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Actualités - Chronologie

Inde Des cris de trahison résonnent au Cachemire après un cessez-le-feu partiel

«Trahison» est l’un des premiers mots à s’être échappés des lèvres d’Abdul Majid Wani lorsque la conversation a porté sur l’annonce du cessez-le-feu au Cachemire par l’un des principaux groupes de rebelles musulmans. «Ça a été un grand choc», a dit Wani, 63 ans, dont le fils Ashfaq fut l’un des membres fondateurs du mouvement de guérilla et un ancien commandant du Front de libération du Jammu et Cachemire (JKLF). Alors que certains ont placé des espoirs dans l’initiative du cessez-le-feu annoncée le 24 juillet par le Hizbul Mujahideen, des centaines d’autres y ont vu une négation totale des sacrifices consentis par les «martyrs» tombés sous les balles des soldats indiens. «Pour moi, ces gens (du Hizbul Mujahideen) sont des traîtres», a affirmé Wani. Ashfaq avait 20 ans lorsqu’il a été tué dans un affrontement avec les forces de sécurité indiennes en mars 1990. Des centaines de milliers de personnes avaient assisté à ses obsèques, en dépit du couvre-feu. «C’était un hommage, non à lui, mais à la cause de l’indépendance du Cachemire», a souligné Wani. Le JKLF avait annoncé un cessez-le-feu en 1994. Wani avait fait partie de ceux qui avaient critiqué cette décision. Aujourd’hui, il estime que le Hizbul est en train de commettre la même erreur. «Ils sont tombés dans le même piège indien». «Le JKLF a été acheté avec des promesses de solution politique, mais ses membres ont continué à être tués après le cessez-le-feu», a dit Wani. En dépit de son amertume, il n’a jamais pris les armes. «Pour mon fils, la lutte armée, à la fin des années 80, n’était pas une option. C’était une obligation». Wani a déclaré comprendre les raisons qui ont poussé le Hizbul à décréter un cessez-le-feu unilatéral de trois mois, mais il aurait dû «consulter» les autres organisations séparatistes. «Le Hizbul est le plus important groupe cachemiri. Il a été la principale cible des opérations antiguérilla et a enregistré le plus grand nombre de victimes. Je comprends leurs contraintes» mais «nous devons maintenir un front uni». Dans la nuit de dimanche à lundi, le groupe intégriste islamique Lashkar-e-Toiba a lancé un raid audacieux contre un camp de l’armée indienne, faisant six morts parmi les soldats et cherchant ouvertement à torpiller le processus politique. L’opération a été «lancée contre le cessez-le-feu», a déclaré le porte-parole du groupe, Abou Ousama, dans un appel de revendication. La guérilla musulmane au Cachemire est composée d’une myriade d’organisations. Certains groupes sont favorables au rattachement du Cachemire au Pakistan. D’autres prônent l’indépendance. L’Inde estime que l’État du Jammu-et-Cachemire fait partie intégrante de son territoire. Il s’agit du seul État à majorité musulmane de l’Union indienne. «Nos jeunes ne sont pas morts pour un cessez-le-feu», a dit Beba Begum, 65 ans, dont le fils Shabir avait été tué en 1990 à l’âge de 22 ans. «Mon fils est mort pour Allah et pour la liberté du peuple cachemiri».
«Trahison» est l’un des premiers mots à s’être échappés des lèvres d’Abdul Majid Wani lorsque la conversation a porté sur l’annonce du cessez-le-feu au Cachemire par l’un des principaux groupes de rebelles musulmans. «Ça a été un grand choc», a dit Wani, 63 ans, dont le fils Ashfaq fut l’un des membres fondateurs du mouvement de guérilla et un ancien commandant du Front de libération du Jammu et Cachemire (JKLF). Alors que certains ont placé des espoirs dans l’initiative du cessez-le-feu annoncée le 24 juillet par le Hizbul Mujahideen, des centaines d’autres y ont vu une négation totale des sacrifices consentis par les «martyrs» tombés sous les balles des soldats indiens. «Pour moi, ces gens (du Hizbul Mujahideen) sont des traîtres», a affirmé Wani. Ashfaq avait 20 ans lorsqu’il a été tué...