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Actualités - Chronologie

Le château de Beaufort, terrain de chasse pour trophées de guerre(photo)

À peine vidée de ses occupants israéliens, la forteresse du château de Beaufort au Liban-Sud a été envahie mercredi par des milliers de civils à la recherche d’un trophée de guerre. Dans l’amas de ferraille et de béton, résultant de la destruction des fortifications israéliennes, chacun cherche un objet à emporter. «Ce sont mes trophées de guerre», s’exclame un jeune du village voisin de Kfar Tebnit en exhibant des cartouches et le bout d’un filet de camouflage. Venus en famille, entre amis et par groupes entiers d’écoliers, les civils ont patienté des heures dans l’embouteillage formé sur la route serpentant autour de la colline menant au fort. D’autres ont choisi de faire des kilomètres à pied pour ne pas être pris dans la file de voitures qui n’a cessé de gonfler au fil des heures. «Normalement, les trophées de guerre vont au parti, mais là on ne peut pas empêcher les gens d’emporter un souvenir de la présence (israélienne) honnie», fait remarquer un responsable régional du Hezbollah qui se présente sous le nom d’Abou Hossein. Il affirme que le château et ses environs ont été «sécurisés» par les démineurs du Hezbollah qui ont nettoyé le terrain avant l’arrivée des civils. Les bannières du Hezbollah et d’Amal ont été plantées sur les donjons de la citadelle franque qui domine majestueusement la vallée du fleuve Litani et une bonne partie du Liban-Sud. Dédaignant les restes israéliens, notamment une poubelle regorgeant de boîtes de conserve, d’autres visiteurs font la queue pour escalader l’échelle menant au toit du château-fort croisé du XIIe siècle. Quelques-uns s’improvisent en stratèges militaires devisant de l’importance stratégique de la forteresse, une position très convoitée par tous les envahisseurs qui se sont succédé depuis 900 ans dans la région. D’autres pointent le doigt vers le nord d’Israël, à quelques kilomètres à vol d’oiseau, racontant dans le détail le départ des troupes israéliennes. «Ils ont fui sous le couvert de la nuit après avoir arrosé les environs de leur artillerie», affirme Mohammed Saïd, directeur d’école du village de Yohmor. «Cette visite me rappelle ma jeunesse, je ne suis pas retourné ici depuis de longues années et j’espère que cette fois-ci le fort retrouvera sa vocation touristique», dit-il. Avant d’en faire l’un de ses principaux postes d’observation et d’écoute électronique, Israël avait délogé du fort en 1982 les forces du Fateh, la principale organisation palestinienne. Les violents bombardements avaient endommagé le château. Avant de l’évacuer, l’armée israélienne a fait sauter à l’explosif les casemates construites sur la façade nord de la colline au pied du fort. Avec un sens extraordinaire des affaires, un vendeur de glaces prévoyant l’afflux de la foule a installé sa camionnette à l’entrée de la forteresse, à quelques pas d’un générateur électrique, détruit, qui continuait à dégager une fumée âcre. Une famille entière s’est installée pour pique-niquer en contrebas avec parasol, nappes et victuailles, comme si le château de Beaufort n’a jamais été qu’un simple site touristique. Mais la bannière jaune du Hezbollah frappée du dessin d’un kalachnikov et d’une calligraphie en arabe du nom du parti, plantée à quelques pas, est là pour rappeler les nombreuses batailles livrées pour cette place forte, qui a encore une fois changé de mains.
À peine vidée de ses occupants israéliens, la forteresse du château de Beaufort au Liban-Sud a été envahie mercredi par des milliers de civils à la recherche d’un trophée de guerre. Dans l’amas de ferraille et de béton, résultant de la destruction des fortifications israéliennes, chacun cherche un objet à emporter. «Ce sont mes trophées de guerre», s’exclame un jeune du village voisin de Kfar Tebnit en exhibant des cartouches et le bout d’un filet de camouflage. Venus en famille, entre amis et par groupes entiers d’écoliers, les civils ont patienté des heures dans l’embouteillage formé sur la route serpentant autour de la colline menant au fort. D’autres ont choisi de faire des kilomètres à pied pour ne pas être pris dans la file de voitures qui n’a cessé de gonfler au fil des heures. «Normalement,...