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Actualités - Chronologie

Calais, porte de la terre promise britannique

Calais, principal point de transit entre l’Europe continentale et l’Angleterre, est aussi le principal lieu de passage pour les clandestins cherchant à gagner la Grande-Bretagne, en dépit des efforts de la police et de la justice françaises pour mettre fin à l’activité des passeurs. Le problème est ancien mais s’est aggravé au cours des dernières années, la Grande-Bretagne apparaissant comme une terre promise à des centaines de milliers de personnes déplacées par la misère, les guerres ou les persécutions. L’afflux a été particulièrement important lors des guerres de Bosnie et du Kosovo, mais nombre d’Irakiens, d’Afghans et d’autres asiatiques cherchent aussi un passage vers Douvres, qu’ils voient comme la porte du paradis. Depuis plusieurs mois, en partie en raison des appels au secours du gouvernement britannique, l’administration, la police et la justice françaises ont accentué leurs efforts pour tenter d’enrayer le trafic. Elles se sont attaquées principalement aux passeurs, qui trouvent dans le malheur des réfugiés une source substantielle de revenus. Ces efforts sont réels. Le consul-général du Royaume-Uni à Lille, Monica Harper, l’a encore souligné la semaine dernière lors de la célébration de l’anniversaire de la reine. Et l’activité du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer le confirme. Quelques condamnations de ce tribunal depuis le début juin : quatre à douze mois de prison pour trois Turcs qui, pour 500 livres (5 000 francs français) par tête, avaient embarqué neuf de leurs compatriotes devant un cash and carry, un de ces magasins où les Britanniques viennent remplir leur voiture ou leur camionnette de bière et d’alcools, destinés bien sûr à leur consommation personnelle... Neuf mois pour un Turc vivant en Belgique dont le camion transportait seize clandestins. Les transporteurs ont une règle : affirmer que les clandestins sont montés à leur insu dans leur véhicule. C’est parfois vrai car il existe, non seulement dans le Calaisis mais le long des autoroutes qui mènent à Calais, des passeurs experts dans l’art de faire monter quelques personnes à bord d’un poids lourd dont le chauffeur se repose. Tâche surhumaine Mais il est difficile de croire que tous les conducteurs de poids lourds transportant des clandestins ignorent la nature de leur chargement. De même pour l’histoire de Louise et Darren, deux Anglais interpellés début juin à Calais et affirmant qu’ils ignoraient totalement la présence de quatorze clandestins turcs découverts dans leur camionnette, derrière un chargement de bière. La tâche est surhumaine. Plus de 3,3 millions de poids lourds ont transité par Calais en 1999, par le tunnel sous la Manche ou les transbordeurs. Il faut y ajouter les camionnettes et les camping-cars, sans oublier les voitures particulières, qui permettent parfois le passage d’une ou deux personnes dissimulées dans le coffre. Lourde pression La pression est encore plus lourde à Douvres, qui reçoit non seulement le trafic de Calais mais aussi les ferries venant de Dunkerque, d’Ostende et de Zeebrugge. Mais, tous les jours, quelque 600 clandestins, que la France ne peut expulser, se retrouvent au centre établi pour eux par la Croix-Rouge à Sangatte, près de Calais. Ils y sont logés et nourris mais n’ont qu’un seul espoir : franchir le détroit. Leur espoir est souvent déçu. Et certains d’entre eux, victimes d’une erreur ou d’un passeur particulièrement malhonnête, se retrouveront à bord d’un camion venant d’Angleterre et partant pour l’Italie, l’Allemagne ou ailleurs. Après quelques kilomètres, ils s’apercevront que tout est à recommencer.
Calais, principal point de transit entre l’Europe continentale et l’Angleterre, est aussi le principal lieu de passage pour les clandestins cherchant à gagner la Grande-Bretagne, en dépit des efforts de la police et de la justice françaises pour mettre fin à l’activité des passeurs. Le problème est ancien mais s’est aggravé au cours des dernières années, la Grande-Bretagne apparaissant comme une terre promise à des centaines de milliers de personnes déplacées par la misère, les guerres ou les persécutions. L’afflux a été particulièrement important lors des guerres de Bosnie et du Kosovo, mais nombre d’Irakiens, d’Afghans et d’autres asiatiques cherchent aussi un passage vers Douvres, qu’ils voient comme la porte du paradis. Depuis plusieurs mois, en partie en raison des appels au secours du...