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Actualités - Chronologie

Les étoffes de l'avenir La révolution des tissus intelligents(photos)

Confort et commodité, technologie et esthétique et même soins thérapeutiques et pouvoirs cicatrisants... Les tissus de l’avenir sont-ils déjà, dans certains domaines, «intelligents». Une véritable révolution a lieu dans ce domaine dont le maître-mot est de rendre les fibres capables de s’adapter aux besoins des personnes qui les portent. À l’origine de cette démarche, dont les inventions sont déjà remarquables, se trouvent des laboratoires de recherche intégrés à des groupes... pétrochimiques. Car, aujourd’hui, le renouveau ne concerne plus autant les formes, où presque tout a été dit, mais les matières. Une ère nouvelle s’ouvre à la mode où chaque étape technologique franchie fournit de nouvelles possibilités esthétiques. La microencapsulation permet la mise au point de tissus qui changent d’aspect et de couleur selon le temps, voire selon le niveau de la pollution ambiante. Grâce à l’écologie et l’engouement pour l’alimentation naturelle à base de légumes et de fruits, ce sont de nouvelles fibres végétables qui habilleront le siècle qui commence, ce qui permettra de rentabiliser les surplus agricoles... Les nouveaux tissus astucieux, pratiques, contribuant à la création de vêtements plurifonctionnels, s’opposant aux bactéries, aux ultraviolets, à la pollution ouvrent une ère nouvelle à l’univers de la création. Tout a commencé, en fait, dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Pour faire face à l’explosion démographique, on s’est mis à produire industriellement des tissus synthétiques sensiblement moins chers mais de qualité médiocre. Les chemises en nylon jaunissaient avec le temps, les pulls en acrylique se boulochaient, crissaient comme des cigales ou faisaient des étincelles quand on les enlevait. Les costumes en Tergal, bon marché, démangeaient et le tout fut longtemps boudé par les professionnels de la mode mais plébiscité par les jeunes qui, grâce au prêt-à-porter, réussissaient à s’habiller à meilleur compte. Les milieux de la mode ignoraient dédaigneusement les vulgaires produits industriels dérivant des résidus pétroliers en chantant les louanges des nobles matières d’origine animale ou végétale «pure»: soie, cachemire, lin, lambswool. Le rôle du sportswear Le premier choc pétrolier a mis un frein à la production des tissus synthétiques. Mais quand, aux années 80, on s’est aperçu à quel point les vêtements synthétiques pouvaient améliorer les performances et le confort des athlètes, ils ont été réintroduits dans le sport. Le sportswear venait de naître, il se développait enrichi d’innovations où les vêtements «adaptables» aux besoins de diverses disciplines sportives trouvaient une place de choix. De là à entrer dans les tenues des jeunes consommateurs, il n’y avait plus qu’un semblant de pas. Vestes de ski, parka «respirante», sous-vêtements thermodynamiques et autres membranes ont aidé les fibres techniques à s’installer en reines dans l’industrie vestimentaire. Même si jusqu’aujourd’hui rares sont les stylistes et les créateurs qui n’emploient pas ces miraculeuses matières, la plupart d’entre eux estiment que tout ce qui n’est pas tissu naturel, donc «noble», n’est pas digne d’intérêt. À leur décharge, il faut reconnaître que les fibres inventées ont besoin de machines spéciales pouvant les tisser sans les abîmer. Ce qui exige de lourds investissements mais aussi des industriels prêts à financer et entreprendre la production de ces équipements. Mais les problèmes ne tarderont pas à être alpanis. Les laboratoires des groupes petrochimiques utilisent toutes les techniques scientifiques pour perfectionner leurs produits. Comme le proclame Olivier Lapidus, un des fervents partisans des matières-miracles, lui-même inventeur et pionnier de leur introduction en haute couture: «À l’heure où un modèle se copie dans l’instant d’un bout à l’autre de la planète, l’innovation technologique est la seule façon de conserver une longueur d’avance. La haute couture de l’avenir sera scientifique ou ne le sera pas...» Microfibres et tissus-confort – Élaborées il y a une trentaine d’années, les microfibres (fibres synthétiques ultrafines, dont le diamètre est bien plus réduit que celui de la soie) permettent des tissages serrés, résistants et denses, formant une barrière qui laisse toutefois s’évacuer la transpiration du corps. Douces et très légères (1g pour 10 km), elles sont utilisées pour des pièces se portant à même le corps (collants, sous-vêtements, maillots, lingerie). – Un enduit à base de substances fluorées, appliqué sur tous types de tissus, fait que les liquides ne pénètrent plus à l’intérieur, pouvant être éliminés d’un coup d’éponge. – Les vêtements qui se repassent automatiquement: suspendus à leur cintre, ils se défroissent d’eux-mêmes. Ce tour de magie est réalisé grâce à un traitement à base de gaz chimique. Microencapsulation : odeurs et effets «glamour» La microencapsulation est une méthode utilisée en pharmacologie pour placer une substance active dans une membrane et la libérer peu à peu, par frottement. Le procédé permet de rendre les vêtements odorants, mais aussi de fabriquer des textiles thermochromes, c’est-à-dire dont la couleur se modifie selon la température. Certains fils réfléchissent aussi la lumière de différentes façons, créant des effets brillants, nacrés ou satinés. Les tissus qui soignent Le traitement antimicrobien s’opère soit par l’ajout d’un bactéricide, soit par l’application d’un apprêt sur l’étoffe. Plus récent, «le greffage radiochimique» bombarde la fibre par un faisceau d’électrons.
Confort et commodité, technologie et esthétique et même soins thérapeutiques et pouvoirs cicatrisants... Les tissus de l’avenir sont-ils déjà, dans certains domaines, «intelligents». Une véritable révolution a lieu dans ce domaine dont le maître-mot est de rendre les fibres capables de s’adapter aux besoins des personnes qui les portent. À l’origine de cette démarche, dont les inventions sont déjà remarquables, se trouvent des laboratoires de recherche intégrés à des groupes... pétrochimiques. Car, aujourd’hui, le renouveau ne concerne plus autant les formes, où presque tout a été dit, mais les matières. Une ère nouvelle s’ouvre à la mode où chaque étape technologique franchie fournit de nouvelles possibilités esthétiques. La microencapsulation permet la mise au point de tissus qui changent...