Fidji Les rebelles brandissent la menace de nouveaux troubles (photo)
le 17 juillet 2000 à 00h00
Les rebelles fidjiens qui ont retenu pendant deux mois le Premier ministre déposé Mahendra Chaudhry ont brandi, hier dimanche, la menace de nouveaux troubles si la composition du nouveau gouvernement, qui doit être annoncée la semaine prochaine, ne correspond pas à leurs exigences. Jo Nata, porte-parole des rebelles, a prévenu que les nationalistes pourraient intensifier leurs opérations en occupant des infrastructures-clef et en bloquant des routes. «Nous sommes allés trop loin pour faire des compromis et nous pourrions ne pas être capables de contrôler nos partisans» si le gouvernement ne correspond pas à nos vœux, a poursuivi le porte-parole. Les rebelles affirment défendre les droits de la population indigène et réclament le retrait de tout pouvoir politique aux Fidjiens d’origine indienne, comme Chaudhry. Après des semaines de tensions, les militaires ont accédé le week-end dernier à la plupart des revendications des rebelles dirigés par George Speight, ce qui a permis la libération de Chaudhry et de 17 autres otages après 56 jours de captivité. M. Chaudhry a réclamé le rétablissement de son gouvernement, faute de quoi, a-t-il dit, les Fidji cèderaient à un acte d’anarchie. Mais M. Nata a affirmé que ce serait impossible maintenant que la Constitution multiraciale qui a permis l’élection de M. Chaudhry soit abrogée. «Outre que leur rétablissement est impossible, le peuple indigène des Fidji n’accepterait pas leur rétablissement, a-t-il assuré. Chaudhry devrait s’estimer heureux de s’en être sorti sans dommage (...) Il devrait être reconnaissant». La composition d’un nouveau gouvernement civil devrait être annoncée la semaine prochaine par le président Ratu Josefo Iloilo, qui a l’aval des rebelles. Les rebelles refusent en revanche le maintien en place de Laisenia Qarase, Premier ministre par intérim nommé par les militaires. Ils exigent que le poste aille à Ratu Epeli Kanaimawi, leur candidat. Le bruit avait couru que le nouveau gouvernement pourrait comporter deux personnalités d’origine indienne, mais les rebelles affirment que c’est «totalement inacceptable». Les États-Unis, par la voix du secrétaire à la Défense William Cohen interrogé par la chaîne de télévision australienne Channel Nine, ont déclaré qu’ils attendaient de l’Australie qu’elle prenne la tête des initiatives visant à rétablir la démocratie aux Fidji. Samedi, les militaires fidjiens ont prolongé l’état d’urgence de deux semaines invoquant un grand nombre d’armes volées par les rebelles. La Constitution de 1997 qui garantissait l’égalité entre les différentes communautés raciales du pays a été abolie et doit être remplacée par un système d’apartheid dans lequel les Fidjiens de souche vont s’approprier tous les pouvoirs politiques aux dépens des minorités. Cette évolution risque d’entraîner les foudres de la communauté internationale qui a menacé cette semaine d’imposer des sanctions. Les violences et la discrimination contre les habitants d’origine indienne, qui représentent plus de 40 % des quelque 800 000 habitants de l’archipel et qui contrôlent la plus grande partie du commerce, se poursuivent. Plusieurs postes de police sont toujours occupés, ainsi que des installations touristiques, par des manifestants qui avancent des revendications immobilières. En outre les partisans de Speight ont installé des barrages sur les routes et contrôlent la seule centrale électrique de Fidji qui est toujours fermée.
Les rebelles fidjiens qui ont retenu pendant deux mois le Premier ministre déposé Mahendra Chaudhry ont brandi, hier dimanche, la menace de nouveaux troubles si la composition du nouveau gouvernement, qui doit être annoncée la semaine prochaine, ne correspond pas à leurs exigences. Jo Nata, porte-parole des rebelles, a prévenu que les nationalistes pourraient intensifier leurs opérations en occupant des infrastructures-clef et en bloquant des routes. «Nous sommes allés trop loin pour faire des compromis et nous pourrions ne pas être capables de contrôler nos partisans» si le gouvernement ne correspond pas à nos vœux, a poursuivi le porte-parole. Les rebelles affirment défendre les droits de la population indigène et réclament le retrait de tout pouvoir politique aux Fidjiens d’origine indienne, comme Chaudhry. Après...
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