La vie de Lance Armstrong, vainqueur pour la deuxième fois du Tour de France, hier, à Paris, ressemble de plus en plus à un scénario hollywoodien. Sa lutte contre le cancer a donné un immense retentissement à sa victoire de l’année passée. Douze mois plus tard, sa domination toute sportive dans la plus grande épreuve cycliste du monde, l’une des plus éprouvantes toutes disciplines confondues, a provoqué l’admiration générale, des anciens champions au grand public. Avant de s’envoler aujourd’hui pour les États-Unis, où l’attend une série de festivités puis le retour dans son luxueux ranch du Texas, l’Américain a bouclé la simple formalité que représentaient les 138 derniers kilomètres dans Paris. L’homme au regard d’acier, aux mâchoires souvent serrées, s’est détendu pour cette dernière journée festive, jusqu’à porter une perruque pour le plaisir des photographes, longtemps avant le sprint de l’Italien Stefano Zanini, victorieux pour la première fois dans le Tour. «Je vise le maillot jaune à Paris et rien d’autre», a souvent répété Armstrong, qui portait déjà l’étiquette de favori, le 1er juillet, au départ du Futuroscope. L’Américain s’est appliqué à suivre cette ligne, quitte à négliger les succès de prestige. Même au sommet du Ventoux, il s’est gardé de disputer la victoire à l’Italien Marco Pantani, son prédécesseur au palmarès du Tour (1998). Ullrich longtemps débordé Loin du bulldozer de l’année précédente, quand il avait gagné quatre étapes, le Texan s’est imposé seulement dans le contre-la-montre de Belfort, à deux jours de Paris. Piment supplémentaire pour cet amateur de cuisine épicée, il a battu ce jour-là Jan Ullrich sur son terrain et dans l’exercice dont l’Allemand est le tenant du titre mondial. à lui seul, ce chrono ultrarapide (près de 54 km/h !) a symbolisé la différence entre les deux premiers. Ullrich, longtemps débordé, s’est repris vers la fin. Durant ce Tour, le vainqueur 1997 a couru après le temps, après son retard de préparation. Le vainqueur 1997 est monté pour la quatrième fois en quatre participations sur le podium. Mais sa deuxième place, à 6 min 02 sec, doit nourrir des regrets. Armstrong était-il invincible ? À en juger par sa démonstration de Hautacam, où il a dominé tous les grimpeurs dans la seule étape pyrénéenne de cette édition, le Texan était indiscutablement le plus fort dans la première moitié du Tour. L’écart s’est resserré ensuite même si le futur lauréat a regretté a posteriori de n’avoir pas disputé la victoire au grimpeur italien Marco Pantani au sommet du Ventoux. Dans les Alpes, la course a révélé une relative faiblesse d’Armstrong, rendu soudainement très humain par sa petite défaillance dans le dernier col hors catégorie du parcours (Joux-Plane). De là à le voir menacé... Ni l’Espagnol Joseba Beloki, prometteur néophyte du Tour (3e), ni son coéquipier Christophe Moreau, premier Français classé (4e), n’ont pu mettre vraiment en danger Armstrong. Pas plus que les voltigeurs de l’équipe Kelme, intenables en montagne, ou Richard Virenque, tout heureux de renouer avec le succès après trois ans de disette. Un mythe Les coureurs, soulagés d’en avoir terminé avec les 3 662 kilomètres, se sont félicités à l’arrivée du climat détendu, «apaisé», selon le mot du directeur du Tour Jean-Marie Leblanc, deux ans après l’affaire Festina. Aucune affaire de dopage n’a été traitée pendant les trois semaines de la course même si les résultats définitifs du Tour sont dans l’attente pour une durée indéterminée. Le test anti-EPO sera appliqué aux échantillons urinaires des coureurs seulement quand la méthode française de détection sera homologuée définitivement. La course, favorable aux attaquants, a souligné le recul d’une génération (L. Jalabert, Zuelle) et l’émergence de la jeune classe espagnole, avec Joseba Beloki (3e) mais aussi Roberto Heras (5e), autre néophyte du Tour, Francisco Mancebo (9e) et Javier Ochoa (13e). Mais, par-dessus tout, l’écrasante personnalité d’Armstrong a pesé sur la course. «Je ne suis pas un personnage de Disneyland ni de Hollywood», disait-il dans sa récente autobiographie. La vie d’Armstrong donnera pourtant lieu à un film. Un producteur américain a acquis les droits pour porter à l’écran l’histoire de ce Texan au mental de fer, qui a vaincu le cancer et gagné deux Tours de France. Une série en cours, pourrait-on ajouter. Armstrong est devenu un mythe.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La vie de Lance Armstrong, vainqueur pour la deuxième fois du Tour de France, hier, à Paris, ressemble de plus en plus à un scénario hollywoodien. Sa lutte contre le cancer a donné un immense retentissement à sa victoire de l’année passée. Douze mois plus tard, sa domination toute sportive dans la plus grande épreuve cycliste du monde, l’une des plus éprouvantes toutes disciplines confondues, a provoqué l’admiration générale, des anciens champions au grand public. Avant de s’envoler aujourd’hui pour les États-Unis, où l’attend une série de festivités puis le retour dans son luxueux ranch du Texas, l’Américain a bouclé la simple formalité que représentaient les 138 derniers kilomètres dans Paris. L’homme au regard d’acier, aux mâchoires souvent serrées, s’est détendu pour cette dernière...