Hicham Nachabé : cessons de nous diaboliser les uns les autres (photo)
le 19 avril 2000 à 00h00
Pour Hicham Nachabé, directeur de l’Institut supérieur d’études islamiques de l’Association des Makassed et l’un des co-fondateurs de l’Institut d’études islamo-chrétiennes, «le dialogue est déjà terminé». «L’islam est l’islam et le christianisme le christianisme, et ça ne changera pas sous l’influence du dialogue», dit-il. «Ce que nous cherchons à l’Institut, ajoute-t-il, c’est à mieux nous connaître. La formule est nouvelle, mais c’est la plus élémentaire. Deux professeurs se succèdent pour donner leurs points de vue différents sur un même thème, et nous laissons aux auditeurs le soin de dégager, chacun pour lui-même, les points de rencontre et de divergence. Nous avons constaté que les points communs sont nombreux et que les différences sont enrichissantes, aussi bien pour les chrétiens que pour les musulmans». «L’idée que le dialogue atténue l’allégeance religieuse est fausse, poursuit M. Nachabé. Ces conférences m’ont rapproché des chrétiens et m’ont permis d’approfondir ma propre foi religieuse. Pour un musulman pratiquant, l’islam n’est pas une chose simplement pratiquée, figée. Il est intériorisé, il influe sur la vie. D’entendre un prêtre parler de la prière a beaucoup enrichi ma propre prière, par les résonances que certains thèmes utilisés dans la liturgie réveillent. Prenez le symbole de l’eau dans la prière chrétienne et dans l’islam. Je peux donner des dizaines d’autres exemples». «Sur le plan du vécu, musulmans et chrétiens vivent ensemble, coopèrent, commercent, se marient ou divorcent, se confrontent», enchaîne-t-il, avant de joliment décrire le Liban comme «un pays fait pour ça». Le directeur de l’Institut d’études islamiques des Makassed note en s’en désolant que les musulmans et les chrétiens du Liban n’ont pas trouvé dans leurs fois respectives des motivations suffisamment profondes pour résister au vent de folie et de violence qui a soufflé sur le pays. «C’est parce que nous n’avons pas compris l’aspect profond de notre foi : la compréhension, l’entente, l’amour, dit-il. J’emprunte cette notion à la foi chrétienne, mais j’ajoute que c’est aussi une valeur fondamentale de la foi musulmane. Il faut parler plus de ce Dieu qui est “le Clément, le Miséricordieux”». M. Nachabé rêve d’une déclaration conjointe islamo-chrétienne qui prévoirait le renoncement à toute «diabolisation» l’un de l’autre et à tout prosélytisme. «Disons tous ensemble clairement : nous aimerions que tout musulman soit fidèle à sa foi et la pratique honnêtement, et de tout son être. Et de même pour les chrétiens. Ne cherchons plus à nous convertir les uns les autres. Nous appartenons à la même tradition abrahamique. Les notions de “daoua”, de mission font partie de la religion, c’est vrai. Mais dirigeons cet effort vers les non-croyants. C’est dans cette direction que le salut manque le plus».
Pour Hicham Nachabé, directeur de l’Institut supérieur d’études islamiques de l’Association des Makassed et l’un des co-fondateurs de l’Institut d’études islamo-chrétiennes, «le dialogue est déjà terminé». «L’islam est l’islam et le christianisme le christianisme, et ça ne changera pas sous l’influence du dialogue», dit-il. «Ce que nous cherchons à l’Institut, ajoute-t-il, c’est à mieux nous connaître. La formule est nouvelle, mais c’est la plus élémentaire. Deux professeurs se succèdent pour donner leurs points de vue différents sur un même thème, et nous laissons aux auditeurs le soin de dégager, chacun pour lui-même, les points de rencontre et de divergence. Nous avons constaté que les points communs sont nombreux et que les différences sont enrichissantes, aussi bien pour les...
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