La maîtrise des Phéniciens dans la fabrication du verre est bien connue, mais il s’en faut qu’ils en soient les inventeurs, comme Pline l’a avancé ; ils en ont été les propagateurs. C’est à l’Égypte qu’il faut faire honneur de cette découverte qui remonte sans doute jusqu’au premier empire thébain. Mais ce qu’employaient les Égyptiens, c’était le verre opaque, coloré dans sa masse et travaillé de façon à reproduire dans son épaisseur des bandes, des zigzags, des ornements diversement colorés selon une technique qui survit encore à Murano. Les Phéniciens propagèrent le verre transparent, moins connu, de sorte que nous trouvons en Phénicie plusieurs sortes de verre. Outre les objets de verrerie d’usage courant : coupes, bouteilles, flacons, que nous recueillons dans les tombes, souvent couverts d’irisations dues à leur séjour prolongé dans la terre, les Phéniciens ont fabriqué une verrerie de luxe dont ils ont emprunté les procédés aux Égyptiens. Cette production a rendu Tyr et Sidon célèbres, et Pline a vanté les verreries sidonniennes. Tantôt le verre est incolore et transparent ; tantôt il est translucide et coloré, tantôt enfin il est opaque. Vers le début du premier siècle avant notre ère, les Phéniciens fabriquaient des vases en verre soufflé, très légers et estimés au point que les verreries de Sidon étaient le prix de certains concours athlétiques. Les verriers phéniciens expédiaient au loin des gobelets minces et transparents sur lesquels ils appliquaient un véritable pastillage en pâte de verre : poissons, coquillages, herbes marines. On en a découvert des exemplaires à Rome et à Trèves où les avait amenés le commerce si actif avec l’Occident. Souvent les verriers signaient leurs œuvres ; on sait qu’Artas travaillait à Sidon avant l’époque impériale. Le gobelet qui a été publié par M. Dussaud porte l’inscription «Jason a fait ; que l’acheteur se souvienne». Ce gobelet provient de Sidon ; sa réclame est à peu près la même que celle d’Ennion qui devait travailler dans la même ville. Les verres à dessins tracés dans l’épaisseur de la pâte étaient célèbres : on les obtenait par une véritable incrustation quand la pâte était chaude ; les couleurs dominantes de ces verres sont le blanc, le jaune, le vert, le bleu et le brun ; le rouge est plus rare ; on se servait pour obtenir ces nuances d’oxydes métalliques. Les vases fabriqués dans cette technique sont toujours de petite taille.
La maîtrise des Phéniciens dans la fabrication du verre est bien connue, mais il s’en faut qu’ils en soient les inventeurs, comme Pline l’a avancé ; ils en ont été les propagateurs. C’est à l’Égypte qu’il faut faire honneur de cette découverte qui remonte sans doute jusqu’au premier empire thébain. Mais ce qu’employaient les Égyptiens, c’était le verre opaque, coloré dans sa masse et travaillé de façon à reproduire dans son épaisseur des bandes, des zigzags, des ornements diversement colorés selon une technique qui survit encore à Murano. Les Phéniciens propagèrent le verre transparent, moins connu, de sorte que nous trouvons en Phénicie plusieurs sortes de verre. Outre les objets de verrerie d’usage courant : coupes, bouteilles, flacons, que nous recueillons dans les tombes, souvent couverts...
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