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Actualités - Chronologie

Psychiatrie Schisophrénie : l'importance capitale de la collaboration tripartite (photos)

Les nouvelles approches psychiatriques ont réussi le miracle de baisser de près de 40 % le taux d’hospitalisation des malades schizophrènes au cours de ces vingt-cinq dernières années. La maladie en question, donc, n’augure plus d’un avenir aussi sombre qu’auparavant. Grâce à des traitements efficaces, des jeunes patients n’accusent aujourd’hui que des symptômes légers ne justifiant plus leur isolement en institution spécialisée. Il reste, malheureusement, le problème de leur intégration sociale. En effet, la réhabilitation psychosociale demeure une épineuse question, même pour les sociétés évoluées des pays avancés. La schizophrénie, psychose du jeune adulte, suscite encore des réactions anachroniques. Ce fait se reflète très négativement sur les chances de réussite des traitements. En mai dernier, pour la première fois dans les annales, un congrès international (le 7e Congrès de l’Association mondiale pour la réhabilitation psychosociale) a été entièrement axé à la schizophrénie, une affection dont l’aspect s’est beaucoup modifié au cours du XXe siècle. Considérée jadis comme un trouble dangereusement invalidant pour sa victime, elle jouit aujourd’hui de traitements qui n’imposent plus impérativement l’exclusion de la vie sociale et l’internement. Un congrès très original en fait, puisqu’il réunissait, autour des spécialistes mondiaux, des malades et des familles confrontés aux divers aspects, autant sociaux que scientifiques, de cette maladie mais aussi d’autres maladies mentales entraînant des problèmes similaires. Maladie mystérieuse, réunissant sur son appellation une large gamme d’états pathologiques, la schizophrénie reste un trouble terrorisant... Les réponses, pourtant, apportées par des molécules récentes, éliminant les désagréments des neuroleptiques classiques, contribuent à réduire au minimum délires et hallucinations même si un traitement radical de cette pathologie n’est pas encore disponible. Les hypothèses, quant aux causes de la schizophrénie, sont multiples. Biochimiques, génétiques, toxiques et bien d’autres s’entremêlent ou se combinent pour contribuer à l’apparition de cette psychose à la fin de l’adolescence. Selon les continents, les pays, le milieu, les attitudes, les besoins, les législations et la prise en charge diffèrent. Mais à la lumière des progrès thérapeutiques actuels, «les usagers de soins» (le terme remplace l’ancien «malade mental» à consonance trop péjorative) rejettent l’exclusion et la mise à l’écart du fait de leur état de santé mentale. Car il faut bien le souligner, aujourd’hui, on n’est pas schizophrène à vie. Rémissions et stabilisation excluent ce verdict anachronique. Les périodes de rémission ou de stabilisation de plus en plus prolongées tempèrent l’inéluctable chronicité d’une maladie devenue parfaitement «maîtrisable». Le point de vue des malades Au cours du congrès en question, pour la première fois dans les annales, les malades eux-mêmes ont eu droit à la parole. Ils ont revendiqué la possibilité de participer aux discussions sur la politique de soins, l’internement, la protection de leurs droits. Ils ont également le droit (ou le pouvoir) de prendre des décisions concernant leur propre vie, y compris celui d’accepter ou de refuser tel ou tel traitement. Aux États-Unis, en effet, ils ont déjà obtenu de ne pas être traités de force par des neuroleptiques, y compris en cas d’urgence ou de perturbation publique ! (Voir Le Figaro du 30/5/2000). Ce qui pose certes de grands problèmes dans certaines circonstances où, restés sans soins, les malades en crise peuvent être enfermés ou mis sous camisole de force ! Situation bien plus traumatisante (par souci de l’ordre public) que celle d’avaler le remède indiqué... Les revendications familiales Le congrès de Paris a permis, pour la première fois aussi, aux familles d’exprimer leurs revendications, dont la première serait d’être informées en matière des traitements appliqués ainsi que sur les résultats attendus. Elles se sont plaintes du fait de leur mise à l’écart et même dans certains cas «d’être considérées comme pathogènes par les soignants», en affirmant que cet isolement ou exclusion rendait encore plus éprouvante leur condition. Or, ont-elles objecté, avec les traitements actuels, les périodes d’hospitalisation et leur durée ont sensiblement diminué. Les familles donc ont à prendre en charge des situations exigeant des conduites d’abnégation mais aussi de savoir-faire certain. Gérer des crises d’angoisse majeures, des décharges d’agressivité, des insomnies tenaces ou des tentatives d’auto-extermination exige des appuis sérieux et des mesures qui ne peuvent être laissées au hasard. De l’aveu des médecins, «plus la collaboration est étroite avec l’entourage moins les malades ont besoin d’hospitalisation, où leur état a souvent tendance à s’aggraver. Mais ils reconnaissent également que l’on demande énormément à l’entourage qui, en conséquence, devrait lui aussi avoir droit à des appuis». « Les centres de crise » Une des solutions de rechange discutées durant le congrès fut celle «des centres de crise». Une sorte d’appartements thérapeutiques avec des équipes d’infirmiers, présents 24 heures sur 24, où les malades peuvent s’adresser en cas de crise pour des soins limités dans le temps. Ces dispensaires psychiatriques pourraient servir de solution intermédiaire ou même, selon l’avis de psychiatres présents au congrès, d’éléments de départ à une nouvelle organisation de soins. Mais la plus importante démarche de ce congrès psychiatrique est l’élaboration du projet de charte pour l’établissement du dialogue entre soignants, malades et familles, impensable il y a quelques années... Car il est urgent de faire évoluer l’image de la maladie mentale vers une meilleure compréhension et une plus grande tolérance, capitale pour l’insertion de plus en plus possible des malades...
Les nouvelles approches psychiatriques ont réussi le miracle de baisser de près de 40 % le taux d’hospitalisation des malades schizophrènes au cours de ces vingt-cinq dernières années. La maladie en question, donc, n’augure plus d’un avenir aussi sombre qu’auparavant. Grâce à des traitements efficaces, des jeunes patients n’accusent aujourd’hui que des symptômes légers ne justifiant plus leur isolement en institution spécialisée. Il reste, malheureusement, le problème de leur intégration sociale. En effet, la réhabilitation psychosociale demeure une épineuse question, même pour les sociétés évoluées des pays avancés. La schizophrénie, psychose du jeune adulte, suscite encore des réactions anachroniques. Ce fait se reflète très négativement sur les chances de réussite des traitements. En mai...