Dans la grosse bourgade de Khiyam, depuis le matin, les radios diffusent des appels à la population pour prendre d’assaut la prison, rapporte l’envoyée spéciale de l’AFP Nayla Razzouk. Les rumeurs les plus folles circulent et ce n’est que vers midi que les habitants s’assurent que le responsable du centre de détention s’est enfui avec sa famille en direction d’Israël. Mais ils ne se décident pas encore à bouger. Tantôt on leur dit que les miliciens se disputent entre eux et tantôt qu’ils s’apprêtent à plier bagages. Tout le monde a l’oreille collée à la radio ou les yeux vissés sur le petit écran. Soudain, vers 16h, galvanisée par les cris du Hezbollah devenu tout proche, la population monte à l’assaut de la prison située au sommet d’une colline, un peu à l’écart de la bourgade. Plus de 500 personnes, pour la plupart des parents de détenus se ruent les poings tendus vers la prison, dévalée au même moment par ses gardiens dans une quarantaine de voitures civiles et un transport de troupes. Les miliciens se mettent à tirer pour écarter la foule avant de s’enfuir vers Majidiyé. Les habitants sans armes se précipitent ensuite vers la prison, renversant les barbelés, enfonçant les portes des cellules avec tout ce qui leur tombe sous la main. Les prisonniers commencent à émerger, pâles et hébétés, clignant des yeux à la lumière du jour. «Qui êtes-vous ? Où sont les gardiens ?», crie un prisonnier barbu, hésitant avant de commencer à chercher un visage familier dans la foule. Un groupe de jeunes, armés de bâtons, se précipite vers une cellule d’où une voix implore «Sauvez-moi». La porte enfin abattue, le prisonnier sort en criant «Allah Akbar, vous êtes ma famille, les résistants de mon pays». C’est alors qu’apparaît Cosette Ibrahim, journaliste emprisonnée depuis 9 mois à Khiyam car elle était accusée de donner des informations à la Résistance. «Nous savions que les Israéliens allaient se retirer, mais nous ne savions pas qu’ils le feraient si vite. C’est le plus beau jour de ma vie», dit-elle... Certains détenus sont si émus qu’ils se mettent à pleurer. L’un d’eux s’évanouit. La Croix-Rouge achemine deux ambulances afin de transporter les malades parmi eux vers l’hôpital de Marjeyoun. Les 140 détenus sont emmenés devant la husseyniyé de Khiyam d’où ils seront emmenés vers Beyrouth par le CICR. 38 préfèrent rejoindre leurs familles dans les villages avoisinants et finalement c’est tard dans la nuit que le CICR escorte à Beyrouth 102 anciens détenus libérés par la foule sur les cris «Allah Akbar».
Dans la grosse bourgade de Khiyam, depuis le matin, les radios diffusent des appels à la population pour prendre d’assaut la prison, rapporte l’envoyée spéciale de l’AFP Nayla Razzouk. Les rumeurs les plus folles circulent et ce n’est que vers midi que les habitants s’assurent que le responsable du centre de détention s’est enfui avec sa famille en direction d’Israël. Mais ils ne se décident pas encore à bouger. Tantôt on leur dit que les miliciens se disputent entre eux et tantôt qu’ils s’apprêtent à plier bagages. Tout le monde a l’oreille collée à la radio ou les yeux vissés sur le petit écran. Soudain, vers 16h, galvanisée par les cris du Hezbollah devenu tout proche, la population monte à l’assaut de la prison située au sommet d’une colline, un peu à l’écart de la bourgade. Plus de 500...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.