L’inflation refait doucement surface aux États-Unis, mais sans inquiéter outre mesure les économistes qui l’expliquaient hier largement par la flambée des prix du pétrole. L’inflation a progressé de 0,6 % en juin par rapport au mois précédent. La hausse générale des prix sur un an est de 3,7 %, selon les chiffres du département du Travail. «On s’attendait à ce que l’indice des prix à la consommation bondisse en juin en raison des prix de l’énergie», a noté David Orr, chef économiste de la banque First Union. De fait, le gouvernement américain a indiqué que les prix de l’énergie comptaient pour les trois quarts dans l’inflation en juin avec notamment un bond de 8,8 % du prix de l’essence et de 7,8 % du gaz naturel. Sur les six premiers mois de l’année, l’inflation progresse à un rythme annuel de 4,2 % alors que ce rythme était de seulement 2,2 % l’an dernier à pareille époque. Bruce Steinberg, chef économiste de Merrill Lynch, ne s’affole pas. «Bien que le prix du pétrole brut reste autour de 30 dollars le baril, l’Arabie séoudite semble décidée à faire baisser les prix et donc les prix de l’énergie devraient être plus bas» dans les prochains mois, a-t-il estimé. Le ralentissement de la croissance économique, après six hausses des taux d’intérêt dans les douze derniers mois, devrait favoriser un certain tassement des pressions inflationnistes. Dans ce contexte, «l’inflation va rester largement absente», a jugé Bruce Steinberg, en remarquant néanmoins qu’il est un des rares à défendre cette opinion. Ce n’est en effet pas l’avis de Henry Willmore, économiste de Barclays Capital, qui remarque que «en plus de l’importante hausse des prix des produits énergétiques, il y a toujours des signes d’une hausse progressive des prix des services». Abstraction faite des secteurs volatils de l’énergie et de l’alimentation, l’inflation progresse depuis le début de l’année à un rythme annualisé de 2,6 %, contre 1,7 % l’an dernier. Henry Willmore a relevé qu’il y a une «accélération persistante sur une longue période» des prix des services avec notamment le logement en hausse de 3,2 % sur un an et la santé avec un bond de 4,1 %. Selon lui, «cette accélération de l’inflation actuelle dans les services maintient la pression» sur la Réserve fédérale pour un nouveau relèvement des taux d’intérêt. Un sentiment qui n’est pas loin d’être partagé par David Orr, qui a estimé à 30 % les chances d’une remontée des taux de la Banque centrale américaine le 22 août lors de la réunion de son comité monétaire.
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