Le verdict concernant 13 juifs et quatre musulmans accusés d’espionnage au profit d’Israël doit être prononcé aujourd’hui à Chiraz (sud) au terme de deux mois de procès sur fond de vive controverse. La peine de mort à l’encontre des accusés, qui avait suscité l’inquiétude de la communauté internationale et celle de la communauté juive iranienne (35 000 personnes), semble exclue même si le doute n’a pas complètement été levé. «Les prévenus sont accusés seulement d’actions contre la sécurité nationale», et l’accusation d’être «mohareb» (c’est-à-dire de faire «la guerre à Dieu et à la nation»), passible de mort en Iran, a été «levée» depuis le début du procès, avait indiqué le chef et porte-parole de la justice à Chiraz, M. Hossein-Ali Amiri. Selon l’article 508 du «code des sanctions islamiques», en vigueur depuis 1996, toute personne ou groupe qui ne serait pas reconnu comme «mohareb» est passible de un à dix ans de prison pour «collaboration avec un État étranger». Pourtant, cette assurance contredisait une déclaration ambiguë dimanche du procureur général de la République islamique, l’ayatollah Morteza Moghtadaï, qui avait laissé entendre que la peine de mort à l’encontre des accusés n’était pas exclue. «Ils ont été reconnus coupables d’espionnage au profit d’Israël et, conformément à la loi, ils peuvent être condamnés à mort ou à des peines de prison», avait déclaré l’ayatollah Moghtadaï, cité par l’agence Irna. Ouvert le 13 avril, le procès a donné lieu à dix audiences, toutes à huis clos, devant le Tribunal révolutionnaire de Chiraz. Ce procès, le premier du genre à être organisé en Iran, avait suscité une vive controverse lorsque huit des treize accusés de confession juive s’étaient livrés à des «aveux» spectaculaires devant des caméras de la télévision iranienne, alors même que la défense venait à peine de prendre connaissance du dossier de ses clients. Les avocats de la défense ont plaidé l’acquittement axant leur défense sur le fait que l’aveu n’était pas corroboré par des preuves matérielles, enjoignant dès le début de procès le Tribunal à apporter les preuves des accusations portées. Le porte-parole de la défense, Me Ismaïl Nasseri, a aussi contesté la manière dont le verdict devait être rendu, lors d’une conférence de presse. «Nous ne sommes pas d’accord que le verdict soit annoncé devant la presse car peut-être que les prévenus veulent protester et faire appel», a indiqué Me Nasseri. Les pays européens ont marqué l’importance qu’ils attachaient à un procès «équitable», et au verdict dans leurs relations avec Téhéran. L’Iran a donné à plusieurs reprises des garanties, mais a rejeté les «ingérences» dans le fonctionnement de sa justice, contrôlée par le courant conservateur. La justice reste saisie du dossier de quatre autres Iraniens musulmans qui font l’objet de la même accusation d’espionnage au profit d’Israël, avait indiqué M. Amiri, qui a été tout au long du procès porte-parole de la justice mais aussi représentant du ministère public.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le verdict concernant 13 juifs et quatre musulmans accusés d’espionnage au profit d’Israël doit être prononcé aujourd’hui à Chiraz (sud) au terme de deux mois de procès sur fond de vive controverse. La peine de mort à l’encontre des accusés, qui avait suscité l’inquiétude de la communauté internationale et celle de la communauté juive iranienne (35 000 personnes), semble exclue même si le doute n’a pas complètement été levé. «Les prévenus sont accusés seulement d’actions contre la sécurité nationale», et l’accusation d’être «mohareb» (c’est-à-dire de faire «la guerre à Dieu et à la nation»), passible de mort en Iran, a été «levée» depuis le début du procès, avait indiqué le chef et porte-parole de la justice à Chiraz, M. Hossein-Ali Amiri. Selon l’article 508 du «code des...