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Actualités - Chronologie

Le Japon, mouton noir de nations industrialisées à l'économie florissante

Face à une économie américaine en excellente santé et à une Europe florissante, le Japon apparaît comme le mouton noir des grandes nations industrialisées, à la veille d’une réunion des ministres des Finances du G7 et de la Russie demain à Fukuoka (sud). La santé chancelante de la deuxième économie mondiale sera à coup sûr au menu des discussions et notamment le gonflement excessif de l’endettement public qui dépasse les 125 % du Produit intérieur brut, selon l’agence d’évaluation financière Fitch qui a abaissé jeudi dernier la note de la dette souveraine nippone. Les partenaires de Tokyo ne comprennent pas pourquoi l’économie ne décolle toujours pas alors que le gouvernement a déversé plus de 100 000 milliards de yens (990 milliards d’euros, 943 mds USD) sur l’économie en dix ans de crise. Certains clignotants sont repassés au vert depuis le début de cette année, comme la production industrielle, les investissements et les profits des entreprises. La situation sur le marché de l’emploi semble aussi en voie de stabilisation avec un taux de chômage revenu à 4,6 % en mai. Mais la consommation peine à redémarrer et, selon le dernier rapport de l’OCDE publié fin mai, «sa tendance pourrait rester faible, la poursuite des restructurations des entreprises pesant sur la progression des revenus salariaux». Résultat : l’OCDE ne prévoit pas plus de 1,7 % de croissance au Japon durant l’année (calendaire) 2000 et 2,2 % en 2001, tandis que l’économie mondiale devrait planer à 4 % de hausse cette année et 3,1 % la suivante. Les mauvaises performances du Japon occuperont donc sans doute davantage les esprits à Fukuoka que l’atterrissage en douceur de l’économie américaine, qui a encore crû de 5,5 % en rythme annuel au premier trimestre, ou les très bons taux de croissance expérimentés en Europe. Pour les spécialistes occidentaux, les causes de la morosité nippone sont claires : le pays est sclérosé et encore trop imperméable aux influences extérieures. En outre, des réformes importantes comme la refonte du système bancaire ont perdu leur élan initial et les fusions annoncées (Mizuho Financial Group, Tokyo-Mitsubishi/Mitsubishi Trust) risquent de ne donner naissance qu’à des géants de papier. Les États-Unis et l’Europe profiteront donc probablement du G7/G8 pour pousser Tokyo à approfondir les «réformes structurelles», c’est-à-dire les restructurations, la libéralisation et l’ouverture de secteurs aussi divers que la construction, la distribution ou les télécommunications. Les États-Unis et l’Europe estiment en effet que le développement de l’Internet et des technologies de l’information en général est freiné au Japon par les tarifs exhorbitants pratiqués par NTT pour l’utilisation de son réseau par d’autres opérateurs. Washington mène bataille depuis des mois pour obtenir une forte réduction de ces tarifs et une réunion bilatérale est prévue autour du 10 juillet. Les deux camps disent espérer trouver une solution avant le sommet du G8 d’Okinawa (sud) prévu du 21 au 23 juillet. L’ironie du sort veut que les Japonais ont justement décidé que le G8 aura pour thème central les technologies de l’information.
Face à une économie américaine en excellente santé et à une Europe florissante, le Japon apparaît comme le mouton noir des grandes nations industrialisées, à la veille d’une réunion des ministres des Finances du G7 et de la Russie demain à Fukuoka (sud). La santé chancelante de la deuxième économie mondiale sera à coup sûr au menu des discussions et notamment le gonflement excessif de l’endettement public qui dépasse les 125 % du Produit intérieur brut, selon l’agence d’évaluation financière Fitch qui a abaissé jeudi dernier la note de la dette souveraine nippone. Les partenaires de Tokyo ne comprennent pas pourquoi l’économie ne décolle toujours pas alors que le gouvernement a déversé plus de 100 000 milliards de yens (990 milliards d’euros, 943 mds USD) sur l’économie en dix ans de crise. Certains...