Finances La BCE hausse ses taux pour combattre l'inflation, mais accable l'euro
le 28 avril 2000 à 00h00
La Banque centrale européenne a relevé hier ses taux d’intérêt directeurs d’un quart de point pour éviter tout risque de dérapage de l’inflation dans la zone euro, mais l’euro a continué à battre des records à la baisse. Cette hausse est la quatrième consécutive, et la troisième en trois mois, ce qui est interprété comme un manque de sang-froid par un certain nombre d’économistes et d’opérateurs de marché. Au total, la BCE a donc relevé son principal taux directeur, le Refi, de 1,25 point de base, à 3,75 %. Ce mouvement se lisait de façon quasi transparente dans les dernières publications de la Banque centrale, et n’a nullement surpris les analystes, dont certains la prédisaient même déjà depuis plusieurs semaines. Beaucoup tablaient notamment sur une hausse lors de la dernière réunion, il y a deux semaines. Elle intervient alors que la BCE ne dispose pas de nouvelles données financières majeures. Les dernières données de l’inflation dans la zone euro font certes état d’un pic (2,1 % en mars en glissement annuel), mais elles étaient déjà connues lors du dernier conseil. En réalité, la seule vraie nouveauté est le nouveau plongeon de l’euro face au dollar, font valoir les analystes. Cette faiblesse qui s’est accélérée ces derniers jours, n’est certes officiellement pas le motif de cette hausse des taux, même si un resserrement peut théoriquement rendre la monnaie unique un peu plus attractive face au dollar. La BCE explique au contraire que sa décision est «préventive» : le taux de change est l’une des racines du mal, l’inflation, mais pas le facteur déclencheur de la hausse de taux, dit-elle en substance. Il y a des «risques de hausse pesant sur la stabilité des prix, qui, eu égard aux perspectives de croissance d’une expansion économique soutenue, résultent d’une forte croissance des agrégats monétaires et de crédit ainsi que du niveau actuel du taux de change de l’euro», selon son communiqué. L’augmentation de taux constitue la «meilleure contribution que la politique monétaire peut apporter pour garantir le caractère durable de la phase actuelle de croissance économique soutenue et non inflationniste», souligne-t-elle. Concernant le taux de change, la BCE s’est contentée de la formule rituelle, selon laquelle «le niveau actuel de l’euro ne reflète pas les bonnes données économiques fondamentales de la zone euro». Mais beaucoup d’analystes sont d’un autre avis, tel Peter Meister, de la BHF Bank : «Je crois que si la BCE a augmenté les taux dès aujourd’hui c’est principalement en raison de la faiblesse de l’euro», affirme-t-il.
La Banque centrale européenne a relevé hier ses taux d’intérêt directeurs d’un quart de point pour éviter tout risque de dérapage de l’inflation dans la zone euro, mais l’euro a continué à battre des records à la baisse. Cette hausse est la quatrième consécutive, et la troisième en trois mois, ce qui est interprété comme un manque de sang-froid par un certain nombre d’économistes et d’opérateurs de marché. Au total, la BCE a donc relevé son principal taux directeur, le Refi, de 1,25 point de base, à 3,75 %. Ce mouvement se lisait de façon quasi transparente dans les dernières publications de la Banque centrale, et n’a nullement surpris les analystes, dont certains la prédisaient même déjà depuis plusieurs semaines. Beaucoup tablaient notamment sur une hausse lors de la dernière réunion, il y a...
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