Le redressement de l’économie s’est confirmé en juin au Japon du point de vue des entreprises, avec une hausse de la production industrielle qui s’est répercutée positivement sur l’emploi, mais la consommation privée, moteur essentiel de la croissance, est toujours en panne. «L’économie lance de bons signaux, mais il y a des différences selon les secteurs et régions tandis que l’emploi et la consommation doivent encore se redresser», a résumé le Premier ministre Yoshiro Mori, commentant la batterie d’indicateurs annoncés hier. Le chef du gouvernement a promis de jeter toutes ses forces dans la bataille pour «ramener l’économie sur le chemin de la reprise». Le gouvernement compte notamment utiliser 500 milliards de yens (4,9 mds EUR) de réserves publiques. Les autorités veulent cependant revoir de fond en comble la politique de dépenses afin de ne plus consacrer des sommes énormes à de grands chantiers inutiles (barrages, ponts, etc..) et se concentrer sur les infrastructures nécessaires à la diffusion des technologies de l’information. Les indicateurs du mois de juin publiés vendredi dressent un tableau encore mitigé de l’économie japonaise. D’un côté, la production industrielle progresse (+1,7 % en juin par rapport à mai après +0,3 %), confirmant l’embellie du secteur manufacturier qui bénéficie de la reprise asiatique et de la bonne santé des économies américaines et européennes. «La production d’appareils liés aux technologies de l’information (téléphonie mobile, informatique, électronique) continue de tirer l’ensemble de l’indicateur», a noté Peter Morgan, économiste chez HSBC. Le dynamisme des entreprises a un effet clairement bénéfique sur le marché de l’emploi où les offres affluent en dépit d’une petite remontée du taux de chômage à 4,7 % en juin contre 4,6 %. «Le léger accroissement du taux est le résultat d’une réduction de la population active qui a diminué de 160 000 à 65,03 millions de personnes», a souligné Hiroaki Nagafuji, responsable de l’agence de gestion et de coordination qui diffuse le chiffre. En valeur absolue, le nombre de sans-emploi a en effet reculé de 80 000 cas à 3,21 millions, s’établissant nettement en dessous de son record de l’après-guerre de 3,49 millions de personnes et 4,9 % atteint en mars. Le ratio entre offres et demandes d’emploi monté à 0,59 en juin (59 offres pour 100 demandes), son plus haut niveau depuis février 1998, contre 0,56 un mois plus tôt, reflète «le mouvement de créations d’emploi dans les technologies de l’information et les soins» aux personnes âgées ou malades, selon M. Nagafuji. Ce secteur connaît un vrai boom au Japon où la population vieillit rapidement, grâce à l’entrée en vigueur depuis avril d’une loi facilitant le remboursement de ces services y compris lorsqu’ils sont effectués à domicile par des sociétés privées. Le nombre de nouveaux postes a bondi de 4,7 % en juin sur un mois dépassant les 600 000 offres pour la première fois depuis 1992, ont noté des analystes.; Ce chiffre est considéré comme plus fiable que le nombre de chômeurs, selon Junji Ota, économiste à l’institut de recherche Okasan, qui a estimé que «cela prouve que l’économie est en train de se redresser». Sur l’autre plateau de la balance, on trouve cependant une consommation privée encore très poussive avec une chute de 2,6 % en juin en glissement annuel pour les ménages salariés (60 % du total) après un recul de 1,2 % en mai. «En l’absence d’une amélioration des conditions salariales, les ménages restent plutôt prudents dans leurs dépenses», a expliqué un responsable gouvernemental. Les familles privilégient en ce moment les achats d’automobiles (+69,1 % en juin) et les dépenses de transports et télécommunications (+13,9 %). En valeur, leurs dépenses alimentaires et d’habillement baissent mais surtout à cause du recul continu des prix sous la pression d’une forte concurrence entre distributeurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le redressement de l’économie s’est confirmé en juin au Japon du point de vue des entreprises, avec une hausse de la production industrielle qui s’est répercutée positivement sur l’emploi, mais la consommation privée, moteur essentiel de la croissance, est toujours en panne. «L’économie lance de bons signaux, mais il y a des différences selon les secteurs et régions tandis que l’emploi et la consommation doivent encore se redresser», a résumé le Premier ministre Yoshiro Mori, commentant la batterie d’indicateurs annoncés hier. Le chef du gouvernement a promis de jeter toutes ses forces dans la bataille pour «ramener l’économie sur le chemin de la reprise». Le gouvernement compte notamment utiliser 500 milliards de yens (4,9 mds EUR) de réserves publiques. Les autorités veulent cependant revoir de fond en...