Les juifs iraniens condamnés pour espionnage au profit d’Israël sondaient les réactions au sein de l’armée à un rapprochement entre l’Iran et les États-Unis, a affirmé le chef de la justice de Chiraz. Cité lundi par le quotidien Jomhouri eslami, Hussein-Ali Amiri a ajouté que le juifs condamnés avaient aussi axé leurs activités sur l’industrie et des sites militaires, dont une base aérienne, ainsi que sur les raffineries et la Banque centrale à Chiraz (sud). «Ils enquêtaient auprès de l’armée sur le sentiment vis-à-vis d’un rapprochement et d’une paix avec les États-Unis», a-t-il dit. Samedi, dix juifs iraniens ont été condamnés par le tribunal révolutionnaire de Chiraz à des peines de prison allant de 4 à 13 ans pour «espionnage» au profit d’Israël ou «collaboration» avec cet État. Deux musulmans, poursuivis dans la même affaire, ont été condamnés à deux ans. M. Amiri a confirmé que les condamnés collectaient, comme l’indiquait le verdict, des «informations militaires», précisant qu’ils axaient leurs activités sur «l’importance de l’industrie et des équipements militaires fabriqués en Iran, les raffineries et l’industrie électronique». Il a ajouté qu’ils «collectaient et expédiaient à l’étranger des photographies sur l’industrie électronique de Chiraz, les activités du ministère des Renseignements dans cette ville, les télécommunications des Gardiens de la révolution (Pasdaran – garde prétorienne du régime) et de l’armée». Leurs activités portaient aussi, a-t-il poursuivi, sur «la surveillance de la Banque centrale à Chiraz, ce qui pourrait contribuer à des actes de sabotage de la part du Mossad (le service de renseignements israélien), et l’étude des bâtiments du 55e bataillon de l’armée de l’air à Chiraz». Les condamnés se livraient aussi à «des études démographiques, à la collecte d’informations sur la pétrochimie, la base aérienne de Chiraz –avec collecte de photos et engagements de personnes pour les réaliser – et l’aciérie d’Ispahan» (centre), a ajouté le responsable judiciaire. M. Amiri a affirmé que la justice n’avait révélé qu’une «partie» du verdict de 71 pages rendu par le tribunal de Chiraz. «Une grande part de l’activité des accusés y est citée à titre d’exemple, mais beaucoup d’éléments restent confidentiels pour des raisons de sécurité», a-t-il dit. «Si la cour avait voulu entrer plus dans les détails, cela irait à l’encontre de la sécurité nationale» et «les méthodes de contre-espionnage du ministère des Renseignements auraient été divulguées», a-t-il ajouté. L’Iran et les États-Unis ont esquissé un processus de rapprochement, après l’arrivée au pouvoir à Téhéran en 1997 du président réformateur Mohammed Khatami, en vue d’une normalisation de leurs relations, rompues en 1980 à la suite de la prise d’otages du personnel de l’ambassade des États-Unis.
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