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Actualités - Chronologie

Nouvelle clef scientifique des songes Le rêve démythifié (photos)

Depuis les temps les plus reculés le rêve a été considéré comme un phénomène mystérieux, un message apocryphe émanant d’une présence suprême, dont le décryptage exige des dons parcimonieusement accordés à quelques élus. Oracles, devins, visionnaires et personnages sacrés renforcèrent au cours des siècles le caractère occulte de ce moyen de communication entre réel et surnaturel. Le XXe siècle a été le premier dans l’histoire des hommes à désacraliser le message onirique. La révolution freudienne et la neurophysiologie ont dépouillé le songe de son auréole mystique. Aujourd’hui, avec la découverte du sommeil paradoxal, on reconnaît aux rêves des fonctions cérébrales précises favorisant la mémorisation et la réactivation de certains circuits cérébraux relatifs aux comportements innés. Mais en refusant au songe sa vocation de messager surnaturel on reste toujours dans le noir quant à son mécanisme particulièrement complexe. Qu’il soit d’été ou d’hiver, le rêve reste encore maître de bon nombre de ses mystères. Dans toutes les cultures, dans toutes les sociétés, les hommes ont été profondément impressionnés, voire intrigués, par ces images qui assaillent l’homme endormi formant un rébus dont la solution lui échappe. Pendant des siècles, les visions oniriques avaient valeur de messages, de présages, de révélations ou de prophéties. Il a fallu que Sigmund Freud développe une explication psychologique radicalement innovatrice, en 1900 sous le titre de L’interprétation des rêves, pour que l’approche scientifique porte à la connaissance des hommes une nouvelle clef des songes. C’est lui le premier qui a imposé l’idée que le rêve exprime, à travers un «scénario» utilisant des «bribes divines», des pulsions profondes que la censure de la conscience refoule sous l’aspect anodin du procédé dramatique. Le dormeur, à son insu, triche avec sa propre censure, comme le ferait un metteur en scène pour braver celle qu’imposerait un régime répressif... Mais dès le milieu du XXe siècle, la découverte du sommeil paradoxal, caractérisé par des mouvements oculaires et des brefs accès d’activité mentale, la neurophysiologie est venue donner des assises concrètes au fonctionnement organique et neurologique du rêve. Aujourd’hui on admet que le sommeil paradoxal, associé au rêve s’imposant avec le plus d’insistance, survient par épisodes ne dépassant pas une vingtaine de minutes. Le «générateur» de ce sommeil durant lequel le corps semble paralysé est situé dans la partie inférieure du tronc cérébral, à la base du cerveau. Un système spécifique stimule les circuits nerveux par d’influx excitateurs ou inhibiteurs, d’où les mouvements oculaires et l’activité de certaines aires du cortex cérébral impliquées dans le mouvement et les sensations. Comme un autre centre nerveux inhibe la motricité, le reste du corps durant ce sommeil singulier paraît comme paralysé. Le rôle capital du rêve Associés au processus de l’apprentissage, les rêves favorisent la mémorisation. Ils joueraient aussi un rôle capital dans la fonction cérébrale. Selon certaines théories récentes, ils réactivent périodiquement certains circuits cérébraux concernant les comportements innés. Les nouvelles techniques (IRM, tomographie, électro-encéphalographie) permettent aujourd’hui d’explorer le fonctionnement cérébral. La précision des procédés permettra dans un avenir plus ou moins proche de localiser avec exactitude les neurones en activité. En théorie, pour restituer le rêve sur l’écran informatique, il suffirait d’une «banque de données» inventoriant le «vocabulaire cérébral». Mais la complexité extrême du fonctionnement cérébral et la plasticité des circuits nerveux excluent cette réalisation. Totalement utopique, cette «cartographie» du plus sophistiqué des organes n’est pas du domaine du possible. Un secret bien gardé D’ailleurs, la projection sur écran des rêves ne livrerait pas leur signification. Aujourd’hui, dans certains milieux scientifiques, même les théories freudiennes semblent mal s’accorder avec les données expérimentales actuelles. Elles sont jugées «naïves ou infondées»... En bref, malgré tous les progrès de la pensée humaine consciente, l’inconscience refuse de livrer ses secrets. Même s’il est évident qu’à travers ses rêves l’humanité exprime son angoisse face à la mort, des désirs inavoués, une révolte face à sa condition, la science ne peut encore trouver un sens précis aux songes. Certains thèmes restent universels, tels le vol libre, la poursuite, la chute, le feu, l’eau, l’animal. Mais à supposer que le cerveau rétablit ainsi un ordre entre souvenirs, émotions et culture du sujet, comment s’y prend-il? La clef scientifique des songes y perd à ce point son latin...
Depuis les temps les plus reculés le rêve a été considéré comme un phénomène mystérieux, un message apocryphe émanant d’une présence suprême, dont le décryptage exige des dons parcimonieusement accordés à quelques élus. Oracles, devins, visionnaires et personnages sacrés renforcèrent au cours des siècles le caractère occulte de ce moyen de communication entre réel et surnaturel. Le XXe siècle a été le premier dans l’histoire des hommes à désacraliser le message onirique. La révolution freudienne et la neurophysiologie ont dépouillé le songe de son auréole mystique. Aujourd’hui, avec la découverte du sommeil paradoxal, on reconnaît aux rêves des fonctions cérébrales précises favorisant la mémorisation et la réactivation de certains circuits cérébraux relatifs aux comportements innés. Mais en...