Les syriens abasourdis, Damas calme, les boutiques fermées
le 11 juin 2000 à 00h00
Les Syriens ont appris avec stupéfaction hier la disparition du président Hafez el-Assad, qui a dirigé leur pays pendant près de trente ans et dont le nom est inextricablement lié au destin de la Syrie du dernier tiers du XXe siècle. De nombreuses boutiques sont restées fermées et des habitants de Damas ont suspendu des banderoles noires aux fenêtres de leurs appartements en signe de deuil. Le calme prévalait dans les rues de Damas où l’on ne signalait aucune présence militaire inhabituelle après l’annonce du décès du chef de l’État par la télévision nationale. Toutes les voies menant au Parlement ont été bouclées pendant que les députés tenaient une séance extraordinaire pour amender la Constitution afin de permettre au fils d’Assad, Bachar, de succéder à son père bien qu’il n’ait que 34 ans. La Constitution, jusqu’à hier matin, prévoyait qu’on ne peut devenir président en Syrie qu’à partir de l’âge de 40 ans. Sur les places et dans les rues de la capitale, de petits groupes se sont formés. Nombre d’habitants avaient les yeux en larmes. «Je ne peux pas y croire. Le président était tout pour nous. Il a fait connaître notre nom, le nom de la Syrie dans le monde entier ! déclarait un enseignant. Nous le respections et l’aimions, et son souvenir restera vivant en nous à jamais». «Je suis complètement abasourdie. Le président Assad représentait la fierté des Arabes, l’honneur des Arabes. Il n’a pas capitulé face aux Israéliens, malgré toutes les pressions et les menaces. Il est mort pareil à un grand arbre qui n’a jamais ployé», a estimé une peintre. Pour un chauffeur de taxi, Assad était le dernier leader du monde arabe à ne pas avoir dit «oui» à Israël. Un haut responsable de l’administration syrienne a estimé sous le couvert de l’anonymat que Bachar, appelé à succéder à son père, incarnait les aspirations de la nouvelle génération de Syriens et serait un bon dirigeant. «Le docteur Bachar a déjà fait montre de son talent et de son style, qui sont en conformité avec les changements dans le monde entier, et permettent à une Syrie forte d’entrer dans le XXIe siècle», a-t-il dit. D’après lui, Bachar, dont le seul titre officiel à l’heure actuelle est d’être directeur de la Société nationale d’informatique, va permettre l’arrivée des téléphones portables et d’Internet en Syrie, malgré la pauvreté du pays.
Les Syriens ont appris avec stupéfaction hier la disparition du président Hafez el-Assad, qui a dirigé leur pays pendant près de trente ans et dont le nom est inextricablement lié au destin de la Syrie du dernier tiers du XXe siècle. De nombreuses boutiques sont restées fermées et des habitants de Damas ont suspendu des banderoles noires aux fenêtres de leurs appartements en signe de deuil. Le calme prévalait dans les rues de Damas où l’on ne signalait aucune présence militaire inhabituelle après l’annonce du décès du chef de l’État par la télévision nationale. Toutes les voies menant au Parlement ont été bouclées pendant que les députés tenaient une séance extraordinaire pour amender la Constitution afin de permettre au fils d’Assad, Bachar, de succéder à son père bien qu’il n’ait que 34 ans. La...
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