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Actualités - Reportages

Familles Flavia et Fulvio Codsi : liberté, égalité, fraternité (photos)

Même leurs prénoms se ressemblent! Flavia et Fulvio Codsi, frères de sang, de sensibilité, de goût, frères de choix, ne se sont pas contentés de naître frères, ils le sont devenus par affinité commune et ce regard profond et similaire sur la vie. Ensemble, ils se dressent comme deux points – ouvrez les guillemets sur un texte qui parle depuis quelques années de leur talent individuel. Nous ne sommes pas des jumeaux. Mais nous nous ressemblons beaucoup; nous avons jusque la même façon de nous asseoir, de penser, comme de vrais jumeaux». Fulvio , la voix posée et calme, est le «plus jeune des deux». Quatre années séparent ses «presque jumeaux» et tout les réunit. Une vie tournée vers l’art, le dessin, la peinture, un talent forgé loin des écoles, à coups de recherches, de longues heures de travail, à coups de liberté surtout et sous la pulsion d’un père qui n’a cessé de les encourager. «Enfants, il donnait à Flavia un argent de poche pour chaque dessin qu’elle faisait! Moi, j’ai surtout profité du parcours de ma sœur». L’aînée est sans doute venue au monde un pinceau à la main, celui-là même qu’elle cédera à son jeune frère, également artiste prématuré. Elle s’amuse à reproduire des chefs-d’œuvre de grands peintres et décroche à l’âge de dix ans un premier prix Fabriano. Fulvio se passionne quant à lui pour la BD, avec la fascination surnaturelle d’un enfant de six ans. Il la dévore, la reproduit, tapisse les murs de sa chambre et son esprit avec les reproductions de ces chefs-d’œuvre particuliers. «Flavia a très vite démarré avec la peinture». Des personnages très réalistes, peints à l’huile. «J’ai longtemps dessiné à l’encre et au crayon» avant de déposer ses premières couleurs, quelques années plus tard, sur des toiles assoiffées. Petit à petit, les personnages de Fulvio viennent à lui, «des personnages qui peuvent être loin dans le passé et loin dans le futur». Des êtres mystérieux, inaccessibles, mélange de cultures égyptiennes, aztèques, «soufflés» à l’aérographe; Flavia observe les êtres avec un regard presque photographique et les exprime dans des toiles intenses. Tous les deux possèdent déjà un style précis, intelligent, indépendant. Il les imposera très vite dans l’univers artistique libanais. Duos sur toile Dans le CV de F et F Codsi, un détail revient, telle une revendication, «Autodidacte en peinture». Pas besoin de le préciser, Flavia et Fulvio composent une belle paire à la fois similaire et complémentaire. Chez les Codsi, c’est d’abord cette folle ressemblance qui accroche le regard curieux. Vu de dos, le tableau représente deux personnages aux longs cheveux noirs, deux taches qui révèlent une forte présence, une attitude réservée mais décidée, des yeux observateurs puis absents, car déjà en train d’imaginer un tableau . Ils ont longtemps fonctionné en double – à l’image des tableaux de Fulvio, «je travaille toujours en pair. J’aime l’égalité entre les personnes, entre l’homme et la femme. Je prends le plus beau de l’un et de l’autre, à la fin, ils ont le même visage», mais ils se sont révélés individuellement, partageant le même espace, artistique et quotidien. Leur maison-atelier-univers est meublée de visages, œuvres, présences et tableaux. Les deux artistes ont longtemps vécu et travaillé ensemble dans une harmonie évidente. Leur parcours et leur travail en sont la plus grande preuve. Pour elle, le Salon d’Automne depuis 1986; en 1994 – elle remporte le prix Dorothée Salhab Kazémi – ,en 1995 – elle décroche une mention spéciale – et en 1996, elle obtient le premier prix de peinture du Musée Nicolas Sursock, pour Les trois Mounira. Elle participe à de nombreuses expositions collectives où son talent s’impose. Flavia a également ouvert des parenthèses en aquarelle, immortalisant les maisons détruites par la guerre, une manière de les embellir dans sa mémoire et sur papier, et a enfin participé avec Nayla Audi à la création du livre Les maisons de Beyrouth, en reproduisant des maisons chères au cœur de tous les nostalgiques de cette beauté passée et devenue éphémère. Fulvio est lui aussi sociétaire du Musée Sursock – il a participé à ses différents Salons d’Automne depuis 1986 et a obtenu une mention spéciale en 1995 pour son tableau Mediator qui demeure son préféré. Bien que solitaire et possédant un style très personnel, il a préféré figurer dans des expositions collectives. «Je pense maintenant préparer une exposition personnelle, en janvier peut-être». La paire d’artistes complices et complémentaires a même travaillé ensemble, effectuant à quatre mains et deux pinceaux des trompe-l’œil, «des commandes spéciales où notre travail était plus technique que personnel», précise Fulvio. Depuis quelques mois, le couple s’est séparé, Flavia est allée trouver son inspiration en Australie, Fulvio anime ses personnages et leurs histoires pour le compte de la Future Television et prépare des toiles immenses peuplées de visages impassibles et patients. Frères et amis pour la vie, ils demeurent jumeaux dans l’âme.
Même leurs prénoms se ressemblent! Flavia et Fulvio Codsi, frères de sang, de sensibilité, de goût, frères de choix, ne se sont pas contentés de naître frères, ils le sont devenus par affinité commune et ce regard profond et similaire sur la vie. Ensemble, ils se dressent comme deux points – ouvrez les guillemets sur un texte qui parle depuis quelques années de leur talent individuel. Nous ne sommes pas des jumeaux. Mais nous nous ressemblons beaucoup; nous avons jusque la même façon de nous asseoir, de penser, comme de vrais jumeaux». Fulvio , la voix posée et calme, est le «plus jeune des deux». Quatre années séparent ses «presque jumeaux» et tout les réunit. Une vie tournée vers l’art, le dessin, la peinture, un talent forgé loin des écoles, à coups de recherches, de longues heures de travail, à coups...