Au-delà des performances sportives, c’est la présence et l’engouement du public américain pour l’athlétisme qui ont marqué la première partie des sélections olympiques américaines à Sacramento (Californie), surprenant les athlètes eux-mêmes. Durant quatre jours, le Hornet Stadium a joué à guichets fermés prouvant que ce sport n’est peut-être pas aussi mort qu’on le dit chez l’Oncle Sam. Ou du moins, pas en Californie du Nord et à Sacramento en particulier. Plus de 23 000 spectateurs ont fait chaque fois le déplacement et pas seulement pour assister passivement aux épreuves, mais encourager courses et concours, des tours de qualifications aux séances d’échauffement. «C’est la meilleure ambiance que j’ai jamais connue aux sélections», affirmait Jackie Joyner-Kersee dont c’était la cinquième participation aux trials. «C’était presque choquant de voir le public encourager la séance d’échauffement qui plus est pour des lanceuses de disque», ajoutait Suzy Powell. Si aucun record du monde n’est tombé, la compétition a tout de même offert son lot de suspense, de polémique, de meilleures performances mondiales de la saison et de surprises. La finale de la longueur dames a tenu le stade en haleine. De ses deux premiers essais manqués à son saut à 7,02 m, Marion Jones a fait trembler ses supporteurs, ceux qui comptent sur elle pour réussir l’exploit sans précédent de cinq médailles d’or à Sydney. À 24 ans, la championne de Raleigh a montré un mental extraordinaire. Certes, sa technique n’a toujours pas convaincu mais sa réaction de Sacramento laisse penser qu’elle peut rééditer cette performance à Sydney. Reste à ne pas commettre de faux pas sur la dernière marche, celle du 200 m prévue le week-end. Entre les provocations verbales de Maurice Greene et les commentaires de Michael Johnson dans la presse, les deux hommes les plus rapides au monde ont pimenté la future bataille du 200 m. «Je suis venu pour m’offrir Michael Johnson», lançait Greene après son sacre du 100 m, synonyme de première expérience olympique. «Maurice a dit que son objectif était les Jeux et, une fois battu, il dira que ce n’est pas grave car il s’est qualifié», rétorquait Johnson, en quête d’un nouveau doublé 200-400 m comme à Atlanta. Surprises et performances Bien qu’intouchable, Johnson a épousseté les tablettes mondiales de la saison en complétant son tour de piste en 43 sec 68. Plus surprenant fut le jet à 22,12 m d’Adam Nelson pour réaliser le meilleure lancer de poids 2000 ainsi que les 53 sec 33 permettant à Sandra Glover de s’installer au sommet de la hiérarchie mondiale du 400 m haies. À l’image des précédentes éditions, les trials ont réservé leur part de surprises. La première victime fut Jeff Hartwig à la perche, leader mondial de la saison (6,03 m), qui a calé trois fois à 5,55 m. Il y eut ensuite John Godina, double champion du monde et vice-champion olympique du poids, qui terminait à la plus mauvaise place, la quatrième. Et Gail Devers, cinquième du 100 m et donc privée d’une tentative historique de troisième titre olympique consécutif. Mais contrairement à Hartwig, Godina et Devers pouvaient encore logiquement décrocher un billet pour Sydney durant la seconde partie, de jeudi à dimanche, le premier au disque et la seconde sur 100 m haies dont elle détient le meilleur chrono de la saison (12’’47).
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