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Actualités - Chronologie

Tennis - Tournoi de Miami La troisième de Pete Sampras (photos)

L’Américain Pete Sampras, l’homme aux douze victoires en grand chelem, qui faisait figure de grand favori du tournoi de Miami après l’élimination d’Andre Agassi, a logiquement remporté dimanche sa première victoire de l’année et la 61e de sa carrière dans le second des neuf Masters Series au menu des circuits ATP et WTA. Mais le Brésilien Gustavo Kuerten, surtout connu pour ses capacités sur terre battue, a vendu chèrement sa peau, manquant d’un rien de pousser l’Américain à la limite des cinq manches. Sampras, qui a terminé aussi épuisé que son adversaire, a dû lutter pendant quatre manches, dont trois se sont conclues au tie break, et pendant près de 3 heures 20 minutes, avant de s’imposer à sa septième balle de match 6-1, 6-7 (2/7), 7-6 (7/5), 7-6 (10/8) et s’assurer les 410 000 dollars promis au vainqueur. «Cela fait bien des mois que je n’avais pas disputé un match aussi dur, a reconnu Sampras. Bien plus dur que la demi-finale contre Agassi à Melbourne, bien plus physiquement éprouvant. Cela a été très dur et aurait pu basculer de n’importe quel côté. Il n’y a pas de doute, ce n’est plus un joueur d’une seule surface». Sampras, profitant de la moindre occasion pour venir conclure au filet, s’était pourtant adjuger rapidement la première manche 6-1 en 28 minutes et, avec un break d’avance, servait pour s’assurer un avantage sans doute décisif de deux sets à rien, quand Kuerten parvenait à renverser une situation bien compromise. Le Brésilien, alignant trois points gagnants de suite, prenait pour la seule fois du match le service de Sampras et égalisait à 5-5. Sampras accusait le coup et cédait la manche au tie break. Le match, vieux déjà de 75 minutes, devait durer encore plus de 2 heures sous une chaleur estivale de 27 degrés. Aucun des deux joueurs ne devait concéder son service dans la 3e manche qui se concluait par un second tie break, que Sampras négociait cette fois beaucoup mieux et remportait 7-5. Pas de break non plus dans la quatrième manche, malgré plusieurs occasions en faveur de Sampras, et deux balles de set gâché par Kuerten à 6-5 en sa faveur. Un troisième tie break était nécessaire. Sampras se détachait 6-2 et s’assurait 4 balles de matchs. Il gâchait la première en sortant son retour de revers, Kuerten sauvait les deux suivantes de deux grands coups droits dans les pieds de Sampras, qui cafouillait un revers sur la quatrième. À 6-6 Kuerten entrevoyait la possibilité d’une cinquième manche. «J’étais déjà prêt pour un 5e set», a-t-il avoué. Le Brésilien contestait longuement le point suivant, un passing de revers de Sampras qu’il jugeait dehors mais annoncé sur la ligne par l’arbitre qui donnait une 5e balle de match à l’Américain. «Mauvaise décision», a-t-il dit, lors de la conférence d’après match. «Je suis sûr que si nous avions été au Brésil, nous serions en train de jouer une cinquième manche.» Une double faute de Sampras donnait un nouveau sursis au Brésilien, qui ratait son retour sur le point suivant. Sixième balle de match, sixième occasion manquée pour Sampras (retour dans le filet). L’Américain se donnait une 7e occasion d’une belle volée de revers. Ce devait être la bonne. Le passing de coup droit de Kuerten touchait la bande du filet, rebondissait au-dessus de la raquette de l’Américain et terminait sa course quelques centimètres derrière la ligne de fond. «Je pensais vraiment qu’elle allait rester dans le court», a avoué Kuerten. «La partie a vraiment tenu à rien. Quelques centimètres». «J’ai eu un de chance», a reconnu Sampras. «Mais pour moi c’est encourageant de gagner un tournoi de cette amplitude avec tout le monde. Cela avait un petit air de Grand Chelem». Au menu maintenant pour les deux protagonistes de la finale la Coupe Davis, le Brésil affrontant la Slovaquie au 2e tour, tandis que les États-Unis, avec Sampras et Agassi, sont confrontés à la République tchèque à Los Angeles. Sampras, joueur de la décennie Pete Sampras, qui a remporté son premier succès de l’année à Miami, est, sans conteste le joueur qui a dominé la dernière décennie du siècle. Considéré par beaucoup comme le plus grand de tous les temps, Sampras, âgé maintenant de 28 ans, a remporté dans sa carrière 62 titres dont 12 du grand chelem (2 open d’Australie, 6 Wimbledon, 4 US open), égalant le record de l’Australien Roy Emerson établi avant l’ère du tennis open. Représentant numéro un d’une génération exceptionnelle pour le tennis américain, dont les autres grands noms sont Andre Agassi et Jim Courier, 30 ans tous les deux, et Michael Chang, 28 ans, Sampras, né le 12 août 1971 à Washington, s’était révélé en remportant son premier US Open en 1990, à l’âge de 19 ans, en battant Agassi en finale. Cet adepte du tennis offensif et du jeu de volée, doté d’un grand service, avec une seconde balle presque aussi efficace que la première, ayant abandonné en 1987 le revers à deux mains de ses débuts, admirateur depuis toujours de l’Australien Rod Laver, seul joueur auteur de deux grands chelems, devait mettre deux années à digérer son succès avant de devenir numéro un mondial en 1993, année où il remportait son premier Wimbledon et son deuxième US open. Depuis, Sampras a remporté neuf autres tournois du Grand Chelem, portant à 6 le nombre de ses succès sur le gazon anglais – seul un certain William Renshaw a fait mieux au siècle passé – et terminé six années consécutives de 1993 à 1998 à la première place du classement mondial, battant le record de cinq années comme numéro un que détenait auparavant Jimmy Connors. Cinq fois vainqueur du Masters, Sampras, qui s’accordent deux à trois années supplémentaires de tennis au sommet, a dû arrêter deux mois en raison d’une hernie discale fin 1999. Encore loin du record de 109 victoires en tournoi de Jimmy Connors (entre 1972 et 1989), Sampras peut encore espérer battre le record de victoires dans les tournois du Grand Chelem d’Emerson. Il lui manque toutefois pour égaler véritablement les grands joueurs du passé, notamment son idole Rod Laver, un succès sur la terre battue de Roland Garros, où son meilleur résultat est jusqu’à présent une place en demi-finale en 1996. Hingis et Davenport au-dessus du lot Dans le tennis féminin mondial, il y a Martina Hingis et Lindsay Davenport, dans le désordre, et les autres. Le tournoi de Miami (ex-Key Biscayne) a confirmé, si besoin était, que la Suissesse et l’Américaine, la menace des sœurs Williams momentanément écartée, planaient désormais au dessus du lot. Venus Williams, l’aînée, toujours numéro trois mondiale, n’a plus joué maintenant depuis cinq mois victime d’une tendinite au poignet. Son retour à la compétition a théoriquement été repoussé à début mai. Mais rien n’est moins certain, si l’on en juge par les déclarations de son père et entraîneur Richard Williams, qui il y a peu encore proclamait à qui mieux mieux qu’il détenait là une future numéro un mondiale, mais n’écarte plus maintenant la possibilité que sa fille ne prenne, à 19 ans, une retraite anticipée. Serena Williams, la cadette, âgée de 18 ans, des deux peut être la plus douée, est elle toujours là, mais a connu, elle aussi, quelques ennuis de santé et marque quelque peu le pas depuis son succès en septembre dernier à l’US Open, comme l’a encore montré sa sortie prématurée en huitième de finale à Miami face à la revenante Jennifer Capriati. Les deux joueuses noires temporairement freinées dans leur progression, l’Allemande Steffi Graf ayant pris sa retraite, on ne voit pas très bien qui, dans la hiérarchie du tennis féminin, pourrait venir menacer la position d’Hingis et de Davenport et perturber une rivalité au sommet, qui n’est pas sans rappeler celle il y a une quinzaine d’années entre Martina Navratilova et Chris Evert. Chassé-croisé Cela fait maintenant deux ans que la Suissesse, 20 ans en septembre, et l’Américaine, 24 ans en juin, occupent à tour de rôle les deux premières places du classement mondial et il n’y a aucune raison pour que le chassé-croisé cesse de si tôt. Depuis le succès de Serena Williams à l’US open, il y a eu six tournois auxquels elles ont participé toutes les deux et tous se sont terminés par une finale Hingis-Davenport. Les trois premiers, Philadelphie et le Masters féminin en novembre, l’Open d’Australie en janvier, ont vu le triomphe de l’Américaine. Le troisième, Scottsdale, s’est conclu début mars par un match nul, la finale ayant été annulée pour cause de mauvais temps. Le quatrième à Indian Wells s’est traduit par un nouveau succès de Davenport, qui n’était encore que numéro deux. Le dernier mot est pour l’instant resté à Hingis avec sa victoire samedi en finale à Miami, son 28e titre, autant que Davenport, qui s’est consolé en redevenant lundi numéro un mondiale, avec le prochain rendez-vous pris quelque part sur la terre battue européenne. En attendant une nouvelle passation de pouvoirs que chacune des deux sait inéluctable. «Il y aura encore bien des allées et venues entre nous à l’avenir», a pronostiqué l’Américaine. «Il y a une grande différence entre numéro deux et numéro un, a fait valoir Hingis de son côté. La pression est plus grande : maintenant c’est moi le chasseur».
L’Américain Pete Sampras, l’homme aux douze victoires en grand chelem, qui faisait figure de grand favori du tournoi de Miami après l’élimination d’Andre Agassi, a logiquement remporté dimanche sa première victoire de l’année et la 61e de sa carrière dans le second des neuf Masters Series au menu des circuits ATP et WTA. Mais le Brésilien Gustavo Kuerten, surtout connu pour ses capacités sur terre battue, a vendu chèrement sa peau, manquant d’un rien de pousser l’Américain à la limite des cinq manches. Sampras, qui a terminé aussi épuisé que son adversaire, a dû lutter pendant quatre manches, dont trois se sont conclues au tie break, et pendant près de 3 heures 20 minutes, avant de s’imposer à sa septième balle de match 6-1, 6-7 (2/7), 7-6 (7/5), 7-6 (10/8) et s’assurer les 410 000 dollars promis au...