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Actualités - Chronologie

Philosophie René Habachi : l'homme, l'être et la personne

Le philosophe et écrivain René Habachi a reçu le 4 avril les insignes de l’Ordre du Cèdre. La cérémonie s’est déroulée à Paris, en la résidence de M. Antoine Jomaa, ambassadeur du Liban auprès de l’Unesco. La philosophe et poète Myra Prince a rédigé pour l’occasion un texte de présentation de l’œuvre de René Habachi que nous reproduisons ci-dessous : «La Personne est au centre de l’édifice philosophique de René Habachi. Mais qu’est-ce que la Personne ? Cette notion est puisée dans la théologie au fondement du questionnement sur la trinité ou sur l’union hypostatique (nature duale humaine et divine du Christ). Persona désignait auparavant le masque du tragique. Personnage est ce qui devait porter au loin la voix de l’acteur. Elle a recouvert dans le droit romain le sens de citoyen libre. Étymologiquement, elle est porteuse de paradoxe : elle signifie le sujet mais aussi sa négation. “La personne est le secret inviolable des corps” écrivait M. Zundel. “Elle est la réalité que l’on devient en prenant appui sur ses propres déterminismes pour créer un espace de générosité et de liberté”. Laïcisée au XXe siècle, la personne, en Occident, se confond avec l’individu. Entre conscience et matière, le personnalisme est une philosophie ouverte. Il est la possibilité de reprise de soi. Il est ce pas de plus (Teilhard de Chardin), cette surconscience, cette surexistence surgie d’harmonie, cette forme excédante (Saint Thomas d’Aquin). Le personnalisme est une dialectique croisée d’intériorisation de don et de pardon. Il est une “présence au monde”. Il se situe entre anthropologie et théologie, entre phénoménologie et métaphysique, entre ce qui saisit le mouvement de l’être et l’être du mouvement. Proche de l’élan vital, dans la révélation de la blessure, ce corollaire de la relation à l’autre, le personnalisme est une intuition forgée au fondement de l’essence et de l’existence. Loin des contingences et du pragmatisme contemporain, il est porteur d’éthique voire d’esthétique. Si la relation est fondatrice de l’être, la rencontre ne se fait ni avec l’idée ni avec la chose mais avec l’être. L’être n’est pas l’étant soumis aux scories du temps de Heidegger. Il n’est pas non plus celui de l’en-soi existentialiste (le plein de soi sartrien). “Nous sommes toujours prévenus par l’Être dans le sens où l’être en nous est plus profond que la connaissance que nous en prenons”. Il relève du sens intime chez Maine de Biran et de la durée chez Husserl. À l’essence intègre se conjugue l’existence brisée. L’esprit s’étonne, reprend, il maîtrise et intériorise. Appréhendé dans sa verticalité brisée, dans sa faiblesse créatrice, l’homme ressemble à cette colonne de Baalbeck : accident dans l’édifice de l’histoire, arrachée à son destin d’ordre et d’eurythmie. L’Homme est le milieu où se combinent les énergies instinctives, les énergies rationnelles et les énergies de la foi. Les premières insèrent l’homme dans l’espace-temps du cosmos. Par les secondes, il structure, comprend, transcende l’espace-temps de sa propre situation. Les premières inscrivent ici et maintenant quand les secondes irriguent les instincts et enracinent la foi dans le réel. La raison est mémoire et prévision. Elle exige l’unité et vise le partout et le toujours. Quant à la foi, par-delà l’espace et le temps, elle est un “crédit confiance” ouvert à l’invisible, une espérance sacrée».
Le philosophe et écrivain René Habachi a reçu le 4 avril les insignes de l’Ordre du Cèdre. La cérémonie s’est déroulée à Paris, en la résidence de M. Antoine Jomaa, ambassadeur du Liban auprès de l’Unesco. La philosophe et poète Myra Prince a rédigé pour l’occasion un texte de présentation de l’œuvre de René Habachi que nous reproduisons ci-dessous : «La Personne est au centre de l’édifice philosophique de René Habachi. Mais qu’est-ce que la Personne ? Cette notion est puisée dans la théologie au fondement du questionnement sur la trinité ou sur l’union hypostatique (nature duale humaine et divine du Christ). Persona désignait auparavant le masque du tragique. Personnage est ce qui devait porter au loin la voix de l’acteur. Elle a recouvert dans le droit romain le sens de citoyen libre. ...