Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Environnement Les pétroliers sous pression sur les droits de l'homme et l'écologie

De l’Alaska à la Colombie, du Nigeria à la Birmanie, les compagnies pétrolières occidentales sont mises en cause par les écologistes et les militants des droits de l’homme, qui vont même jusqu’à acheter leurs actions pour pouvoir mieux les contester de l’intérieur. «Les groupes de défense de l’environnement sont actifs depuis des dizaines d’années. Mais cela fait seulement environ cinq ans que les militants des droits de l’homme s’intéressent aux compagnies pétrolières. Cela s’inscrit dans le contexte plus général de la mondialisation», remarque Alex Vines, chercheur à Human Rights Watch, à Londres. «Les questions de l’environnement et des droits de l’homme sont intimement liées, surtout dans le cas de l’industrie pétrolière», selon Aart van Den Hoek, responsable de Oilwatch Europe, une organisation non gouvernementale basée à Amsterdam. Récemment, les compagnies britanniques BP Amoco et Premier Oil et américaine Occidental Petroleum (Oxy) ont subi des pressions sur ces questoins, que les sociétés affirment prendre de plus en plus en compte. Le gouvernement britannique a même menacé d’action en justice Premier Oil s’il ne quittait pas la Birmanie en raison de la situation des droits de l’homme. Rangoun a dénoncé la «chasse aux sorcières» lancée par Londres, Premier Oil a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de quitter la Birmanie. Du côté des populations civiles, les moyens de pression peuvent aller jusqu’à la menace de suicide collectif agitée à l’encontre d’Oxy par 5 000 Indiens U’wa vivant dans la forêt amazonienne en Colombie si la compagnie vient forer sur leurs terres. L’organisation écologiste Greenpeace, qui avait obligé l’anglo-néerlandais Shell à renoncer à un projet de coulage en mer de la plate-forme pétrolière Brent Spar en 1995 avec une vaste campagne de boycott de ses stations-service en Europe, a choisi de compléter sa panoplie d’actions spectaculaires en passant par la Bourse. Greenpeace a acheté des actions de BP Amoco et soumis la semaine dernière à l’assemblée générale annuelle des actionnaires une résolution demandant d’investir dans le solaire l’argent d’un projet contesté en Alaska. La résolution a été rejetée mais les actionnaires ont pu écouter les revendications des représentants des Gwich’in, qui vivent en Alaska de l’élevage des caribous et accusent BP Amoco de les menacer de «génocide culturel» avec des projets de forage dans une réserve naturelle. Lors de la même assemblée générale, une militante de la campagne internationale pour le Tibet a reproché à BP Amoco de soutenir les violations des droits de l’homme de la Chine en investissant dans ce pays. «Les compagnies pétrolières modifieront leur politique si la majorité des actionnaires le leur demande. Il est sain que les activistes aillent plaider leur cause aux assemblées générales, c’est une bonne tribune pour leur contestation», commente Jon Rigby, analyste du secteur pétrolier à Paribas à Londres. Il estime cependant que les arguments des activistes «ne sont pas toujours corrects». Acheter des actions pour participer aux assemblées générales des groupes comporte cependant des limites, selon Salil Tripathi, responsable des relations entre économie et droits de l’homme à Amnesty International : «C’est un jeu très coûteux. Seules les grandes organisations peuvent se le permettre. Et il faut être honnête, les résolutions ont peu de chances de passer». «Nous n’accusons pas les compagnies, mais nous leur disons que si leur activité a contribué à la violation des droits de l’homme, ils devraient en tenir compte et lutter contre cela. Par exemple, Shell a reconnu qu’elle aurait pu agir davantage face aux problèmes au Nigeria, mais la compagnie a beaucoup appris depuis», a ajouté M. Tripathi. «Il faut reconnaître que les critiques auxquelles nous faisons face sont de plus en plus intelligentes dans leur manière d’attirer l’attention», selon James Herbert, porte-parole de Shell à Londres. «Depuis plusieurs années, Shell a pris en compte les problèmes de l’environnement et des droits de l’homme, comme au Nigéria. Mais ce n’est pas nécessairement une réponse directe aux militants. Nous étions déjà en train de changer nos habitudes», a-t-il tempéré.
De l’Alaska à la Colombie, du Nigeria à la Birmanie, les compagnies pétrolières occidentales sont mises en cause par les écologistes et les militants des droits de l’homme, qui vont même jusqu’à acheter leurs actions pour pouvoir mieux les contester de l’intérieur. «Les groupes de défense de l’environnement sont actifs depuis des dizaines d’années. Mais cela fait seulement environ cinq ans que les militants des droits de l’homme s’intéressent aux compagnies pétrolières. Cela s’inscrit dans le contexte plus général de la mondialisation», remarque Alex Vines, chercheur à Human Rights Watch, à Londres. «Les questions de l’environnement et des droits de l’homme sont intimement liées, surtout dans le cas de l’industrie pétrolière», selon Aart van Den Hoek, responsable de Oilwatch Europe, une...