Ne vous attendez pas à une semaine où votre matière grise sera mise à l’épreuve. Cette semaine est réservée au cinéma de divertissement, sous ses formes les plus différentes. Certes «Brewter’s Millions» et «Born Yesterday» sont des comédies mais «Dragnet» qui se présente comme un film policier, «The Beastmaster» qui est a priori un film d’aventures, «The Great Missouri Raid» qui est un western sont également des films de divertissement, comme «I Wanna Hold Your Hand» ou «L’homme de ma vie». Pas de problèmes! Lorsqu’il tourna en 1982 The Beastmaster, l’athlétique Marc Singer, venu de la télévision, ne se doutait pas que ce film allait être le début d’une série de trois. Le premier, réalisé par Don Coscarelli, ne manquait pas de qualités, surtout par le mélange des genres qu’il pratiquait. Le second, tourné par notre compatriote Sylvia Tabet, souffrait de la pauvreté des moyens mis à sa disposition. Le troisième, qui nous est proposé ce soir, porte la signature d’une inconnue Gabrielle Beaumont et pour cause: il a été réalisé pour la télé. Pourtant on y retrouve les noms de David Warner, l’excellent acteur anglais dans un rôle antipathique et par la belle Canadienne Lesley-Anne Down. Cette fois-ci Marc Singer continue de communiquer avec les animaux dont il est l’ami. Et cette fois encore il a un adversaire: Lord Agon, un personnage maléfique, qui s’est attaqué au propre frère du valeureux chevalier... Ce Beastmaster décevra quelque peu ceux qui s’attendaient à un film fantastique original. Même s’il est nettement plus sympathique que les divagations héroïco-fascinantes de Milius dans son Conard le barbu (elle n’avait pas encore été faite celle-là), on sent là une superproduction qui, en dépit des moyens considérables dont elle a bénéficiés, présente toujours un côté bon marché un peu ringard; de plus l’utilisation systématique d’animaux, amusante au début, s’avère fastidieuse au bout du compte; émergent de-ci de-là quelques trouvailles. Diffusion lundi à 21h00 sur LBCI Les westerns se font de plus en plus rares et pourtant ce fut longtemps un des genres les plus appréciés du public, aussi bien américain qu’international. The Great Missouri Raid, réalisé par Gordon Douglas, n’est rien d’autre qu’un produit de série, mais il témoigne de l’engouement pour un genre assez simpliste qui ne s’embarassait pas de notions psychologiques et où les personnages étaient pour le moins stéréotypés. Le film raconte les déboires des frères James, Frank et Jesse, qui décident en 1860 de se rendre aux autorités. Mais ils sont trahis et doivent de nouveau reprendre leurs sinistres activités en dévalisant des banques, ce qui leur vaut une tragique renommée. Et la fin que l’on connaît. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Place au rire, à présent, avec Brewter’s Millions de Walter Hill avec Richard Pryor et John Candy. Lanceur-vedette d’une équipe de base-ball de seconde division. Monty Brewster apprend qu’il est l’unique héritier d’un grand-oncle richissime. Les clauses du testament sont draconiennes: Brewster, pour toucher la totalité de l’héritage, devra être capable de dépenser un million de dollars par jour durant un mois, sans faire aucun don, sans acquérir aucun bien et sans révéler ces clauses à quiconque. Sous l’œil médusé d’Angela, la jeune et jolie comptable dont on l’a flanqué, Brewster s’évertue donc à dilapider son magot, organisant notamment un match contre l’équipe de base-ball de New York (que son équipe perdra, à son grand désappointement), puis se lançant dans une campagne électorale résolument dispendieuse. Le fiancé d’Angela, technocrate affichant une bonne moralité hypocrite, s’associe aux deux administrateurs de biens de la compagnie dont Brewster doit hériter, afin de dépouiller ce dernier. Angela sauvera in extremis Brewster du piège que lui tendaient les trois requins. Quoiqu’inégale, l’œuvre de Walter Hill séduit par son attachement obstiné à la notion de genre, aux «racines» de la fiction américaine et à ses mythologies populaires. Empruntant le ton du conte qu’il affectionne, il s’essaie ici à la comédie-fable à la Capra. Autre constante du cinéaste, le héros est un «loser» sympathique, ici version «cartoon». L’épreuve qu’il endure n’est que le versant cauchemardesque et ironique d’un rêve américain devenu défi. Ce qui nous vaut la peinture acidulée d’une «jet society» grouillante de parasites en tout genre et de rapaces camouflés en technocrates B.C.B.G. Malgré quelques baisses de rythme, et sans être la meilleure œuvre de son auteur, le film reste d’une bonne tenue, ne sombrant ni dans la vulgarité, ni dans la misanthropie facile, ni dans la mièvrerie que pouvait laisser craindre le sujet. Diffusion mardi à minuit sur LBCI Nous restons dans le domaine de la comédie avec Dragnet de Tom Mankiewicz, une parodie d’une émission célèbre de télévision dans les années 50. Joe Friday, flic rigoureux, austère, courageux, est également ennuyeux, à telle enseigne que son équipier a donné sa démission. Il est remplacé par Pep Streebek, un flic qui se croit dans une série télévisée, aime faire crisser les pneus sur l’asphalte et flinguer dans tous les sens. Au cours d’une enquête sur la disparition des exemplaires d’un sous-produit de «Play-boy», les deux hommes découvrent un complot machiavélique qui menace l’État tout entier. Leur enquête les amène à se déguiser afin d’assister à une cérémonie au cours de laquelle une jeune vierge doit être offerte en sacrifice à un anaconda géant. Convaincre leur capitaine, Bill Gannon, que les organisateurs de cette machination contre le maire Parvin sont Mme le Préfet de Police, le plus célèbre pasteur de la ville et le roi du porno-soft, Jerry Caesar, sera une autre histoire... Le film est en référence constante au célèbre feuilleton des années cinquante, réalisé et interprété par Jack Webb (il y eut même un film, sous le même titre dans les années 60). Le tandem Aykroyd/Hanks fonctionne bien et Tom Mankiewicz sait ménager les rebondissements et construire les situations. Le film est un régal pour ceux qui connaissent bien Jack Webb. C’est là sa qualité; mais aussi sa limite, la moitié des gags, à l’image et sur la bande sonore, étant purement cinéphiliques. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Vous ne vous en souvenez peut-être pas... en 1964, les Beatles débarquèrent à New York pour la première fois. Ils avaient été invités à participer au show télévisé le plus populaire du moment. Ce qui déclencha à New York une véritable émeute... C’est à partir de ce prétexte que Robert Zmeckis, alors à ses débuts, réalisa I Wanna Hold Your Hand, un film que produisit Steven Spielberg, lui-même. La nostalgie est au rendez-vous, même si vous n’avez pas été victimes de la Beatlemania qui s’empara de la jeunesse mondiale à cette époque. Le film raconte comment un groupe d’adolescents du New Jersey décide de réaliser l’impossible, c’est-à-dire s’introduire dans l’hôtel où logent les Beatles et assister au concert qu’ils doivent donner. C’est très finement observé et l’atmosphère de l’époque est très judicieusement rendue. Dans le délire ambiant, Nancy Allen, qui était à l’époque la femme de Steven Spielberg, colle parfaitement à l’image de la teenager des années 60. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Born Yesterday est à l’origine une pièce de théâtre de Garson Kanin, qui triompha à Broadway et qui raconte, avec beaucoup d’humour, comment un homme d’affaires sorti de rien décide que sa maîtresse, le prototype de la blonde écervelée, devrait se cultiver un peu, maintenant que tous deux évoluent dans le grand monde. Pour faire l’éducation de la blonde en question, l’homme d’affaires engage un journaliste. Bien mal lui en prend car non seulement le journaliste est séduisant mais, en ouvrant les yeux de la blonde sur ce qui se passe dans le monde, celle-ci va dévoiler les magouilles de son amant... Il y eut deux versions ciné matographiques: la première réalisée par George Cukor valut à son interprète, Judy Holliday, l’Oscar de la meilleure actrice: elle avait tenu le rôle à la scène. La seconde version est interprétée par Melanie Griffith. Nous ignorons, au moment d’imprimer, laquelle de ces deux versions vous sera proposée. La première st indéniablement la meilleure. Diffusion vendredi à 20h30 sur Future TV Il y a finalement un film français cette semaine. Il est signé Jean Charles Tacchella et s’intitule L’homme de ma vie. Fatiguée de pointer à l’ANPE, Aimée, jeune et jolie femme de vingt-huit ans, adopte une nouvelle stratégie: plutôt trouver un mari qui subviendra à ses besoins. Décidée à en finir avant Noël, elle se met sur le champ en quête de l’homme idéal. Le premier sur la liste, Maurice, a d’emblée tout pour lui plaire: librairie, cultivé, avec juste ce qu’il faut de misanthropie. Seulement voilà, il est aussi sur le point de fermer boutique et de grossir le nombre des chômeurs. Elle s’en fait un ami à défaut d’un mari. Faute de grives, on mange des merles et justement Aimée rencontre et épouse Malcolm, critique gastronomique et grand bourgeois. Dans la foulée, elle trouve une compagne à Maurice, une femme d’affaires pressée et autoritaire dont il ne tarde pas à se défaire. De son côté, la nouvelle mariée confesse bientôt son ennui. Grâce à un stratagème (la mise en scène de son adultère), elle obtient le divorce. Revenue de son erreur, elle laisse enfin parler de son attirance pour ce Maurice, beau garçon sans un sou, tant il est vrai qu’il vaut mieux se marier par amour que pour l’argent. Personnages mal fagotés, mots d’auteurs crispants, pauvres gags, mise en scène sans relief, scènes sans rythme... Il n’y a rien à sauver de cette comédie de mœurs, sauf peut-être le court numéro de Jean-Pierre Bacri en gastronome écœuré et écœurant ou la vitalité de Maria de Medeiros. Rien parce que surtout, l’observation, on ose à peine dire sociologique des nouveaux comportements amoureux est pauvre et stéréotypée si bien qu’à aucun moment l’impression n’est donnée d’un miroir tendu où se refléterait quelque chose de nous ou de nos contemporains. Diffusion samedi à 21h00 sur le Canal 9
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