Comme de coutume, l’émotion religieuse sera présente sur le petit écran en cette semaine sainte, l’orthodoxe succédant à la catholique. Nous retrouverons une fois de plus saint François d’Assise vu cette fois par Zeffirelli dont l’inévitable «Jesus of Nazareth» est également débité en feuilleton quotidien. Il y aura «The Robe» et sa suite «Demetrius and the Gladiators» mais le second précédant le premier, allez savoir pourquoi ! «Barabbas» sera crucifié comme le Christ, et Néron incendiera Rome pour en accuser les chrétiens. Plus près de nous, Bernadette Soubirous verra la Vierge lui apparaître dans une grotte de Lourdes. La semaine dernière, Michael Curtiz nous contait la vie du saint Fançois d’Assise. Cette semaine, Franco Zeffirelli illustre la vie de saint François d’Assise dans Brother Sun, Sister Moon. Saint François d’Assise est non seulement une grande figure de la foi, mais aussi, comme Jeanne d’Arc, un personnage historique important. Son action s’est accomplie essentiellement sur un plan social, ce qui lui donne une actualité brûlante en notre siècle et explique sans doute l’attrait que ce saint a exercé sur les cinéastes, comme ce fut le cas jadis sur les peintres. À vrai dire, l’aventure franciscaine s’est déroulée dans un cadre qui, malgré les différences historiques, ressemble au nôtre sur bien des points. Saint François d’Assise est révolutionnaire, car il refuse la société hautement hiérarchisée de son temps ; il méprise l’argent et la puissance et sait faire preuve d’une fraternité qui ne tient compte ni du rang social, ni de la race, ni de l’esprit de clan. En outre, il refuse de porter les armes et peut être considéré comme un des ancêtres de nos objecteurs de conscience actuels, qui retrouvent dans l’idéal franciscain un esprit qui leur est somme toute familier. Diffusion lundi à minuit sur LBCI On prend les mêmes (ou presque !) et on recommence... Le succès de The Robe – le premier film tourné en cinémascope – incita la 20th Century-Fox qui l’avait produit à lui donner une suite. Demetrius & the Gladiators commence donc très exactement là où se termine The Robe, par la marche vers le supplice de Richard Burton et de Jean Simmons. Tous les moyens possibles ont été mis en place pour contribuer au succès de ce nouveau film, et la reconstitution de l’école des gladiateurs, avec ses haines et ses amitiés, ses jalousies et ses jeux barbares et sanglants, est une réussite. L’histoire a sans doute été – comme c’est souvent le cas – un peu malmenée, mais il faut reconnaître que Susan Hayward ne manque pas d’abattage dans le rôle de Messaline. De son côté, Jay Robinson retrouve le personnage de l’empereur fou Caligula, qu’il tenait déjà dans The Robe. La perfection de l’interprétation est d’ailleurs l’une des principales qualités du film. Les vedettes, comme les figurants, se sont, en effet, parfaitement identifiées à leurs personnages et les cascadeurs, qui ont eu pour mission de recréer les combats sans merci des jeux du cirque, font oublier qu’il s’agit d’une œuvre tournée dans un studio de la banlieue de Los Angeles... Diffusion mardi à minuit sur LBCI On continue de jeter des chrétiens dans les arènes de Rome avec Barabbas de Richard Fleischer. Capable du meilleur comme du pire, Richard Fleischer a réalisé un film à son image : inégal. Comparé au Spartacus de Stanley Kubrick, Barabbas manque d’ambition historico-politique. Comparé à Ben Hur ou à Quo Vadis, il a visiblement souffert de n’avoir pas eu à sa disposition un budget de production à l’américaine. Plusieurs personnages – celui de Sara, notamment, et celui de Rachel – ont été insuffisamment développés et semblent même, parfois, inutiles à l’action. En revanche, les jeux du cirque permettent à Fleischer de retrouver le meilleur de lui-même. Redevenu un cinéaste virtuose, il offre une reconstitution pleine de bruit et de fureur de la Rome de l’époque et, surtout, de ses jeux barbares. Les amateurs de détails curieux noteront au passage que la séquence de la crucifixion de Jésus a été tournée au cours d’une véritable éclipse survenue le 15 février 1961. Spécialiste des «grands personnages», de Gauguin à Quasimodo, d’Onassis à Attila, Anthony Quinn se livre ici à une de ces performances spectaculaires dont il est coutumier, sans parvenir toujours à nous faire partager le drame de celui que la foule avait, un jour, préféré au Christ... Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Rome, sous le règne de Néron. Pour se débarrasser des premiers chrétiens, Néron fait brûler Rome. Un excellent prétexte pour jeter des innocents dans la fosse aux lions. Ainsi se présente Sign of the Cross avec Charles Laughton, le plus étonnant Néron de l’écran, Claudette Colbert baignant dans un bain de lait d’ânesse dans le rôle de Poppée et Frederic March en centurion converti par amour. Mais c’est surtout une occasion de découvrir la «touche» de celui qui fut le symbole du gigantisme cinématographique, Cecil Blount de Mille. Et si les films de Cecil B. de Mille ont charrié, imperturbablement le meilleur et le pire, ils l’ont fait comme un torrent extraordinaire, et c’est pourquoi le «patriarche aux leggins» survivra dans le souvenir du cinéma américain. Il suffira pour s’en convaincre d’assister à l’incendie de Rome dans Sign of the Cross. C’est assez étonnant! Diffusion jeudi à minuit sur LBCI The Robe de Henry Koster doit une grande partie de sa célébrité au fait d’avoir été le premier film tourné en cinémascope, c’est-à-dire pour écran large. Tiré du roman de Lloyd C. Douglas, le film débute par la crucifixion du Christ tandis que sa tunique est jouée aux dés par les centurions chargés de veiller à l’exécution. C’est un soldat romain, Marcellus, qui gagne la tunique et sa vie va se trouver complètement bouleversée, puisqu’il se convertira au christianisme et finira dans une arène, jeté aux lions, sur les ordres de Caligula. Si l’histoire fait souvent des aspects mélodramatiquement «religieux», la production est soignée: décors imposants, costumes et images somptueuses. Le film fut cité aux Oscars et Richard Burton – qui nous apparaît aujourd’hui un peu guindé – dérocha sa première nomination comme meilleur acteur. C’est pourtant Victor Mature dans le rôle de Demetrius, l’esclave, qui s’en tire le mieux, à tel point qu’il devait devenir la vedette du second volet Demetrius and the Gladiators. Diffusion vendredi à 22h30 sur LBCI Couronné d’Oscars à son époque, Song of Bernadette est une œuvre attachante et sensible. La reconstitution de la France de cette moitié du XIXe siècle est un véritable modèle et c’est avec raison que les décors du film ont reçu un de ces Oscars. Mais le film ne se contente pas d’être une remarquable évocation de la vie de Bernadette, et une fidèle adaptation du roman de Franz Werfel, c’est aussi un vrai film d’auteur, proche des autres films de Henry King. Comme Stanley parti à travers l’Afrique à la rencontre de Livingstone, comme Jesse James, le «brigand bien-aimé», victime de la défaite du sud et farouchement épris de liberté, ou comme Woodrow Wilson, porté à la présidence des États-Unis, Bernadette Soubirous a la force morale et le courage incoercible des grands héros de Henry King, porteurs d’une destinée exceptionnelle et souvent confrontés au scepticisme et aux cyniques. On sent, dès les premiers plans du film, la passion de Henry King pour Bernadette qui va, en pleine période d’anticléricalisme, être une élue dont la récompense ne sera pas dans ce monde terrestre, mais dans l’autre. The Song of Bernadette est un très grand film. Diffusion dimanche à 15h15 sur LBCI
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