Les films de la semaine (américains dans leur grande majorité) posent sur la société américaine un regard critique. Que se soient les problèmes sexuels, explicités à divers degrés dabs «A Summer Place», «Beautiful Girls» ou «Don Juan de Marco», les problèmes sociaux dans «Matewan», les problèmes de société avec «Flirting With Disaster» ou «8 Seconds», la délinquance avec «Friday», tout est là pour vous renvoyer une image de l’Amérique qui n’est pas toujours conforme au rêve américain. Le seul film anglais «Hope and Glory», qui fait partie du lot de la semaine, est lui aussi très ancré dans la réalité de ce que vécurent les enfants durant la guerre. John Boorman, le célèbre réalisateur, puise largement la matière de son inspiration dans ses souvenirs personnels et, c’est très émouvant! Pour commencer la semaine: Spacecamp, une parodie de films de science-fiction. Une bande de cinq adolescents, que les MacDo n’ont pas forcément rendus intelligents, sont envoyés passer un camp de vacances au Cap Canaveral, à la Nasa. Là, par maladresse, ils déclenchent le départ d’une fusée spatiale qu’ils visitaient en compagnie de leur monitrice et les voilà propulsés dans l’espace. Il y a, dans cette aventure spatiale, un charmant robot mais malheureusement tous les effets spéciaux sont en dessous de tout ce qu’on pourrait en attendre... Diffusion lundi à 23h30 sur Future TV La fin des années 50 vit fleurir à Hollywood une série de films, adaptés de best-sellers qui se voulaient tous une dénonciation de l’hypocrisie sexuelle des Américains. Le célèbre Kingsley Report sur la vie sexuelle de l’Américain moyen avait fait beaucoup de bruit. A Summer Place de Delmer Daves appartient à cette série de films qui ne réussirent qu’à dénoncer hypocritement l’hypocrisie... ce qui peut paraître paradoxal et pourtant, en revoyant maintenant A Summer Place, on s’aperçoit à quel point le film est moralisateur et combien les situations «délicates» sont à peine effleurées. L’action se déroule au bord de la mer, dans une station estivale où la grande bourgeoisie vient passer des vacances. Deux histoires sont traitées en parallèle: la liaison adultérienne entre Dorothy McGuire et Richard Egan et l’idylle naissante entre deux teenagers, Sandra Dee et Troy Donahue. Le résultat final est un produit typiquement hollywoodien très bien photographié, avec une partition musicale de Max Steiner qui fut un triomphe. Le film aussi... Diffusion mardi à 23h30 sur Future TV Il n’y a pas grand-chose à dire, non plus, à propos de Friday de F. Gary Gray, dont la vedette, le chanteur rap, Ice Cube, est également le coscénariste et le coproducteur. Cela fait beaucoup de choses, pour nous raconter quoi? L’errance d’un jeune Noir au chômage avec un copain dans les rues de la banlieue-sud de Los Angeles. En fait, il ne se produit pas grand-chose, sinon que le film permet à Ice Cube de faire preuve d’un humour que l’on n’avait pas perçu auparavant dans ses prestations précédentes: Boy’s in the Hood et Trespass. Mais contrairement à ce que son titre indique, ce film n’est pas programmé pour vendredi. Diffusion mardi à minuit sur LBCI C’est une œuvre très estimable que John Boorman, le réalisateur anglais, a signée avec Hope and Glory, l’histoire d’une famille anglaise durant la guerre. Pour filmer cette chronique d’une drôle de guerre vue à hauteur de petit garçon, le cinéaste a abondamment puisé dans ses souvenirs, et le scénario colle superbement au jeu sélectif de la mémoire qui nous restitue souvent l’enfance sous la forme d’un puzzle d’images fortes, drôles ou tristes. Surtout lorsque, comme ici, l’enfance est liée à un événement aussi marquant qu’une guerre qui fut – pour l’enfant Boorman comme pour la classe dont il est issu – une aubaine. Pour cette petite bourgoisie sans passé, qui ne trouvait pas sa place dans la société, la guerre était un facteur d’égalisation, donnant à tous le même sort et le même espoir. Pour l’enfant, c’est une fête permanente, un peu incohérente parce qu’il n’a des actions des adultes qu’un écho déformé: les Allemands, qu’est-ce donc sinon la confiture que rapporte le père en permission ou le parachutiste qui fait de l’œil à la coquette sœur aînée? Et même la maison qui brûle, ce n’est pas triste, à part peut-être pour les soldats de plomb fondus. La tragédie n’est pas absente, mais comme toujours court-circuitée par le regard de Bill, qui capte ce que ces journées de guerre ont de plus intime, de plus tendre, de plus insolite, et qui nous est révélée par une mise en scène modestement organisée du point de vue de l’enfant. Le jeu des adultes est également guidé par la façon dont leur comportement est perçu par Bill – très sensible, entre autres, à l’omniprésence hystérique des femmes dans un monde où des hommes fuyants ne font que des apparitions épisodiques. L’atmosphère de l’époque est restituée sans coquetterie ni luxe superflu; Boorman domine totalement cet aspect de son film pour travailler à son aise la représentation d’une réalité que la mémoire mue parfois en rêve. Diffusion mercredi à 23h30 sur Future TV Un brin nostalgique, un brin satirique, Beautiful Girls de Ted Demme offre à de jeunes acteurs (certains ont gagné en popularité depuis!) l’occasion de déployer tout leur talent. En tête d’affiche, Timothy Hutton et Matt Dillon. Le premier, à la veille d’épouser sa petite amie, décide de revenir dans sa petite ville natale et de retrouver ses copains. Il va découvrir que la vie n’a pas beaucoup changé pour ceux qui sont restés là-bas, et qu’ils ont la même approche vis-à-vis des problèmes et des filles... C’est une belle tranche de vie qui nous est proposée, observée avec réalisme et sincérité et qui dit des choses essentielles sur le temps qui passe, les préjugés et les habitudes. Parmi les visages qui traversent le film et que nous connaissons depuis Lauren Holly, Uma Thurman et Mia Sorvino mais surtout la jeune Natalie Portman qui est tout à fait remarquable dans le personnage de la fillette. Depuis, elle s’est pleinement épanouie avec le dernier volet de Star Wars. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Huit secondes... c’est le temps imparti pour mériter le titre de champion de rodéo. Durant huit secondes, le cavalier d’un cheval sauvage ou d’un taureau doit pouvoir tenir sans être jeté à terre. C’est donc un film sur le monde du rodéo que John G. Avildsen a réalisé sous le titre on ne peut plus explicite de 8 Seconds. Le metteur en scène de Rocky s’est inspiré de l’histoire authentique du champion Linden Ashby, une figure légendaire dans ce monde-là, si typiquement américain. Luke Perry et Cythia Geray incarnent avec un naturel étonnant le couple Ashby et donnent au film une véritable dimension humaine. Mais malgré toutes les prouesses techniques d’Avildsen derrière la caméra – il en fait souvent trop et inutilement – la vie de tous les jours des «fous» du rodéo a été déjà restituée à l’écran avec beaucoup plus de vérité dans The Lusty Men de Nicholas Ray ou dans Junior Bonner de Sam Peckinpah. À noter que René Zellweger y faisant ses premiers pas au cinéma: c’était en 1994. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Un enfant adopté, devenu adulte, décide de partir à la recherche de ses vrais parents. Tel est le point de départ de Flirting With Disaster de David O’Russell. Ben Stiller incarne l’enfant en question. Adulte et père d’un enfant, il s’embarque avec sa femme et un étudiant diplômé en psychologie pour un voyage à travers le pays qui va le conduire de désastre en désastre. Cette comédie, qui sort résolument des sentiers battus, ne tient pas toutes ses promesses mais comporte plus d’une surprise en cours de route pour le spectateur et notamment celle de découvrir des acteurs (et non des moindres!) dans des emplois totalement inattendus. Mary Tyler Moore et George Segal incarnent un étonnant couple de juifs tandis que Alan Alda et Lilly Tomlin sont désopilants en «retardés» de l’époque des hippies... Et le regard que pose le réalisateur sur la société américaine contemporaine est d’une grande sincérité: vous en serez certainement étonnés! Diffusion vendredi à minuit sur LBCI C’est presque un documentaire, tellement le récit est empreint de réalisme et la réalisation d’une sobre efficacité que John Sayles nous propose avec Matewan. Matewan est le nom d’une petite ville minière en Virginie, qui connut en 1920 une forte agitation en raison des conditions déplorables de la vie des mineurs. Une agitation qui se termina dans le sang, avant que l’union des travailleurs ne prenne en main le sort des mineurs... Cette histoire véridique, basée sur des événements historiques, ne recherche à aucun moment les effets faciles, le metteur en scène (il apparaît d’ailleurs brièvement dans le rôle d’un prédicateur) ayant pris soin que chaque détail sonne juste, aussi bien dans la reconstitution de l’époque que dans l’interprétation dans laquelle se détache, comme toujours, le grand acteur noir James Earl Jones. La photographie de Haskell Wexler mérite tous les éloges. Il est amusant de relever que quelques-unes des chansons des travailleurs ont été composées par le réalisateur John Sayles. Diffusion vendredi à minuit sur Future TV La présence de Marlon Brando face à Johnny Depp a de quoi réjouir tous les cinéphiles, d’autant plus qu’entre eux il y a Faye Dunaway. Le film s’intitule Don Juan de Marco et il a été réalisé par Jeremy Leven. Une savoureuse satire de la psychiatrie! Le visage masqué, vêtu d’une cape et l’épée au côté, un doux dingue de 21 ans se prend pour don Juan, le plus grand des amants du monde. Mais la femme qu’il aime l’a rejeté et il veut se précipiter dans le vide du haut d’un immeuble. Appelé par la police, Jack Mickler, un psychiatre près de la retraite, rejoint le désespéré sur le toit. Il le dissuade de se tuer et l’emmène avec lui pour le mettre en observation dans sa clinique. Peut-être fou mais pas idiot, le jeune homme propose au médecin un marché. Il va lui raconter son histoire. À la fin, soit il l’aura persuadé qu’il est bien don Juan et Mickler le laissera sortir, soit il ne le croira pas et, dans ce cas, il restera interné. Mickler accepte sans se douter que cela va bouleverser sa vie. Au cours des séances, don Juan parle avec lyrisme de son enfance, des femmes et de l’amour. Ses paroles émeuvent Mickler qui retrouve une jeunesse d’esprit et une ardeur sexuelle qui ravissent son épouse. Diffusion samedi à minuit sur LBCI
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