L’offre du dollar a continué de se contracter à Beyrouth dans un marché toujours réticent à l’achat, dispensant pratiquement la Banque du Liban (BDL) d’intervenir en présence d’une certaine contrepartie à la vente en dehors d’elle. C’est ainsi qu’après avoir maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les agents financiers le négociaient dans une marge comprise entre 1 512,00 et 1 513,00 LL, toute la journée. Mais ce mouvement ne devait en aucun moment s’accompagner d’activités marquées, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. En effet, le volume d’affaires n’a guère dépassé hier sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché généralement équilibré de lui-même. Dollar résistant en attendant les chiffres du chômage américain À l’étranger, l’euro et la livre sterling n’ont pas été affectés par les décisions simultanées de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre d’opter pour un statu quo monétaire hier, largement anticipées par le marché. De fait, les investisseurs ont été beaucoup plus intéressés par les données sur l’évolution des salaires et de l’emploi aux États-Unis le mois dernier, attendues aujourd’hui, qui permettront d’avoir une idée plus claire sur la situation de l’économie américaine. La BCE a décidé hier de laisser inchangés ses principaux taux d’intérêt, à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs. Son taux principal de refinancement a été ainsi maintenu à 4,25 %, et on s’attend qu’elle ne devrait pas faire le moindre mouvement dans le sens du renchérissement du crédit avant septembre. Cela étant, l’euro n’a pas réussi à profiter de l’annonce d’une hausse de 1,9 % des entrées de commandes dans l’industrie allemande en mai ainsi que de la stabilité du chômage en Allemagne à 9,6 % de la population active en juin comme en mai, non plus des mises en garde lancées hier par le président de la BCE, Wim Duisenberg, contre les risques latents d’inflation. De son côté, la livre sterling est restée indifférente à la décision de la Banque d’Angleterre de maintenir son principal taux d’intérêt à 6,00 % pour le cinquième mois d’affilée, un choix également sans surprise pour les analystes financiers en raison des signes de ralentissement de l’économie britannique le mois dernier. L’annonce plus tôt que la production industrielle britannique a enregistré une hausse de 0,1 % en mai par rapport à avril en données corrigées des variations saisonnières et de 2,3 % en glissement annuel, n’a eu aucun impact positif sur le marché de la livre. Quant au yen, il a souffert encore une fois des interrogations des investisseurs sur la vigueur de la reprise économique au Japon. À cet égard, l’annonce par le gouvernement de Tokyo que la consommation des ménages japonais a reculé de 1,9 % en mai en glissement annuel après avoir augmenté de 1,3 % le mois précédent, est venue inhiber toute initiative en faveur du yen face aux autres grandes monnaies. C’est dans ce contexte, que le dollar s’est finalement négocié à New York, sur un ton résistant comme suit : – 0,9505 pour un euro contre 0,9530, la veille – 1,5075 pour un sterling contre 1,5085 – 2,0575 DM contre 2,0525 – 6,9010 FF contre 6,8830 – 1,6260 FS contre 1,6230 – 2 037,10 lires contre 2 031,75 – 107,45 yens contre 107,10. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, c’est le statu quo hier, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions se sont maintenues à leurs derniers niveaux de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées s’est stabilisé à 64,37 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 138,88 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché à activité très mince avec un volume d’affaires de quelque 17 650 actions d’une valeur globale de 63 475 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales et au lendemain de la dégringolade de Wall Street et de la Bourse électronique Nasdaq la veille, les investisseurs ont éprouvé hier un peu de mal à revenir sur les marchés américains. Ils ont toujours devant eux la mise en garde de la société américaine de logiciels Computer Associates sur sa performance financière, dans la crainte d’autres avertissements du même genre, alors que les résultats trimestriels des sociétés américaines commenceront à déferler sur le marché vers la mi-juillet. Certes, les opérateurs boursiers se sont montrés très réticents à alourdir leurs portefeuilles après la révision à la baisse par la firme de courtage Bear Stearns de ses perspectives à court terme pour IBM. Cela d’autant que le marché avait déjà du mal à se remettre des commentaires négatifs, mercredi, de la maison de courtage Salomon Smith Barney sur le secteur des semi-conducteurs. Pourtant, la réaffirmation hier, par ABN Amro et JP Morgan de leur confiance dans le secteur américain de la haute technologie, et la reprise des pétrolières après le commentaire de PaineWebber, estimant que le marché avait exagérément réagi la veille à la décision de l’Arabie séoudite d’augmenter sa production, sont venues redonner un peu d’actualité aux placements en actifs américains. En effet, l’indice Nasdaq est repassé dans le vert, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuaient entre un plus plus haut à 10 516,59 points et un plus bas à 10 393,09 points, avant d’afficher en préclôture 10 491,71 points, en hausse de 8,11 points sur la veille, dans un marché très volatil. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé sur une note étroitement irrégulière jeudi, en raison de l’incertitude qui régnait à Wall Street. À la clôture, l’indice Eurotop 300, paneuropéen, gagnait 0,30 % mais l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro perdait 0,20 %. La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,14 %, tandis que Francfort, dont la séance s’est terminée à 18h00 GMT, était quasiment inchangée. Amsterdam a cédé 0,33 %, Bruxelles 0,50 % et Madrid 0,17 %, mais Londres, Zurich et Milan ont gagné 0,6 %. Les marchés se sont tenus sur la défensive avant la publication, aujourd’hui, des statistiques de l’emploi aux États-Unis pour le mois de juin. Les économistes s’attendent en moyenne à 263 000 créations d’emploi contre 231 000 en mai. La Banque centrale européenne a maintenu ses taux inchangés, après les avoir relevés d’un demi-point le 8 juin. Cependant, son président Wim Duisenberg a déclaré que toutes les données de juin confirmaient que les risques d’inflation s’accroissaient, ce qui a confirmé les analystes dans le sentiment que le mouvement de hausse des taux en Europe n’était pas terminé. Le secteur des télécommunications s’est encore distingué avec une hausse de 5,10 % de Vodafone AirTouch, de 4,00 % de KPN, de 2,20 % de Deutsche Telekom et de 1,60 % de France Télécom. Vodafone a profité de deux recommandations d’«achat ferme» de banques d’investissement. Le géant cellulaire a annoncé mercredi soir en fin de séance qu’il avait recruté 6,6 millions de nouveaux abonnés «mobiles» au deuxième trimestre. KPN, avec les autres sociétés de télécommunications, a, quant à elle, bénéficié de la perspective de dépenses inférieures à ce qui était prévu lors de l’adjudication des licences de télécommunications mobiles de la troisième génération, qui ont débuté jeudi aux Pays-Bas. Les valeurs pharmaceutiques se sont également mises en avant, sous la conduite de Novartis et de Roche, en hausse de 1,5 % tous les deux et qui ont permis aussi à la Bourse suisse d’être l’une des rares à s’inscrire dans le positif. Après les télécommunications, les producteurs de base se sont également distingués avec une hausse de 4,40 % de Rio Tinto. J P Morgan a relevé son objectif de cours pour le géant minier et réaffirmé sa recommandation d’«achat». Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a enregistré une baisse de 0,9 % jeudi, les investisseurs écoulant les valeurs technologiques après les pertes enregistrées à Wall Street la veille, ont indiqué les opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 153,58 points pour terminer à 17 282,37. «Le marché a simplement suivi le recul enregistré à New York par les titres dans les secteurs des semi-conducteurs et des logiciels d’information», a déclaré Kazue Mayazumi, analyste chez Nikko Securities. L’indice élargi Topix a perdu 10,55 points à 1 590,63. Les échanges sont restés au ralenti, avec un volume estimé à 689 millions d’actions contre 696,4 millions la veille, les investisseurs choisissant de rester sur la touche, à la veille de la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis pour le mois de juin. «Comme les investisseurs new-yorkais ont choisi d’attendre la publication des résultats, leurs homologues de Tokyo voulaient également voir ces chiffres avant de prendre position», a commenté Masaaki Higashida, analyste chez Nomura Securities. Mercredi, l’indice composite des valeurs technologiques Nasdaq a clôturé en baisse de 3,23 % et le Dow Jones a perdu 0,73 %. Les liquidations à New York ont fait suite à des révisions à la baisse des prévisions de prises de bénéfices dans le domaine des logiciels et de l’Internet, ont ajouté les courtiers. Les valeurs technologiques ont été particulièrement ébranlées lorsque la banque d’investissement Salomon Smith Barney a revu à la baisse ses prévisions pour différentes sociétés du secteur des semi-conducteurs. Ces estimations ont contrasté avec celles des investisseurs nippons, a commenté M. Mayuzumi. «Le décalage a gâté les intentions d’achat». En fin de séance, 760 titres étaient en repli contre 512 en hausse tandis que 125 sont restés stables. Dans le secteur des semi-conducteurs, Hitachi Ltd. a terminé en baisse de 7,8 % (119 yens) à 1 410 et Toshiba Corp. 6,5 % (81 yens) à 1 167. Nec Corp. a reculé de 7,3 % (250 yens) pour s’établir à 3 200 yens à la clôture.
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