La Chine et l’Union européenne ont signé hier un accord historique sur l’ouverture du marché chinois, levant le dernier obstacle important à l’entrée de Pékin à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à quelques jours d’un vote-clé du Congrès américain sur le même dossier. L’accord, conclu à l’arraché à l’issue de cinq jours de négociations intensives à Pékin, a été signé par le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy et le ministre chinois du Commerce extérieur, Shi Guangsheng. La décision s’est concrétisée lors d’une rencontre en milieu de journée entre M. Lamy et le Premier ministre Zhu Rongji. «Le “paquet” que j’ai rédigé la veille et qui a été finalement accepté ne l’aurait jamais été sans son autorité personnelle», a révélé M. Lamy au cours d’une conférence de presse. L’accord devrait permettre à la neuvième puissance commerciale mondiale d’adhérer à l’OMC au cours des prochains mois, après une candidature vieille de 14 ans : l’UE était le principal bloc commercial qui devait encore boucler ses négociations avec Pékin. Il ne reste désormais plus que cinq pays, l’Équateur, le Costa Rica, le Guatemala, le Mexique et la Suisse, à devoir le faire. Ces négociations étaient les quatrièmes entre Pékin et Bruxelles depuis l’accord sur l’OMC signé par la Chine et les États-Unis en novembre dernier. Le Congrès américain doit précisément se prononcer la semaine prochaine sur une disposition cruciale de cet accord : l’octroi définitif à la Chine de la clause des relations commerciales normales. Le feu vert européen pourrait convaincre certains parlementaires américains d’approuver cette clause lors d’un vote qui devrait s’avérer très serré. L’accord sino-européen «ne peut avoir qu’une influence positive» sur le vote du Congrès, a espéré M. Lamy. «Ce que nous avons obtenu profitera aussi aux États-Unis», a-t-il ajouté, en référence à la clause de la nation la plus favorisée, règle d’or de l’OMC, qui fait que toute concession accordée à un État doit être étendue à tous les autres. Lors de l’accord sino-américain, l’UE avait indiqué que 80 % de ses dispositions la concernaient aussi, mais qu’il lui faudrait négocier sur les 20 % restants. «Je pense qu’au total nous avons fini par obtenir entre 96 et 97 %», s’est félicité M. Lamy. Le commissaire a défendu un accord «de première classe», même si l’UE n’a pas obtenu la possibilité pour ses investisseurs de s’emparer de 51 % du capital des sociétés chinoises, comme elle l’exigeait notamment pour l’assurance et les télécommunications. Dans ce dernier secteur, l’UE n’a obtenu qu’un raccourcissement de cinq à trois ans du délai pour pouvoir détenir jusqu’à 49 % d’une société chinoise. Dans l’assurance, sept licences d’exploitation seront immédiatement accordées aux groupes européens. Bruxelles a obtenu des baisses de droits de douane, tombées entre 8 et 10 %, pour quelque 130 produits intéressant particulièrement ses exportateurs : machines-outils, textile, cosmétiques, cuir, chaussures, vins et alcools... «Il s’agit d’une très bonne offre tarifaire», a commenté le commissaire européen. L’UE a également négocié une levée des restrictions sur l’activité des groupes étrangers dans la grande distribution et l’automobile. M. Lamy a souligné que toutes ces concessions avaient un prix «politique» pour les dirigeants chinois car elles vont forcer l’économie nationale à accélérer de douloureuses restructurations. Le président Jiang Zemin, qui a reçu M. Lamy après la signature de l’accord, lui a assuré que la Chine «s’ouvrirait encore davantage au monde» et qu’elle honorerait ses obligations de membre de l’OMC.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Chine et l’Union européenne ont signé hier un accord historique sur l’ouverture du marché chinois, levant le dernier obstacle important à l’entrée de Pékin à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à quelques jours d’un vote-clé du Congrès américain sur le même dossier. L’accord, conclu à l’arraché à l’issue de cinq jours de négociations intensives à Pékin, a été signé par le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy et le ministre chinois du Commerce extérieur, Shi Guangsheng. La décision s’est concrétisée lors d’une rencontre en milieu de journée entre M. Lamy et le Premier ministre Zhu Rongji. «Le “paquet” que j’ai rédigé la veille et qui a été finalement accepté ne l’aurait jamais été sans son autorité personnelle», a révélé M. Lamy au cours d’une...