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Actualités - Chronologie

Chirac se pose en éclaireur face au gouvernement Jospin (photo)

Jacques Chirac s’est posé hier en «éclaireur» face au gouvernement de Lionel Jospin dont il a critiqué l’action dans une période de croissance qui, selon lui, devrait permettre d’engager des réformes plus audacieuses. Alors que le Premier ministre oppose constamment le travail de son équipe à un président de la République cantonné dans un ministère de la parole, le chef de l’État a fait valoir qu’il n’était pas «un arbitre» mais «un acteur» de la vie politique. Dans une interview de 55 minutes, exercice traditionnel du 14 juillet, il a estimé qu’il lui revenait de «dire aux Français qui l’ont élu comment il voit les choses, comment il anticipe l’avenir», «dans le respect des règles de la cohabitation». Jacques Chirac était attendu sur le dossier corse, après l’adoption par l’assemblée territoriale de l’île d’une résolution réclamant l’octroi d’un «pouvoir législatif encadré». S’il a approuvé la décision du gouvernement d’engager la dialogue avec les élus corses, il a réservé son avis sur les décisions qui seront prises, plaçant chacun devant «sa responsabilité dans le respect de l’unité de la République». Il a affirmé sa conviction que «la très grande majorité des Corses veulent rester Français» et exclu fermement toute possibilité d’amnistie pour les assassins du préfet Erignac : «Cela manque de décence d’évoquer ce genre de problème alors même que l’assassin du préfet court encore». Autre dossier sensible, la mairie de Paris. Le chef de l’État s’est efforcé de dégager sa responsabilité dans les affaires qui éclaboussent son successeur RPR Jean Tiberi. S’agissant des faux électeurs, il a tracé les lignes de responsabilité : si la justice apporte la preuve qu’il y a eu fraude, c’est «inacceptable», a-t-il dit, en faisant valoir qu’à l’époque où il était maire de Paris, il ne pouvait pas être «en permanence derrière chacun des élus parisiens ou des fonctionnaires» pour s’assurer qu’aucune irrégularité n’était commise. Affirmant ne pas vouloir s’ingérer dans les élections municipales qui voient s’affronter à Paris Jean Tiberi et le candidat officiel du RPR Philippe Séguin, Jacques Chirac a paru donner un coup de pouce à ce dernier en insistant sur le prestige «national et international» de la capitale. Il a pointé les réformes sur lesquelles le gouvernement est attendu : «La délinquance s’installe et se banalise», les retraites «inquiètent tous les Français», «la fracture sociale ne se réduit pas» et «le nombre des allocataires du RMI ne fait qu’augmenter». Le président a mis le doigt sur «une situation curieuse» : «Nous sommes dans une période de croissance forte et le pouvoir d’achat n’augmente pas». À ses yeux, cette situation est le fait d’un excès de réglementation imputable à la gauche qui, sur les 35 heures, a fait voter une loi contraignante au lieu de privilégier le dialogue entre les partenaires sociaux. Il a apporté son appui à la réforme de l’assurance, chômage. Le Plan d’aide au retour à l’emploi (PARE) est «une évolution moderne» et c’est pourquoi «certains ont du mal à l’approuver», a-t-il observé, faisant allusion aux réticences gouvernementales. Entre les choix du gouvernement et les siens «le peuple jugera le moment venu», a dit Jacques Chirac pour qui il n’est pas encore temps d’annoncer sa candidature en 2002.
Jacques Chirac s’est posé hier en «éclaireur» face au gouvernement de Lionel Jospin dont il a critiqué l’action dans une période de croissance qui, selon lui, devrait permettre d’engager des réformes plus audacieuses. Alors que le Premier ministre oppose constamment le travail de son équipe à un président de la République cantonné dans un ministère de la parole, le chef de l’État a fait valoir qu’il n’était pas «un arbitre» mais «un acteur» de la vie politique. Dans une interview de 55 minutes, exercice traditionnel du 14 juillet, il a estimé qu’il lui revenait de «dire aux Français qui l’ont élu comment il voit les choses, comment il anticipe l’avenir», «dans le respect des règles de la cohabitation». Jacques Chirac était attendu sur le dossier corse, après l’adoption par l’assemblée...