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Actualités - Chronologie

Guerre d'Algérie Le général Bigeard nie toujours avoir pratiqué la torture

Le général français Marcel Bigeard, qui a justifié l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, continue à nier l’avoir pratiquée lui-même, sans réussir à apaiser la polémique. Mis en cause en juin par une indépendantiste algérienne, Louisette Ighilahriz, le général Bigeard a encore nié hier «avoir jamais pratiqué la gégène». Néanmoins, ses démentis sur sa participation directe dans des actes de torture n’ont pas réussi jusqu’à présent à apaiser la polémique provoquée par ses déclarations justifiant l’usage de cette même torture en Algérie. Dans ce contexte, l’inauguration début juillet d’une rue portant son nom à Trimbach, un petit village de l’est de la France, a attisé la polémique. «Je n’ai jamais pratiqué la gégène. Je ne savais même pas qu’on branchait cet appareil sur les parties (génitales). J’ai fait un travail propre, avec mon cœur», a déclaré Marcel Bigeard dans une interview au quotidien L’Est Républicain parue hier. «Pourquoi ce traquenard contre moi, ces accusations ?», se demande-t-il. Selon lui, l’interview de l’Algérienne Louisette Ighilahriz parue dans le quotidien Le Monde du 20 juin «a été montée pour que la France se sente coupable vis-à-vis du gouvernement algérien actuel». «Cette manœuvre de l’extrême gauche est honteuse. Moi, mon parti, c’est la patrie. Et j’ai mal à la France», ajoute-t-il. Louisette Ighilahriz, avait accusé, entre autres, les généraux Bigeard et Jacques Massu, une autre grande figure militaire de la guerre d’Algérie (1954-1962), de l’avoir torturée sans interruption pendant trois mois. «Massu était brutal, infect. Bigeard n’était pas mieux (...). J’ai souvent hurlé à Bigeard : “Vous n’êtes pas un homme si vous ne m’achevez pas!” Et lui me répondait en ricanant : “Pas encore, pas encore!”», affirmait-elle. Le lendemain, Jacques Massu avait regretté l’usage de la torture en Algérie, tandis que Marcel Bigeard dénonçait un «tissu de mensonges». Le 2 juillet, au lendemain de l’inauguration de la rue portant son nom, Marcel Bigeard déclarait que la torture en Algérie avait été un «mal nécessaire». Lundi, les Verts (écologistes) d’Alsace (est) ont suggéré aux élus de Trimbach de débaptiser la rue et de la rebaptiser du nom du général Jacques de la Bollardière, qui avait dénoncé l’usage de la torture en Algérie. Par ailleurs, dans un texte conjoint publié par Le Monde du 14 juillet, plusieurs enseignants de l’Université Marc-Bloch de Strasbourg (est) estimaient que, «en tant qu’acte barbare et négateur de la dignité humaine, la torture a été définie comme un crime contre l’humanité. La justifier à quelque titre que ce soit, c’est légitimer de tels crimes». «Ainsi, à l’aube du troisième millénaire, dans le pays qui s’honore d’avoir inventé les droits de l’homme, dans une province de ce pays dont la capitale a été choisie pour abriter la Cour européenne des droits de l’homme, on peut donner à un espace public le nom d’un individu qui justifie ouvertement l’usage de la torture», regrettaient-ils. Le maire de Trimbach, Joseph Weissbeck, a indiqué qu’il aborderait la question du maintien du nom de la rue du Général Bigeard après l’été lors d’un conseil municipal. «Pourquoi ne pas demander aux autres villes de France de débaptiser leurs rues Bigeard ?», s’est-il néanmoins interrogé.
Le général français Marcel Bigeard, qui a justifié l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, continue à nier l’avoir pratiquée lui-même, sans réussir à apaiser la polémique. Mis en cause en juin par une indépendantiste algérienne, Louisette Ighilahriz, le général Bigeard a encore nié hier «avoir jamais pratiqué la gégène». Néanmoins, ses démentis sur sa participation directe dans des actes de torture n’ont pas réussi jusqu’à présent à apaiser la polémique provoquée par ses déclarations justifiant l’usage de cette même torture en Algérie. Dans ce contexte, l’inauguration début juillet d’une rue portant son nom à Trimbach, un petit village de l’est de la France, a attisé la polémique. «Je n’ai jamais pratiqué la gégène. Je ne savais même pas qu’on branchait cet...