Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Israël - Le président politique déstabilisé Weizman échappe aux poursuites judiciaires

Le président israélien Ezer Weizman, bien qu’accusé de fraude et d’abus de confiance par la police, devrait échapper à des poursuites judiciaires, mais sa situation politique restait hier extrêmement précaire. Après trois mois d’enquête, la police a recommandé à la justice de classer le dossier. Mais le chef de l’État est loin de sortir blanchi de l’affaire des «cadeaux» – d’un montant de quelque 450 000 dollars – que lui a offerts pendant des années l’homme d’affaires français Édouard Saroussi. C’est désormais au procureur de l’État, Edna Arbel, et au conseiller juridique du gouvernement, Elyakim Rubinstein, de décider s’ils suivront les recommandations de la police. Dans son rapport de 120 pages, celle-ci estime qu’il n’existe pas de «preuves suffisantes» pour engager des poursuites pour corruption. Les enquêteurs ont, en revanche, estimé que M. Weizman s’était rendu coupable de «fraude» et d’«abus de confiance» dans le cadre de ses relations d’affaires avec M. Saroussi. Mais ces deux délits sont couverts par la prescription. Dans la majeure partie des cas, la justice suit les recommandations de la police. Mais même si, comme on peut le penser, le président est hors d’affaire sur le plan judiciaire, l’affaire Weizman est loin d’être terminée sur le plan politique. Les conclusions de la police ont, en effet, poussé des députés de la majorité et de l’opposition de droite à demander à M. Weizman de démissionner. Le chef de la coalition parlementaire, le député travailliste Ofer Pines, a ainsi déclaré à la radio que «bien que la police ne recommande pas de traduire le président en justice, le rapport est suffisamment grave pour que quelqu’un censé être un modèle ne puisse pas rester comme un canard boiteux à la présidence». Pour sa part, le porte-parole du groupe parlementaire du Likoud (principal parti de l’opposition de droite), Danny Naveh, a invité le président à «se livrer à un sérieux examen de conscience», tandis qu’un député de cette formation, Israël Katz, exigeait la démission du président. Dans leur rapport, les enquêteurs affirment que M. Weizman a tenté d’aider M. Saroussi à prendre le contrôle d’une des plus importantes banques du pays, la First International Bank, ainsi qu’à lancer un quotidien en anglais, qui n’a jamais vu le jour. «Le fait que M. Weizman ait accepté ces fonds et qu’il ait omis d’en rendre compte porte gravement atteinte au service public», ajoutent les policiers dans leur rapport. Le commentateur juridique de la radio publique, Moshé Negbi, a également mis en relief «les conclusions très graves de la police, qui constituent une sorte de mise en accusation sur le plan éthique». «Les policiers affirment avoir trouvé des preuves que M. Weizman s’est rendu coupable de fraude et abus de confiance. Or, selon un arrêt de la Cour suprême, ce genre de délits interdit à quiconque de devenir président, chef de gouvernement ou ministre», a ajouté M. Negbi, en estimant que le président «devrait quitter ses fonctions». Au cours de l’enquête, M. Weizman a admis avoir reçu de l’argent de M. Saroussi, mais a expliqué qu’il s’agissait de «cadeaux personnels d’un vieil ami» qui ne demandait rien et n’a rien obtenu en contrepartie.
Le président israélien Ezer Weizman, bien qu’accusé de fraude et d’abus de confiance par la police, devrait échapper à des poursuites judiciaires, mais sa situation politique restait hier extrêmement précaire. Après trois mois d’enquête, la police a recommandé à la justice de classer le dossier. Mais le chef de l’État est loin de sortir blanchi de l’affaire des «cadeaux» – d’un montant de quelque 450 000 dollars – que lui a offerts pendant des années l’homme d’affaires français Édouard Saroussi. C’est désormais au procureur de l’État, Edna Arbel, et au conseiller juridique du gouvernement, Elyakim Rubinstein, de décider s’ils suivront les recommandations de la police. Dans son rapport de 120 pages, celle-ci estime qu’il n’existe pas de «preuves suffisantes» pour engager des poursuites...