L’aptitude au commerce des Phéniciens était proverbiale, au point que le nom de Cananéen était parfois employé comme synonyme de marchand. Ils allaient de proche en proche, remplaçant une partie de leur cargaison par des produits du pays où ils l’avaient vendue et débarquaient plus loin pour les revendre. C’est ainsi que peu à peu ils se sont enhardis jusqu’à aller chercher l’étain aux îles Cassitérides, c’est-à-dire jusqu’aux îles Sorlingues et à la pointe de Cornouailles. Mais au début de l’histoire, quand la marine phénicienne n’existait pas encore, il faut bien admettre que l’étain, dont usaient la Mésopotamie et l’Égypte, venait surtout de l’Asie par caravane et par cabotage. La question de l’origine de l’étain employé au début de l’âge du Bronze reste fort obscure ; c’est du côté de l’Elam et surtout de l’Asie mineure dont la Mésopotamie était tributaire pour les métaux, qu’il convient d’orienter les recherches. Notre connaissance des plateaux de Perse et de l’Asie mineure est encore trop imparfaite pour que nous puissions nier dans ces pays l’existence de gisements d’étain utilisés aux hautes époques. Plus tard, les Phéniciens recueillirent l’étain qui était le plus à leur portée, sans doute celui de l’Etrurie, puis celui de l’Espagne, ensuite celui de l’embouchure de la Charente et des rivières de Bretagne. Ce n’est qu’à la fin qu’ils abordèrent la Cornouailles. D’ailleurs, la question des mines dans l’Antiquité ne doit pas être envisagée de notre point de vue actuel. Les besoins de métal des peuples anciens ont été fort restreints par rapport aux nôtres ; le métal ne sert qu’à l’armement et qu’à l’ornementation, ceci dans des proportions réduites. Bien des gîtes miniers qu’il ne vaudrait plus la peine d’exploiter aujourd’hui ont suffi à l’Antiquité, alors que le prix de la main-d’œuvre était si peu de chose. On commença par exploiter les mines les plus proches, quitte à chercher plus loin quand le filon était épuisé. C’est ainsi qu’une tablette encore inédite du Louvre, datée de l’an 5 du roi de Babylone Nabonide (milieu du VIe siècle avant notre ère) mentionne des envois de cuivre et de fer du Mont Amanus, de fer du mont-Liban.
L’aptitude au commerce des Phéniciens était proverbiale, au point que le nom de Cananéen était parfois employé comme synonyme de marchand. Ils allaient de proche en proche, remplaçant une partie de leur cargaison par des produits du pays où ils l’avaient vendue et débarquaient plus loin pour les revendre. C’est ainsi que peu à peu ils se sont enhardis jusqu’à aller chercher l’étain aux îles Cassitérides, c’est-à-dire jusqu’aux îles Sorlingues et à la pointe de Cornouailles. Mais au début de l’histoire, quand la marine phénicienne n’existait pas encore, il faut bien admettre que l’étain, dont usaient la Mésopotamie et l’Égypte, venait surtout de l’Asie par caravane et par cabotage. La question de l’origine de l’étain employé au début de l’âge du Bronze reste fort obscure ; c’est du...
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