Exprimant sa satisfaction face au retrait israélien des régions occupées depuis 1978 au Liban-Sud et dans la Békaa-Ouest, le marché libanais des changes a manifesté depuis mercredi dernier un enthousiasme certain pour les placements en livre libanaise. Ce phénomène s’est traduit par un surcroît d’offres du dollar en l’absence d’intérêts à la demande de cette monnaie en dehors des besoins commerciaux courants du pays, contrairement à la situation qui prévalait depuis le 10 avril dernier où le billet vert était recherché en l’absence de contreparties valables à la vente. Dans ces conditions, la Banque du Liban (BDL), qui avait réussi à maintenir le dollar pendant un mois et demi au haut de sa fourchette d’intervention à 1 514,00 LL, est venue par son action cette semaine fixer les marges de ses fluctuations sans pour autant être contrainte à le vendre ou à l’acheter, laissant au mouvement de l’offre et de la demande le soin de déterminer sa tendance. En continuant ainsi à proposer le dollar à 1 514,00 LL tout en se déclarant prête à l’acheter à 1 501,00 LL, la BDL est parvenue à le faire clôturer invariablement toute cette semaine au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande du dollar, les établissements de crédit ont été amenés finalement à le négocier au-dessous du haut de la fourchette d’intervention de la BDL à des cours légèrement supérieurs à ce taux moyen indicatif. Il s’est, en effet, échangé hier entre 1 509,00 et 1 510,00 LL contre 1 513,75 et 1 514,25 LL à la fin de la semaine dernière, en baisse de 0,3 % en moyenne d’une huitaine à l’autre. Pourtant, une certaine expectative continuait à se faire sentir sur le marché dans l’attente du redéploiement des forces libanaises de l’ordre dans les régions libérées. Cela s’est donc traduit par la réticence de nombreux opérateurs à se dessaisir de leurs positions en devises au profit de la livre, procédant sur le marché par tâtonnement. De ce fait, le volume d’affaires sur toute cette semaine, d’ailleurs écourtée d’une journée jeudi en raison du chômage officiel pour «la fête de la résistance et de la libération», ne devait dépasser 45 millions de dollars dont la moitié environ vendue par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre moitié négociée par les banques de la place à l’achat et à la vente entre 1 508,00 et 1 512,00 LL. L’euro reprend confiance à la fin de la semaine À l’étranger, l’euro a repris du poil de la bête à la fin de cette semaine, profitant de tribulations des marchés des actions américains et de la chute du billet vert pour repasser au-dessus de la barre de 0,93 dollar pour la première fois depuis le 20 avril dernier, soutenu aussi par des spéculations d’intervention de la Banque centrale européenne (BCE). La BCE a refusé de commenter, hier, les rumeurs selon lesquelles elle serait intervenue pour soutenir le cours de l’euro. Nettement plus en forme que la semaine précédente, l’euro s’est d’abord maintenu au-dessus du seuil de 0,90 dollar une large partie de la semaine avant de briser hier le seuil psychologique de 0,92 dollar et passer dans la foulée celui de 0,93 dollar. La monnaie unique européenne s’est également appréciée contre le yen et le sterling, profitant de l’affaiblissement de ce dernier alors que les investisseurs doutent que la Banque d’Angleterre relève encore ses taux d’intérêt contrairement à ceux de la Réserve fédérale américaine (Fed) et même de la BCE. Les taux d’intérêt et les malheurs des Bourses américaines ont été les deux principaux sujets de préoccupation des investisseurs cette semaine, permettant à l’euro de reprendre des forces. Car malgré la décision de la BCE de maintenir le coût du crédit inchangé, jeudi, l’euro a profité de spéculations sur une nouvelle hausse des taux européens au cours de l’une des deux réunion du conseil des gouverneurs de cette banque du 8 juin ou du 21 juin, afin de limiter l’écart croissant avec les taux américains (actuellement à 6,50 %) que la Fed risque de resserrer une nouvelle fois en juin. Par ailleurs, des commentaires en fin de semaine du président de la Bundesbank Ernst Welteke, membre aussi du directoire de la BCE, se disant très préoccupé par la faiblesse de la monnaie européenne ont donné un coup de pouce à cette devise et relançant les spéculations sur une intervention musclée à la veille d’un week-end de trois jours aux États-Unis pour le Memorial Day et en Angleterre à l’occasion d’une fête nationale. M. Welteke a affirmé au quotidien populaire allemand Bild, que la faiblesse de l’euro était une cause d’inquiétude car elle pourrait menacer la stabilité des prix. Et d’ajouter que la défiance vis-à-vis de l’euro était en complet décalage avec les fondamentaux, faisant apparaître que cette monnaie est injustement sous-évaluée face au dollar. Il avait également déclaré au début de la semaine que l’euro était sous-évalué de 20 % à 30 % face au billet vert. De tels propos ont accrédité hier l’idée selon laquelle les responsables européens sont prêts à agir pour redresser l’euro, au besoin par une intervention sur les marchés. De son côté, la livre sterling a repris des forces hier face au billet vert, après avoir passé la semaine à ses plus bas niveaux depuis six ans. Elle était tombée mercredi sous le seuil de 1,47 dollar. Elle perdait ainsi près de 11 % de sa valeur face à la devises américaine depuis le début de l’année, avant de remonter la pente un peu en toute fin de semaine, grâce au recul du dollar. Tandis que les signes de ralentissement de l’économie britannique se multiplient, la livre sterling a été affaiblie face à l’euro par de récents commentaires des membres du gouvernement et de la Banque d’Angleterre considérant que leur monnaie est toujours surévaluée. Pour ce qui est du yen, qui avait d’abord réussi à repousser le dollar profitant également des turbulences sur les marchés boursiers américains, a fini la semaine en repli face à l’euro sur des incertitudes concernant le redressement économique du Japon. Ce sentiment a été renforcé par la baisse de 3,4 % des ventes de détail dans le pays le mois dernier qui ont remis en question les attentes d’un changement de la politique de taux zéro menée par la Banque du Japon. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar a présenté des signes de faiblesse à la fin de la semaine, se négociant hier à New York en baisse, comme suit : – 0,9325 pour un euro contre 0,8975, vendredi dernier – 1,4895 pour un sterling contre 1,4870 – 2,0975 DM contre 2,1790 – 7,0350 FF contre 7,3090 – 1,6805 FS contre 1,7300 – 2 076,65 lires contre 2 157,40 – 107,05 yens contre 107,00. Une semaine de turbulences boursières Sur les places boursières internationales, Les Bourses de Wall Street et du Nasdaq se sont montrées indécises cette semaine. Leurs indices ont ainsi connu une évolution en dents de scie, tantôt à la hausse et tantôt à la baisse dans des marges parfois grandes. Les deux principaux indices, le Dow Jones des industrielles (DJIA) et le composite de la Bourse électronique Nasdaq, se sont ressentis par les avertissements sur les bénéfices de certaines grandes sociétés américaines, ainsi que par la détermination du gouvernement américain de partager en deux la société Microsoft, reconnue coupable d’avoir violé la loi antitrust. De ce fait, les investisseurs n’ont guère réagi favorablement cette semaine à la multiplication des signes excluant toute surchauffe de l’économie américaine. À cet égard, ils se sont montrés insensibles au maintien du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) américain à 5,4 % au premier trimestre en deuxième révision, ainsi qu’à l’annonce d’une baisse plus forte que prévu des commandes de biens durables aux États-Unis de 6,4 % le mois dernier contre 4,5 % en mars et des reventes de logements de 6,2 % contre une hausse de 9,2 % pendant la même période. Il en est de même du ralentissement des dépenses des ménages dont la hausse est revenue de 0,6 % en mars à 0,4 % en avril malgré le maintien de la hausse des revenus personnels des Américains à 0,7 % tout au long de ces deux mois. Selon les analystes boursiers, la désaffection à l’égard des placements en Bourse trouve son origine dans la conviction que la Fed va relever ses taux d’un quart de point en pourcentage le mois prochain à 6,75 % même si les statistiques publiées d’ici là reflètent des signes de plus en plus tangibles d’un ralentissement de l’économie américaine. C’est dans ce contexte que le Nasdaq a fléchi à la fin de cette semaine au-dessous du seuil des 3 200 points et le Dow Jones des industrielles jusqu’à 10 266,35 points avant d’afficher en préclôture 10 294,10 points contre 10 626,85 points à la fin de la semaine dernière, en baisse de 3,13 % en moyenne d’une huitaine à l’autre. Dans la foulée de Wall Street, les Bourses de la zone euro ont poursuivi leur recul cette semaine, continuant à subir les conséquences de la baisse des valeurs technologiques américaines. C’est ainsi que le Dax de la Bourse de Francfort est retombé de 6 989,03 points à 6 938,33 points d’une huitaine à l’autre (-0,73 %), de même que le CAC 40 de la Bourse de Paris de 6 196,05 points à 6 129,15 points (-1,08 %), ignorant tous les deux le statu quo monétaire observé cette semaine par la BCE. Pourtant, la semaine a été positive pour la Bourse de Londres grâce à l’espoir d’un maintien des taux d’intérêt britanniques en l’état. En effet, l’indice Footsie s’est adjugé une hausse de 2,84 % d’une huitaine à l’autre, progressant de 6 045,40 points à la fin de la semaine dernière à 6 216,90 points à la fin de cette semaine. Quant à la Bourse de Tokyo, elle est restée sous de fortes pressions, inquiétée par les fluctuations de Wall Street d’un côté, et par des nouvelles faisant état que les autorités japonaises devraient procéder à un révision à la baisse des chiffres du Produit intérieur brut (PIB) japonais pour le dernier trimestre de 1999. Ceux-ci devraient montrer une contraction de 1,6 % du PIB au lieu de 1,4 % en raison d’une révision des dépenses d’investissement des établissements financiers. En effet, l’indice Nikkei a fléchi d’un huitaine à l’autre de 16 626,85 points à la fin de la semaine dernière à 16 008,14 points à la fin de cette semaine, en baisse de 5,04 % en moyenne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Exprimant sa satisfaction face au retrait israélien des régions occupées depuis 1978 au Liban-Sud et dans la Békaa-Ouest, le marché libanais des changes a manifesté depuis mercredi dernier un enthousiasme certain pour les placements en livre libanaise. Ce phénomène s’est traduit par un surcroît d’offres du dollar en l’absence d’intérêts à la demande de cette monnaie en dehors des besoins commerciaux courants du pays, contrairement à la situation qui prévalait depuis le 10 avril dernier où le billet vert était recherché en l’absence de contreparties valables à la vente. Dans ces conditions, la Banque du Liban (BDL), qui avait réussi à maintenir le dollar pendant un mois et demi au haut de sa fourchette d’intervention à 1 514,00 LL, est venue par son action cette semaine fixer les marges de ses fluctuations...