Le marché libanais des changes a connu une semaine très calme et dépourvue d’initiatives en dehors des besoins courants des opérateurs aussi bien en livres libanaises qu’en devises étrangères. L’attente fébrile de l’élimination des violations israéliennes de la frontière internationale avec le Liban telle que définie provisoirement par les Nations unies semble expliquer ce climat d’expectative régnant sur le marché. Cela d’autant que cette élimination des violations est considérée comme étant une condition sine qua non pour le déploiement des forces internationales et libanaises dans les territoires évacués par les troupes israéliennes, ainsi que pour la tenue d’une réunion des «pays donateurs» destinée à aider le Liban à la reconstruction et au développement de ses régions libérées au Sud et dans la Békaa-Ouest. Dans cette attente, les agents financiers se sont contentés toute la semaine d’expédier leurs affaires courantes avec l’apparition d’une certaine tendance aux placements en bons du Trésor libanais sous le rapport de leur rentabilité assez élevée en comparaison avec le dollar notamment. Ce phénomène est venu donc étoffer, par moments, la demande en livre libanaise face au billet vert quoique dans des volumes très minces et en présence toujours de la Banque du Liban (BDL) sur le marché. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire clôturer le dollar régulièrement tous les jours, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar pour le compte de leur clientèle à des cours supérieurs à ce taux indicatif mais inférieurs au haut de la fourchette d’intervention de la BDL en raison de la présence toujours d’une contrepartie valable à la vente de cette monnaie en dehors d’elle. En effet, il a dû fluctuer toute la semaine dans une marge comprise entre 1 508,50 et 1 512,50 LL avant d’achever cette période hier, entre 1 508,75 et 1 509,75 LL contre 1 507,00 et 1 508,00 LL à la fin de la semaine dernière, en légère hausse de 0,12 % en moyenne. Mais compte tenu du climat d’expectative régnant sur le pays et de la réticence des opérateurs à l’offre comme à la demande en devises, le volume d’affaires sur toute la semaine ne devait pas dépasser quelque 35 millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. Le repli du dollar a ravivé l’euro cette semaine À l’étranger, le repli du dollar a permis à l’euro de reprendre des couleurs cette semaine sur les marchés des changes internationaux, profitant de la bonne tenue de la croissance économique européenne, alors que les États-Unis montrent des signes d’essoufflement, justifiant le statu quo monétaire adopté mercredi dernier par la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Les investisseurs l’avaient pourtant déjà largement anticipé, mais la décision de la Fed de ne pas relever le coût du crédit aux États-Unis (maintenu inchangé à 6,50 %) les a incités à alléger leurs portefeuilles en dollar pour racheter un peu d’euro. Ce dernier a remonté ainsi la pente vers le seuil de 0,96 dollar sans parvenir pour autant à l’enfoncer. La poursuite de la croissance en France, illustrée par la baisse du taux de chômage à 9,8 % de la population active, au plus bas depuis 8 ans, conjuguée aux signes de pressions inflationnistes dans le reste de l’Europe ont alimenté les spéculations du marché concernant la nécessité de resserrer le coût du crédit en Europe dans les mois à venir. Par ailleurs, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d’adopter une politique de refinancement à taux variable devait également être favorable à l’euro d’après les analystes. Et ce, alors que le marché table à l’inverse sur la fin du cycle de hausse des taux aux États-Unis. Notamment après la publication cette semaine de chiffres soulignant le déclin du marché de l’immobilier américain. À cet égard, les analystes observaient que la hausse de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis au premier trimestre de 5,5 % a été effacée par le repli de 0,2 % des ventes de logements neufs en mai après 8,6 % en avril. Quant au yen, il s’est montré en forme face au dollar pendant une grande partie de la semaine avant de se replier sur des prises de bénéfices à la veille du week-end. Les spéculations sur un prochain abandon de la politique à taux zéro menée par la Banque du Japon avaient effacé les craintes des investisseurs en début de semaine concernant une dégradation de la note de l’agence financière européenne Fitch IBCA sur la dette du Japon. En outre, les dernières données économiques publiées au Japon restaient très mixtes, soulignant à la fois l’affaiblissement des dépenses des ménages (en baisse de 1,2 % en mai) et une amélioration du marché de l’emploi (avec un recul du taux de chômage à 4,6 % en mai contre 4,8 % en avril). Pourtant, certains analystes continuaient de tabler sur une amélioration du climat des affaires au Japon en attendant la publication mardi prochain du rapport trimestriel Tankan réalisé par la Banque du Japon. Pour ce qui est de la livre sterling, elle est parvenue à repasser au-dessus du seuil de 1,50 dollar, sous lequel elle était tombée en début de semaine, en profitant des avancées de l’euro. Certains analystes notaient à cet égard que le couple euro-sterling marchait main dans la main face au dollar, profitant d’une réduction de l’écart de taux entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Ce rebond pourrait néanmoins être de courte durée, alors que les probabilités d’un nouveau resserrement du coût du crédit aux États-Unis sont plus grandes qu’au Royaume-Uni. Cela étant, le dollar s’est finalement négocié hier, à New York, sur un ton faible face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen, comme suit : – 0,9538 pour un euro contre 0,9360, vendredi dernier – 1,5170 pour un sterling contre 1,5010 – 2,0505 DM contre 2,0895 – 6,8775 FF contre 7,0085 – 1,6335 FS contre 1,6580 – 2 030,05 lires contre 2 068,65 – 105,85 yens contre 104,75. Semaine boursière : volatilité et incertitudes Sur les places boursières internationales, les marchés boursiers américains ne semblaient guère rassurés par la décision de la Fed mercredi dernier de maintenir inchangés ses taux, surtout après l’avertissement lancé sur la persistance de pressions inflationnistes aux États-Unis. De ce fait, les investisseurs ont estimé devoir rester sur la défensive à la veille de la publication vendredi prochain des chiffres sur le chômage américain en juin, surtout que les valorisations actuelles sur les marchés boursiers reflètent d’au moins un nouveau resserrement des taux américains pour le reste de l’année. Pourtant, après ce statu quo monétaire observé cette semaine par la Fed, le débat est passé d’interrogations sur le relèvement des taux américains à des interrogations sur les résultats des sociétés qui battront leur plein au courant de ce mois, alors que les perspectives de croissance semblent moins brillantes qu’espéré. Dans cette attente, et dans la crainte que tout resserrement monétaire aux États-Unis finira par plonger l’économie américaine en récession, la Bourse électronique Nasdaq et Wall Street se sont montrées volatiles et incertaines, ce qui n’a pas tardé à peser sur les marchés des actions surtout traditionnelles. En effet, le Nasdaq est parvenu à prendre un peu de couleur au-dessus du seuil des 3 900 points, contrairement à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui est tombé d’une huitaine à l’autre de 10 404,75 points vendredi dernier, à 10 354,55 points en préclôture hier, marquant une baisse de 0,48 % en moyenne. Sur les places européennes, malgré l’embellie observée hier grâce à la vigueur des valeurs de la haute technologie, la semaine s’est soldée par des pertes dans le sillage de Wall Street. Les craintes relatives à l’orientation des taux d’intérêt dans la zone euro, à la lumière des opérations de refinancement de la BCE, qui se sont soldées par un certain renchérissement du crédit, semblent expliquer cet accès de faiblesse des grandes Bourses européennes. Cela étant, l’indice Footsie de la Bourse de Londres a dû achever la semaine, hier, en baisse de 1,23 % à 6 312,70 points contre 6 391,50 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a abandonné 1,50 % à 6 446,54 points contre 6 544,99 points et l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort qui a perdu 1,18 % à 6 898,21 points contre 6 980,41 points pendant la même période. Pour ce qui est la Bourse de Tokyo, elle devrait s’afficher à la hausse la semaine prochaine, alors que la Banque centrale japonaise publiera son enquête «Tankan» sur la confiance des entrepreneurs qui devrait laisser entrevoir des perspectives économiques radieuses, selon les courtiers. «Il y a de bonnes chances pour que l’indice Nikkei atteigne les 18 000 points en juillet», a pronostiqué le chef-stratégiste d’Okasan Securities, Tetsuya Ishijima. L’enquête Tankan devrait montrer une amélioration du moral des entreprises pour le sixième trimestre consécutif. «Les estimations de la Banque centrale japonaise pour l’enquête Tankan font état d’un indice -5 (pour les gros industriels), mais certains espèrent qu’il soit même positif», a expliqué M. Ishijima. Au cours de la semaine passée, l’indice de référence Nikkei-225 de la Bourse de Tokyo a gagné 447,84 points, soit 2,6 %, pour clôturer vendredi à 17 411,05. L’indice Topix a progressé pour sa part de 34,0 points à 1 591,60. Le volume d’échanges moyen quotidien était de 721,9 millions d’actions pour 746,5 milliards de yens (7,1 mds USD), à comparer avec les 646 millions d’actions et les 762,2 mds de yens de la semaine précédente. Les valeurs du milieu médical et pharmaceutique ont bien profité de l’annonce sensationnelle de la semaine dernière concernant le décodage quasi complet du génome humain.
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