Jonathan James a l’air d’un garçon comme les autres mais, à 19 ans, ce jeune Suédois aide le FBI à traquer les cybercriminels les plus recherchés du monde : c’est lui qui a permis de retrouver à Manille le créateur du virus «ILoveYou». Déjà, en mars 1999, il avait identifié, avec son compatriote et ami Frederik Björck, les origines du virus «Melissa». Les experts du cybercrime des pays du G8 qui doivent se réunir la semaine prochaine à Paris pour discuter des moyens d’enrayer la montée des «crimes virtuels» pourraient se servir de ses recettes. Lorsque le monde a été touché par le virus «ILoveYou» début mai, Jonathan était trop occupé par la préparation d’une conférence sur la e-sécurité pour s’occuper du problème. Le dimanche 7 mai, lorsqu’il a eu un peu de temps, il ne lui a fallu que quelques heures pour repérer le suspect et envoyer par e-mail sa méthode et ses résultats à son contact du FBI. Il a affirmé que son travail sur le virus «Melissa», qui lui avait pris trois semaines, l’avait beaucoup aidé à trouver le coupable rapidement, car «cette fois-ci je savais exactement par où commencer, ce qu’il fallait laisser tomber et ce qu’il fallait regarder», a-t-il déclaré. «La différence entre moi et un pirate de l’informatique est la même que celle entre le bien et le mal, un pirate cherche à entrer par effraction dans les systèmes, tandis que je suis un programmateur intéressé par la e-sécurité», a ajouté le jeune homme. Entre la préparation de ses examens, ses sorties avec ses amis et l’arbitrage des matches de football de son jeune frère, l’adolescent calme et plutôt effacé donne aussi des conférences sur la e-sécurité à des grandes compagnies. Nombreuses sont celles qui ont essayé de le recruter, mais Jonathan n’est pas encore intéressé. «J’ai eu des offres des États-Unis, mais je ne veux pas bouger. Même s’ils me paient un million de dollars par mois» a-t-il affirmé. Au lieu de ça, il prévoit d’entamer des études de droit cet automne à l’université suédoise d’Uppsala et de démarrer sa propre entreprise de e-sécurité. Malgré ses collaborations occasionnelles avec le FBI, sa famille insiste sur le fait que c’est un «garçon normal». «Jonathan n’est pas un crétin d’informaticien type. C’est un gars super, il a ses amis et fait bien plus que jouer à l’ordinateur toute la journée», précise sa sœur de 17 ans, Tessa, qui ajoute qu’il a aidé le FBI parce qu’«il aime rendre service», pas parce qu’il cherche la célébrité et la reconnaissance. «J’ai un ordinateur depuis que j’ai 4 ans, je fais de la programmation depuis que j’ai 13 ou 14 ans et j’ai Internet depuis 1995», a indiqué Jonathan qui précise que depuis cette date, la facture de téléphone familiale a explosé. Même s’il admet qu’il a d’abord apprécié l’attention des médias, le jeune homme aux cheveux blonds et à l’air enfantin avoue : «Maintenant j’aimerais bien que tout cela se termine». Jeudi 11 mai, Jonathan a célébré avec ses amis et sa famille son 19e anniversaire à Holmskog, petite ville située à 80 km au nord de Stockholm, où il vit avec sa famille. «Quand on vit ici, dit-il, il n’y a pas grand-chose à faire. Il n’y a que des arbres, des fermes...et des ordinateurs».
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