Argentine L'économie prise en étau entre la récession et les ajustements obligatoires
le 05 juin 2000 à 00h00
L’économie argentine restera à court terme prise en étau entre la récession et la nécessité d’ajustements obligatoires, malgré les coupes budgétaires d’ampleur décidées cette semaine par le gouvernement, estiment nombre d’analystes à Buenos Aires. Le ralentissement de l’activité continuant d’assécher les rentrées fiscales, l’État a renforcé sa politique d’austérité, au risque immédiat de faire stagner encore plus la consommation et d’entraver toute reprise, selon les économistes. Le président social-démocrate Fernando de la Rua a en effet ordonné des coupes budgétaires supplémentaires de 538 millions de dollars, la suppression de 144 000 postes de fonctionnaires d’État, ainsi que les fermetures ou regroupements de différents organismes publics. «Il faudrait être très optimiste pour penser que cela va réactiver immédiatement l’économie», a déclaré Guillermo Calvo, professeur à l’Université du Maryland, qui fut le seul à prévoir la dévaluation brutale au Mexique en 94. Le gouvernement du péroniste Carlos Menem (1989-1999) a enregistré une récession grave au cours de ses 18 derniers mois au pouvoir, le PIB perdant 3 % l’an passé. L’arrivée de M. De la Rua a coïncidé avec une légère reprise mais qui s’est interrompue en avril. Le gouvernement, en échange d’un paquet de 7,3 milliards de dollars de crédits de soutien du FMI, s’était engagé à ne pas dépasser un déficit budgétaire annuel de 4,7 milliards de dollars (1,6 % du PIB). Mais la crise en cours est telle que la moitié de ce plafond a été atteinte en 4 mois, de janvier à avril 2000. Selon des statistiques tant officielles que privées, la consommation stagne, en raison des baisses de salaires dans le secteur privé, du chômage (13,8 %), du sous-emploi (14,3 %) et de «l’impuestazo», taxe imposée aux classes moyennes en février dernier. L’Argentine pratique parallèlement depuis des années une politique de changes ultraorthodoxe basée sur une stricte parité fixe un peso/un dollar US.
L’économie argentine restera à court terme prise en étau entre la récession et la nécessité d’ajustements obligatoires, malgré les coupes budgétaires d’ampleur décidées cette semaine par le gouvernement, estiment nombre d’analystes à Buenos Aires. Le ralentissement de l’activité continuant d’assécher les rentrées fiscales, l’État a renforcé sa politique d’austérité, au risque immédiat de faire stagner encore plus la consommation et d’entraver toute reprise, selon les économistes. Le président social-démocrate Fernando de la Rua a en effet ordonné des coupes budgétaires supplémentaires de 538 millions de dollars, la suppression de 144 000 postes de fonctionnaires d’État, ainsi que les fermetures ou regroupements de différents organismes publics. «Il faudrait être très optimiste pour penser...
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