La guérilla tchétchène a continué lundi et hier de harceler les positions russes en Tchétchénie, lançant une dizaine d’attaques éclair notamment contre des postes de police, sans pour autant causer de pertes parmi les forces fédérales, selon Moscou. Les rebelles, le plus souvent par groupes de cinq, ont attaqué des postes de contrôle, des postes de police et des bases russes, selon les services du conseiller du Kremlin pour la communication en Tchétchénie Sergueï Iastrjembski, cités par l’agence Itar-Tass. Un groupe plus important d’une cinquantaine de combattants a attaqué le poste central provisoire de police de la région de Chatoï (sud) durant une demi-heure. Les combattants tchétchènes se sont repliés à l’arrivée de renforts militaires russes en laissant un mort et un prisonnier, selon l’état-major russe qui ne signale aucune perte dans ses rangs, cité par les agences russes. Sept autres combattants ont été faits prisonniers lundi, a affirmé l’état-major cité par Interfax. Il n’y a pas de confirmation indépendante de ces attaques ou de leur bilan. À Goudermès, la deuxième ville de la république à l’est de Grozny, une explosion s’est produite lundi à une centaine de mètres de la résidence du représentant de Moscou en Tchétchénie, Nikolaï Kochman, sans faire de dégâts ni de blessés. D’autre part, les Russes ont indiqué lundi avoir miné les passages vers la Géorgie, dans le Sud, pour empêcher les combattants de fuir au moment où la fonte des neiges va rendre les cols plus franchissables. Plus de 20 cols et des dizaines de sentiers ont ainsi été piégés, a rapporté l’agence AVN. La Tchétchénie et la Géorgie partagent 80 kilomètres de frontière. Par ailleurs, les éclaireurs russes ont rapporté que les combattants tchétchènes se regroupaient actuellement autour de Tsa Vedeno dans les montagnes au sud-est de Grozny. Cette localité a été bombardée lundi, ainsi que Benoï (est), selon l’état-major cité par AVN. De son côté, le président de la république russe d’Ingouchie (voisine de la Tchétchénie) Rouslan Aouchev a appelé hier la Russie à accepter la nouvelle proposition de négociations faite la veille par le président indépendantiste Aslan Maskhadov. Ce dernier s’est dit prêt «à mettre un terme sans conditions à la guerre et à libérer les soldats russes», dans un entretien diffusé à la radio allemande Deutsche Welle. «Maskhadov tente des approches constructives, espérant une attitude réciproque de la part des dirigeants russes», a déclaré M. Aouchev. Un député russe libéral de la fraction Iabloko s’est également prononcé pour de telles négociations, estimant à la radio Echo de Moscou que le pouvoir central de Moscou devait négocier avec M. Maskhadov tout en poursuivant «l’opération antiterroriste». Mais Moscou a officiellement toujours exclu des négociations avec les dirigeants indépendantistes tchétchènes et ne reconnaît plus aucune légitimité au président Maskhadov. Une enquête criminelle a été ouverte contre lui pour «rébellion armée». À Genève, devant la Commission des droits de l’homme de l’Onu qui débattait de la situation en Tchétchénie, l’ambassadeur du Portugal Alvaro Mendonça e Moura a appelé, au nom de l’Union européenne, le gouvernement russe «à créer de façon urgente, en accord avec les normes internationales reconnues, une commission d’enquête indépendante, large et nationale» sur les allégations de violations des droits de l’homme en Tchétchénie.
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