alarme : «C’est un prix qui est trop élevé. À ce niveau, cela devient une absurdité», a-t-il déclaré à la radio DeutschlandRadio Berlin. Les sociétés s’exposent à long terme à un danger de faillite, selon lui : elles «doivent regagner ces sommes. Cela ne peut se faire que grâce à une meilleure productivité ou à des prix plus élevés», a-t-il prévenu. Six candidats restaient en lice hier, après le retrait de Debitel (Swisscom) vendredi, mais l’un d’entre eux commençait à montrer des signes de fatigue. Viag Interkom, détenu par l’allemand E.ON, British Telecom et le norvégien Telenor, a annoncé qu’il revoyait ses ambitions à la baisse compte tenu de l’inflation de la vente et ne se portait plus candidat dorénavant qu’à deux blocs de fréquence et non plus trois. La bataille de milliards pour les licences UMTS se prolonge malgré tout, en dépit de l’abandon de l’un des sept candidats. En théorie, les enchères auraient pourtant pu s’arrêter dès le premier round hier matin si les candidats avaient accepté de se contenter chacun d’une licence à deux blocs de fréquence. Il y a en effet 12 blocs de fréquence à vendre. Mais les groupes ne l’entendent visiblement pas de cette oreille : non seulement même les candidats considérés comme financièrement les plus faibles n’ont pas l’intention, disent-ils, de prendre la porte, mais ils font preuve d’un féroce appétit. Ainsi le consortium 3G, composé de l’espagnol Telefonica et du finlandais Sonera, que les observateurs s’attendent à voir prochainement jeter l’éponge, n’a pas hésité à montrer ses muscles au cours de la matinée et à faire à plusieurs reprises la meilleure offre sur trois blocs de fréquence. Les analystes se montrent moins optimistes : pour Ralf Hallmann, de la Bankgesellschaft Berlin, «la question est quand 3G sortira (des enchères) et comment les candidats restants se comporteront après. Jusqu’ici aucune stratégie d’offre n’est visible», a-t-il estimé. Volker Nitsch, analyste de Bayerische Landesbank, pense aussi que 3G devrait abandonner bientôt, mais souligne que les enchères pourraient durer jusqu’à la fin de la semaine ou plus. L’allemand Viag Interkom, en revanche, a indiqué lundi qu’il ne visait plus que deux blocs de fréquence, estimant que l’argent pour un troisième bloc pourrait être mieux utilisé ailleurs. Une licence au bout du compte pourra compter deux à trois blocs de fréquence. Pour les gros groupes, le facteur taille est significatif. De plus, le fait d’en avoir trois réduit la progression des coûts de lancement et permet d’offrir davantage de services multimédia aux clients.
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