Joie et peur dans les villes israéliennes frontalières (photos)
le 24 mai 2000 à 00h00
Des scènes de joie de soldats israéliens retrouvant sains et saufs leur pays et laissant derrière eux les champs de bataille du Liban se mêlaient hier à l’angoisse de la population israélienne frontalière qui trouve à sa porte son pire ennemi, le Hezbollah, rapporte l’AFP dans une dépêche datée de Metoulla, à la frontière libano-israélienne. «La vie n’était pas facile ici avant. Mais maintenant, nous avons très, très peur. Nous craignons que le Hezbollah ne vienne dans la ville. Je ne resterai pas ici», explique Dorit Cohn, 21 ans, un habitant de Kiryat Shmona, une ville à quelques kilomètres de la frontière, à portée des tirs des roquettes du Hezbollah. Beaucoup d’habitants du nord d’Israël ont préféré passer la nuit dans les abris craignant les attaques du Hezbollah. À Metoulla, quelques soldats ont embrassé la terre de leur pays après avoir traversé la frontière avec le Liban. «C’est fantastique», s’écriait un soldat israélien que ses camarades serraient joyeusement dans leurs bras. D’autres, téléphone portable à l’oreille, appelaient leurs familles pour leur annoncer leur retour. «Cela devenait infernal là-bas. Nous sommes vraiment contents d’en être sortis. Je crois que quelque chose n’allait pas», a indiqué un soldat israélien à l’AFP. Le sourire était aux lèvres de pratiquement tous les soldats. Beaucoup d’entre eux chantaient en traversant la frontière à bord de tanks, de jeeps ou d’autres véhicules blindés. Mais à Kiryat Shmona, la joie n’était pas dans tous les cœurs. Une femme pleurait son mari tué en 1992 par une roquette katioucha tirée par le Hezbollah. «Maintenant avec le retrait, c’est le Hezbollah qui a le pouvoir. Je veux quitter cette ville, mais je ne peux pas le faire car les restes de mon mari sont ici», explique-t-elle. Même avec la présence de soldats israéliens au Liban-Sud, Kyriat Shmona était à portée des katiouchas et la ville a été souvent la cible des attaques du mouvement intégriste. À présent, après le retrait, les habitants frontaliers se retrouvent avec leur pire ennemi pour voisin immédiat. Les villes frontalières israéliennes ont déjà enregistré depuis plusieurs mois des départs de leurs habitants partis pour des régions plus sûres. Le quotidien local de Kiryat Shmona a régulièrement fait état de cet exode et a été pris d’assaut pas les petites annonces de propriétaires tentant de louer ou vendre leurs biens, sans grand succès. Devant l’incertitude, de nombreuses familles ont préféré ne pas inscrire leurs enfants à l’école, selon les habitants.
Des scènes de joie de soldats israéliens retrouvant sains et saufs leur pays et laissant derrière eux les champs de bataille du Liban se mêlaient hier à l’angoisse de la population israélienne frontalière qui trouve à sa porte son pire ennemi, le Hezbollah, rapporte l’AFP dans une dépêche datée de Metoulla, à la frontière libano-israélienne. «La vie n’était pas facile ici avant. Mais maintenant, nous avons très, très peur. Nous craignons que le Hezbollah ne vienne dans la ville. Je ne resterai pas ici», explique Dorit Cohn, 21 ans, un habitant de Kiryat Shmona, une ville à quelques kilomètres de la frontière, à portée des tirs des roquettes du Hezbollah. Beaucoup d’habitants du nord d’Israël ont préféré passer la nuit dans les abris craignant les attaques du Hezbollah. À Metoulla, quelques soldats...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.