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Actualités - Chronologie

Judo - Championnat d'Europe La France tire son épingle du jeu européen(photos)

La France repart une fois de plus des championnats d’Europe de judo en tête du classement des nations avec trois titres, deux médailles d’argent et trois de bronze. Un résultat satisfaisant qui ne doit pas faire oublier les contre-performances des garçons. Car ceux que l’on attendait – Larbi Benboudaoud, champion du monde des moins de 66 kilos et double tenant du titre continental, et Djamel Bouras, champion olympique des moyens – se sont bel et bien pris les pieds dans les tatamis de la Halle du Peuple de Wroclaw. En l’absence de David Douillet et Stéphane Traîneau – déjà concentrés sur les Jeux olympiques de Sydney –, ce sont quatre pièces maîtresses de l’échiquier tricolore qui manquaient à l’appel de cette compétition. «Mais nous ne sommes pas inquiets pour ces garçons-là. Ils seront prêts pour les Jeux», martelait l’encadrement fédéral. Reste que l’équipe masculine quitte la Pologne avec seulement deux breloques, l’argent pour Eric Despezelle en moins de 60 kilos et le bronze pour Ferrid Kheder en moins de 73 kilos. Maigre butin. Au-delà du résultat sec, cette contre-performance d’ensemble a aiguisé les appétits adverses, qui savent désormais que les Français marquent le pas, eux qui avaient déjà été ébranlés lors des derniers Mondiaux à Birmingham, en octobre dernier. « Tout pour les Jeux » «Je ne suis pas inquiet, pas du tout, pour les Jeux. Les résultats seront là. Il nous reste quatre mois et il va falloir travailler, dans la sérénité mais avec détermination. Pas question de se disperser, maintenant, c’est tout pour le groupe France et tout pour les Jeux», prévient René Rambier, l’entraîneur des garçons. Reste que les Pays-Bas se taillent la part du lion avec deux titres et une médaille d’argent chez les hommes. Dennis Van der Geest chez les lourds, impressionnant de lucidité et de technique sera un rival sérieux pour Douillet dans la défense de son titre olympique et Patrick Van Kalken, en moins de 66 kilos, pourrait bien faire trembler Benboudaoud. Les anciennes nations du bloc de l’Est placent aussi leurs hommes, comme le jeune Azéri Elchin Ismaïlov, qui n’a pas encore 18 ans et qui a remporté la décision sur Despezelle en finale des légers, le Roumain Adrian Croitoru, un vieux renard des tatamis qui décroche un nouveau titre en moins de 90 kilos ou le Russe Youri Stepkine, impérial en moins de 100 kilos, la catégorie de Traîneau. Parmi les révélations de ce championnat, le Portugais Michel Almeida, ancien champion d’Europe junior des moins de 66 kilos, et qui s’est imposé dans la catégorie supérieure en senior, ou le Suisse Sergeï Aschwanden, qui a survolé les moins de 81 kilos, catégorie de Bouras. En revanche, le baromètre est au beau fixe chez ces dames qui ont réalisé un championnat assez exceptionnel. À commencer par les deux nouvelles venues : Barbara Harel qui connaissait là sa première sélection en moins de 57 kilos et Laetitia Tignola de retour après cinq ans d’absence en moins de 52 kilos. Elles décrochent toutes les deux leur premier titre mais, surtout, mettent en doute la présence des anciennes que sont Magali Baton et Marie-Claire Restoux à Sydney. Les Bleus au grand complet à Sydney Céline Lebrun confirme en conservant son titre en moins de 78 kilos après avoir décroché le bronze mondial, tandis que les deux championnes du monde 1997, Séverine Vandenhende en moins de 63 kilos et Christine Cicot chez les lourdes, retrouvent le chemin du podium après une longue période de blessures et de doutes. La première décroche l’argent après sa défaite en finale sur la Belge Gella Vandecaveye, qui décroche ainsi son sixième titre européen en sept ans, alors que la seconde prend le bronze. Seul faux-pas: celui de Sarah Nichilo-Rosse, double tenante du titre en moins de 48 kilos, et qui se contente cette fois du bronze, après une bourde face à la Russe Lioubova Broutelova en finale de tableau. Elle laisse ainsi sa dauphine de l’an passé, la Roumaine Laure Moïse, s’adjuger la couronne. En moins de 70 kilos, l’Espagnole Ursula Martin a mis fin au règne de la Belge Ulla Werbrouck, qui n’a pu décrocher un septième titre consécutif. Dans cette catégorie, Karine Rambault reste au pied du podium mais peut s’enorgueillir d’avoir décroché le dernier quota olympique qui manquait à la France. Ainsi – et il s’agit sans doute de la plus grande satisfaction de ce championnat pour l’encadrement fédéral –, les Bleus partiront à Sydney au grand complet. «Et nous serons, comme à Atlanta, la seule équipe avec le Japon – pour qui ce sera définitif dans huit jours – à aligner 14 combattants à Sydney», conclut avec fierté Fabien Canu, le directeur technique national. La revanche de Laetitia Tignola Laetitia Tignola a connu cinq ans de traversée du désert avant de prendre sa revanche sur le sort en devenant, à Wroclaw, championne d’Europe de judo. Un titre qui relance la carrière de la Française, à moins de quatre mois des Jeux olympiques de Sydney. «Je suis vraiment très heureuse d’avoir décroché ce titre. Depuis 1995, j’ai connu toutes ces années difficiles et j’arrive enfin à remporter l’or», lançait-elle en descendant du podium. Au début de l’été 1995, Laetitia Tignola a 22 ans. Elle prépare les championnats du monde de Chiba pour lesquels elle sera titulaire dans la catégorie des moins de 51 kilos où elle espère décrocher l’or. Mais elle ne sera pas du voyage au Japon, la faute à pas de chance et à une grave blessure aux cervicales contractée lors du tournoi de préparation de Cuba. Le début d’un long calvaire pour cette combattante douée, déterminée, accrocheuse. Car sa remplaçante n’est autre que Marie-Claire Restoux, en qui peu de personnes croient alors. Seulement voilà, la doublure remporte le titre et devient la titulaire incontestée de la catégorie. Elle enchaîne avec un titre de championne olympique à Atlanta et une deuxième couronne mondiale en 1997. Mais Laetitia est toujours là. «Depuis 1995, je me suis accrochée, je n’ai jamais cessé de m’entraîner et de travailler», rappelle la triple championne de France (1994, 1996 et 1997). « Je commence à rêver » À l’aube de l’année 2000, Marie-Claire Restoux marque le pas. En octobre, aux Mondiaux de Birmingham, elle doit se contenter du bronze après une erreur de débutante en demi-finale. Son entraîneur attitré, Christian Dyot, est débarqué par l’encadrement fédéral, avec qui la championne est en rupture. Les résultats ne suivent plus et Fabien Canu, le directeur technique national, décide de tenter un pari : envoyer celle qui est devenue remplaçante aux championnats d’Europe, un titre que Restoux n’a jamais réussi à inscrire à son palmarès. «Nous voulions voir Laetitia dans une grande compétition, avec de la pression, dans un contexte difficile... On a vu», commente Canu. La carrière de Laetitia Tignola prend donc un nouveau départ et désormais le choix – difficile – entre les deux championnes appartient aux sélectionneurs de la Fédération française de judo. «Maintenant, pour les Jeux, j’attends. J’espère avoir fait la différence avec Marie-Claire. Quoi qu’il arrive, je respecterai le choix des sélectionneurs, mais les Jeux, je vais commencer à en rêver», conclut-elle.
La France repart une fois de plus des championnats d’Europe de judo en tête du classement des nations avec trois titres, deux médailles d’argent et trois de bronze. Un résultat satisfaisant qui ne doit pas faire oublier les contre-performances des garçons. Car ceux que l’on attendait – Larbi Benboudaoud, champion du monde des moins de 66 kilos et double tenant du titre continental, et Djamel Bouras, champion olympique des moyens – se sont bel et bien pris les pieds dans les tatamis de la Halle du Peuple de Wroclaw. En l’absence de David Douillet et Stéphane Traîneau – déjà concentrés sur les Jeux olympiques de Sydney –, ce sont quatre pièces maîtresses de l’échiquier tricolore qui manquaient à l’appel de cette compétition. «Mais nous ne sommes pas inquiets pour ces garçons-là. Ils seront prêts pour...